Gradur : What else?

Grand-mère y a mis le paquet : il pose avec une montre à faire pâlir un Président de la République, maquillé comme une voiture volée, photoshopé comme une star botoxée : l’homme des années 2015 tente tant bien que mal à réussir l’amalgame de l’autorité et du charme…

Le Ministre de la culture de Roubaix est servi, même si son égotrip souffre par manque de filles asservies et de grosses cylindrées. Sans doute que le biberon de Gradur contient-il moins de balles que la poche d’un rentier fiscalement exilé. La presse locale est choquée : l’homme au bob n’est après tout qu’un fonctionnaire en disponibilité qui a dans la bouche autant d’ordures qu’un trottoir de Roubaix.

Sérieux… pourquoi nous emplafonner au sujet de Gradur? Si on laissait tout simplement dégonfler ? Franchement où est la gravité ? L’homme ne prétend pas être un artiste, c’est à peine un phénomène qui reconnait volontiers n’être qu’un buzz. Tout est dit : ce mix, c’est tout juste un pied de nez aux travers de notre société où le plus kiffant c’est juste de tester! Après… comme pour toutes les caricatures, libre à chacun d’acheter !

Nous qui connaissons la fortune des Louis Vuitton et qui avons vendu la laine du Pingouin avant de l’avoir tué, ça pour sûr, pour vendre des codes et des clichés… « Chez nous on s’y connait ! ». Alors wack ou pas wack, qu’on se rassure, ce qui est certain dans cette histoire c’est que pour le meilleur, comme pour le pire, Gradur is the new black of Roubaix!

Roubaisien et Français, je suis à la fois Charlie et Roubaix

En 1914 les terroristes assassinèrent Jaurès, en 2001 ils anéantissaient les Twins towers, en 2015 ils tuent les dessinateurs… Les terroristes ne s’en sont ni pris au Président Français ni à la Tour Eiffel : ils s’en sont pris à Charlie Hebdo. Comme quoi, le monde change beaucoup plus vite que nos idées ! De son côté Roubaix qui se prenait encore pour une « ville monde » se trouve un peu plus chamboulée….

Qu’on le veuille ou non, c’est un fait aujourd’hui : les opinions se font et se défont à la vitesse de 140 signes par seconde. A ce rythme, les jugements se font à l’emporte pièce, les esprits s’échauffent, les gens se blessent, on ne prend plus le temps de la réflexion. Dans ce contexte donc, quoi de plus simple que de s’en prendre à la ville à la plus forte population d’origine musulmane de France? Quoi de plus facile que caricaturer Roubaix quand il s’agirait de se poser les vraies questions ?

Je l’assume totalement, je faisais partie des quelques milliers de lecteurs réguliers de Charlie Hebdo, je n’en tire aujourd’hui aucun orgueil, aucune fierté. Pour être franc, je préfèrerais me sentir parfois moins seul à lire aussi le Monde… Il en va en effet de la liberté d’expression, comme de l’art : on est d’accord ou pas, on trouve ça beau ou pas, on peut se dire que ça ne sert à rien et pourtant… c’est comme l’amour : c’est essentiel, il faut que cela puisse exister si nous voulons tenir en vie! Entre adoration et détestation, entre passion et raison, c’est tout cela qui nous aide à gérer nos propres contradictions…

En la matière, je crois qu’à Roubaix nous sommes champions. On y mange des kebabs-frites, on y croise tout autant des hommes en Nike et djellaba que des émigrés fiscaux qui font leur beurre avec pour slogan « la vie, la vraie ! » et la ville réputée comme « la plus pauvre de France » s’est rachetée un peu de fierté en reprenant à son compte le légendaire I love New York… Peut-être le temps est-il maintenant venu de proclamer haut et fort : je suis Roubaix !?

