L’élection régionale se joue dimanche…

Personne n’avait vraiment le cœur à parler hier lors du Conseil Fédéral d’hier soir.

Pierre Desaintignon l’a fait.

Et sa sincérité m’a convaincu de sortir le papier de ma poche pour dire ça :

Je me dois tout d’abord de saluer, pour le féliciter, Pierre Desaintignon, qui a pris une décision qui permet au Parti socialiste de dire que « tout est perdu, for l’honneur ». Je mesure le sacrifice qu’il a fait au nom de l’intérêt général et qui le porte au niveau de Pierre Mauroy dans le sens des responsabilités (Pierre Mauroy qui a su en son temps renoncer à une candidature pour sauvegarder les intérêts de la gauche toute entière).
J’y insiste : qui peut croire que la gauche, que le PS se porteraient mieux si l’extrême droite dirigeait notre région ? ou même qu’on sauverait quelques meubles parce que nous aurions quelques élus dans une assemblée régionale dominée par l’extrême droite ?

Au-delà cette décision personnelle, le Parti Socialiste doit montrer qu’il la fait sienne en appelant clairement non pas « à faire barrage à l’extrême droite » (ce discours est inaudible) mais en invitant ses électeurs à voter Xavier Bertrand ;

Puisqu’il faut être bref :

- Dans l’analyse des causes, il nous faudra nous limiter aux causes endogènes.

Certes, il existe des causes exogènes (merci le reste de la gauche) mais ce ne sont pas elles qui nous ont conduit au résultat constaté hier dans le Nord, ne serait-ce que parce que NOUS avons mal réagi face à ces causes exogènes, et puis aussi, parce que c’est seulement sur ces causes endogènes que nous pouvons agir.

J’en appelle à la raison : je sais que chacun saura prendre ses responsabilités pour qu’ensuite nous ayons d’autres préoccupations que de couper des têtes quand il est tellement plus urgent de faire germer des idées. Est-il indispensable de chercher des coupables quand la priorité est de faire de nos idéaux une réalité ?

Dans les pistes de reconstruction, nous utiliserons au moins trois piliers :

1- Le gouvernement : si vraiment le rejet du gouvernement était une cause de la déroute, ce n’est pas un ministre qui enregistrerait le meilleur résultat, qui plus est dans la région des bonnets rouges.

2- Le renouvellement : paradoxalement, j’ajouterai que ce n’est pas une question de personne, ni d’âge mais de langage : notre langage ne parle plus qu’à nous : « vivre-ensemble », « territoires », le volapük de notre discours sert à produire des mots au kilomètre mais qui le comprend ?

3- L’engagement : on peut continuer à regretter la marine à voile et les bougies mais si nous n’inventons pas un programme d’idées qui entraînera une adhésion, nous continuerons d’échouer.

Il est temps maintenant de ne plus croire que ceux qui se prétendent plus à gauche que les autres ont raison : leurs résultats sont pires que les nôtres. Alors cessons de prétendre que les Français veulent « plus de gauche » quand on constate que ceux-là ne sont pas crus, quand surtout c’est l’extrême droite qui a le vent en poupe.

Je ne fais pas ici le donneur de leçons : j’ai pris ma part au fonctionnement de notre Parti tel qu’il a conduit au résultat d’hier.

Il y a un temps pour la colère, il n’y en a jamais assez pour travailler à l’apaisement. Six ans ne seront pas de trop pour rendre compte à nos concitoyens, faire nos preuves et, brique après brique, tout reconstruire patiemment, tout reconquérir ardemment.

J’ai dit six ans ? L’élection présidentielle se joue dans 18 mois, nous le savons.

ça va faire mal mais c’est le point de départ d’une nouvelle ère, parce qu’il va en falloir une sous peine de disparaître vraiment :

L’élection régionale se joue dimanche et j’irai voter Xavier BERTRAND.

Catégorie : la politique