Si je suis en colère quand on s’en prend à la réputation de la ville que j’aime, si je suis blessé quand on caricature Roubaix, si j’en fais une question d’amour propre, c’est bien que quelque part je suis Roubaix. J’en suis convaincu : je suis Roubaix parce que je place ma confiance dans mes concitoyens. Aujourd’hui, plus que jamais, je suis Roubaix parce que je crois qu’avec sa fougue et son sens du combat collectif, ma ville dessine aujourd’hui les contours de la société de demain. Je suis Roubaix parce que pris par mes propres contradictions je revendique à la fois la Liberté de conscience pour chacun et la Fraternité indispensable à la survie de l’humanité. Je suis Roubaix parce qu’à l’exemple de l’espace public qui devrait réunir les quartiers, je crois qu’il n’y a possibilité pour ceux qui souhaitent exprimer des convictions religieuses de le faire que si on accorde une place suffisante à la laïcité. Je suis à la fois Charlie et Roubaix, parce que les caricatures dont on nous affuble doivent nous faire réfléchir sur nos propres préjugés ; parce que pour lutter contre toutes les situations de discriminations, en tant qu’hommes, en tant que femmes, nous avons de très sérieux progrès à faire en matière d’Egalité.

Enfin et surtout, je suis Roubaix parce que je n’ai pas peur de propager ces nobles idées !

On ne gagne pas à récupérer !

Il y a d’abord les indécrottables pour lesquels on ne peut malheureusement rien, ceux qui pensent que se garer n’importe où avec une grosse bagnole est un attribut du pouvoir. Ceux qui pensent que le social c’est pour les femmes, vous savez… ces êtres maternants qui servent à faire des enfants et que l’on vire à la première occasion au prétexte d’être trop sensibles et compatissants dès lors qu’il s’agit de faire preuve d’un peu d’humanité…

Il y a ensuite ceux que l’on croyait ancrés dans les réalités économiques et qui nous surprennent à prendre fait et cause pour le NAME en voulant le récupérer à Roubaix. Ceux-là réalisent-ils que ce n’est pas un cadeau tombé du ciel ? Je sais de quoi je parle, j’en suis politiquement parlant le père! Savent-ils que mon bébé ne vit que parce que la gauche au Conseil Général le soutient depuis le début et que l’UMP Nordiste (l’Union pour le Nord pour les biens pensants) depuis plus de dix ans, chaque année, demande sa peau sans jamais y avoir tendu l’oreille ?

Et puis il y a ceux qui veulent tout sans rien vouloir perdre et qui se pensent rusés à nous faire croire qu’ils sont de gauche (parce qu’être de gauche ça fait toujours bien quand on exerce des responsabilités dans l’enseignement, la culture et la communication), ceux-là affichent fièrement leur carte mauve de l’UDI ou sont collaborateurs directs de membres de l’UMP après avoir revendiqué une place auprès des élus socialistes… On voudrait nous faire croire à un système UMPS que ceux là verraient à peine où se situe le problème !

Il y a encore ceux qui récupèrent l’Europe XXL de Lille3000 pour mieux camoufler l’absence d’idées. Si seulement il suffisait de rebaptiser la revue municipale « RoubaixXL » (en la réduisant de moitié), pour faire une ligne éditoriale ça se saurait ! Alors vous pensez bien… nous convaincre du bien fondé, nous prouver l’intérêt, nous expliquer le projet de la municipalité…

Et puis, il y a les plus stupéfiants, ceux là n’ont absolument aucun scrupule à passer du PS à l’UMP, ils s’autoproclament représentants de la société civile quand ils sont élus ou employés par la collectivité ! Je dois avouer qu’en 35 ans de vie politique, j’ai rarement vu le clientélisme aussi bien institué ! Voilà la triste réalité aujourd’hui à Roubaix, deuxième ville du Nord et de la Région Nord Pas-de-Calais, ils sont élus de la majorité, ils cherchent d’une façon ou d’une autre à rattraper un mandat bien mal engagé. Certains d’entre eux ne cherchent égoïstement qu’à profiter.

…Pendant ce temps là, les bruns et bleus marines abandonnent les villes où ils se sont fait élire. Comme disait la mère de Cavanna : « bon vent, la paille au cul et l’feu d’dans !».

Alors oui, quand on est sincèrement de gauche on ne peut qu’être attristé devant tant de talents gâchés, en rage avec tous les Roubaisiens oubliés et alarmés face à une telle réalité. Je ne vous resservirai ni les plats froids, ni les idées périmées mais quand on est vraiment de gauche on ne cherche pas à profiter : on se consacre à créer, on se dépense à inventer, on travaille à innover et surtout on tente collectivement de mieux redistribuer ! Alors oui toujours et encore, face à des élus municipaux qui courent sans tête, alors que se profilent pour les prochains mois les élections départementales et régionales, je vous le dis : « Nous, socialistes, gens de gauche réunis, Roubaisiennes, Roubaisiens, Nordistes, ensemble nous avons tout à gagner pour reconstruire les choses autrement, mieux partager, vraiment ! ».

quand le Département va…

Ce lundi 20 octobre je suis intervenu en assemblée plénière du Conseil général pour l’approbation du Plan d’actions du contrat d’aménagement et de développement durables de l’arrondissement de Lille préparé par Martine Filleul…
Ceux qui me connaissent savent toutes les précautions que je peux prendre dès lors qu’il s’agit de parler d’aménagement du territoire tant le risque est grand de manier de grands concepts qui ne rassurent au final que les spécialistes. Le danger c’est de laisser les citoyens livrés à leur propre conviction que les élus ne peuvent de toute façon rien pour changer le cours des choses comme si l’avenir n’était qu’une succession d’incohérences, d’imprévus et d’accidents, pour ne pas dire une fatalité !
Il fut un temps où la population tenait pour planche de salut le fait que « quand le bâtiment va tout va » et les collectivités, emboitant le pas aux services de l’Etat, aménageaient le territoire en « disposant des équipements structurants » en maillant le territoire à part égale, à grands tracés d’infrastructures et de plans tirés sur la comète. Nous avons bien évolué, mais je ne suis pas certain que nous en soyons tous totalement revenus. Mêmes nos tentatives de replâtrage à grands coups de « vivre ensemble » de ce que l’on appelait autrefois les « grands ensembles » commencent à ne plus faire illusion… Cela ne parvient pas à cacher des fractures sociales toujours plus béantes. Peut-être ne savons-nous pas dire les choses suffisamment simplement ?
Pire, il nous faut maintenant lutter contre la tentation d’une part de plus en plus importante de la population qui, face aux incertitudes de notre monde, ne voit plus de solution que dans le rétrograde, le repli sur soi, vous voyez… quand c’était beaucoup mieux avant, quand ça fleurait bon le terroir, quand tout le monde marchait à pas cadencé bien en rang…
Mais voilà, heureusement, le monde d’aujourd’hui ne fonctionne plus comme ça : il y a belle lurette qu’on ne distingue plus les Nordistes des villes et les Nordistes des champs! Nous vivons dans un monde toujours plus complexe, dans une société de plus en plus réactive. Nous réalisons que l’existence même de l’institution départementale n’est plus aussi sûrement acquise, alors vous pensez bien… arrêter des plans à l’avance pour le bien des administrés et promettre leur réalisation comme si elles devaient se dérouler de façon mécanique… Peut-être devons nous apprendre à parler plus franchement ? C’est ça le grand mérite du travail que Martine Filleul nous propose aujourd’hui : il sait composer entre grandes ambitions et petites attentions. Il ne cède jamais aux certitudes. Surtout, il se garde bien de toute prétention.
Valider aujourd’hui le Plan d’actions du Contrat d’Aménagement et de Développement Durable de l’arrondissement de Lille c’est donc tout sauf une formalité administrative ou une décision définitive. C’est juste la preuve vivante que l’on peut travailler de la même manière, dans le Cambrésis et en métropole lilloise, dans le même dialogue entre collectivités, services de l’Etat, organismes consulaires et la société civile en général.
Alors oui, certains feront remarquer qu’il y a quand même dans ce plan des projets d’investissement lourds qui ne « nous » concernent pas. Je pense au soutien au déploiement du réseau Très Haut Débit ou au doublement de la capacité du métro de la métropole… Mais le Département n’est pas un dinosaure incapable de s’adapter à son temps, c’est un organisme vivant, constitué de Nordistes conscient d’évoluer dans un écosystème en pleine évolution fait de lobbys, d’organismes consulaires, de collectivités parsemées de compétences et de découpages administratifs… Il agit, il s’adapte en avançant, il pense résolument à l’avenir de ses habitants.
Il ne vous aura pas échappé que, dans le contexte de la réforme territoriale, la portée de ce plan consacré à l’arrondissement de Lille est donc tout à fait symbolique. Qu’il se nomme Nord, Nord Pas-de-Calais Picardie, Eurométropole, Aire métropolitaine de Lille ou que sais-je encore, l’ensemble des espaces de vie quotidiens que partagent les Nordistes, pour être édifiés en collectivité ont besoin d’une clé de voûte fiable. Qu’on le veuille ou pas, c’est un fait, c’est la métropole lilloise.
J’inverserai même le propos en prétendant à l’inverse qu’il n’y a d’ailleurs aucune raison que les Nordistes de la métropole fassent l’objet de moins d’attention de la part du Département. Je ne veux citer en exemple de cela qu’une seule des 1039 actions et des 126 projets départementaux proposés et rigoureusement agencés dans ce projet. C’est sans doute celui qui peut paraître le plus anecdotique. Il est pourtant essentiel. C’est le soutien technique du Département pour qu’un médiateur puisse lire des albums sur l’aire d’accueil des gens du voyage à Mons en Baroeul. Voilà… je ne vous fais pas de théorie sur l’effet papillon dans le développement durable… Je constate l’utilité de tous les projets retenus, quelle que soit sa situation, quelle que soit sa dimension.
Alors évidemment ceux qui pensent encore qu’aménager le territoire se résume à additionner les kilomètres de routes départementales en resteront pour leur frais…
Je vous le dis, au final, l’important aujourd’hui, c’est de signer un contrat moral entre tous les Nordistes, quelles que soient leurs origines ou leurs aspirations. Quelles que soient les postures de principes et les grandes déclarations. Notre projet n’a pas d’autre prétention que de faire attention à son prochain, composer avec son voisin, s’accorder à regarder le même horizon demain, dans 1 an, dans 3, 6 ans (et c’est déjà bien loin !).
Fort de cette conviction, vous me permettrez de m’approprier un slogan porté autrefois à Lille métropole par Pierre Mauroy : je dirais que plus encore qu’un document qui nous « rassemble », c’est surtout (et c’est bien là l’essentiel) un document qui nous « ressemble » ! … dans toute notre diversité, nos sensibilités… et nos contradictions…
Au delà de nos appartenances politiques, en nous reconnaissant tous dans ce projet en tant que modestes représentants nordistes puissions-nous donc rendre confiance à nos concitoyens afin qu’ils puissent penser, sinon dire, « quand le Département va, tout va ! ».

Et si on arrêtait de véhiculer bêtement les clichés…

Il y a dans les médias et la politique des mots valises comme le « vivre ensemble » qui finissent par ne plus rien dire tellement chacun les charge de n’importe quoi. Et puis il y a ceux qui, à l’évidence, sonnent juste parce que vraiment ancrés dans la réalité. Parmi ceux là j’affectionne tout particulièrement « les transports collectifs », cette idée qu’au-delà du déplacement pratique, écologique et pas cher d’un groupe, voyager se transforme en expérience collective où l’on partage aussi, en bien ou en mal, les sentiments que véhicule notre société.

Les communicants l’ont bien compris et je dois dire que la nouvelle campagne de communication de Transpole est belle de promesses. En choisissant le slogan « vous allez aimer être libre » on nous annonce le bonheur de vivre à plein une métropole, je cite : « irrésistible, active, moderne, effervescente, surprenante !» sauf que… à bien regarder les portraits que l’on nous impose, parce qu’il ne suffit pas d’afficher une belle fille venue d’Afrique noire pour se dédouaner d’un vrai engagement pour la diversité, nous sommes bien vite coupés dans notre élan vers la modernité.

Faisons attention… qu’est-ce qu’on nous montre vraiment? Un papa sympa qui rentre du boulot, une jolie mamie qui prend sa petite fille modèle sous son aile, un jeune rappeur très propre sur lui et une femme que le fait de dépenser sans compter semble mettre en transe… ?! Certes on veut nous vendre du bonheur mais il y a comme un truc qui fleure bon la fatuité, comme un petit goût de périmé dans ces fausses belles idées…

A ne voir les petites filles qu’en sucre, les ados en bêtas, les hommes en benêts, les femmes en écervelées et réduire les séniors à leur odeur de sainteté, ceux qui doivent affronter l’adversité du quotidien pour trouver un emploi, remplir leur frigo, se faire soigner, tenter d’avoir des enfants qui réussissent… risquent d’être nombreux à ne pas s’y retrouver et à rester longtemps sur le quai avant d’espérer raccrocher les wagons avec la société !

Dans une France qui cède petit à petit à la tentation du rétrograde ne nous étonnons alors pas que les journalistes comparent les travaux d’une gare à « une vieille dame qui se fait relifter » et que des maires machos n’aient toujours pas compris « qu’il n’y a pas que l’auto dans la vie ». A ce train là les fascistes en gilets jaunes autoproclamés « agents de sécurité » n’attendront pas le printemps pour renouveler leurs descentes et nous réveiller…

Oui, chaque fois que je prends le métro je rencontre des gens qui parlent fort, jettent des papiers et sentent mauvais. Mais plutôt que de me laisser conter des histoires à la sauce « petit Nicolas », permettez-moi de vous dire que je vois aussi de nombreux gestes simples, discrets et attentionnés de Nordistes qui renouvellent modestement une promesse de plus de 200 ans : celle d’agir en faveur de l’Egalité. Et si au final, bien loin des communicants qui en font toujours des tonnes, en dégageant le passage, en laissant sa place, en ayant un mot aimable ou en partageant un encas, les transports en commun, au-delà de nous déplacer d’un point A à un point B réussissaient l’exploit de faire avancer ne serait-ce qu’un tout petit peu les mentalités ?

Un Titanic de sottise?!

 

Aveuglement par le soleil? Abrutissement par la canicule de ce week-end? Molle autosatisfaction de l’auto-déclarée ville-monde de Roubaix? Quoi qu’il en soit, à lire les réactions des uns et des autres suite au déploiement d’une banderole associant la politique d’Israël à celle d’Hitler sur la Grand place de Roubaix, il y a de quoi avoir froid dans le dos…

Disons le une bonne fois pour toute : les Israéliens ne sont pas tous des sionistes et les Palestiniens des fondamentalistes, et dans les actes d’agression et de répression totalement asymétriques et disproportionnés qu’ils se livrent, avec la distance, il devrait quand même nous être un peu plus facile de dire que les deux gouvernements qui les dirigent font fausse route. Aller vers la paix, c’est agir avec raison et défendre coûte que coûte l’idée qu’un jour soit possible un pardon.

A des milliers de kilomètres, sur la planète Roubaix on se demande bien ce jour qui est capable de demander pardon…

Pardon à Jaurès pour ceux des partis de gauche qui cherchent à se dédouaner en se confondant en excuses sur l’air du « on ne savait pas ». Voilà ce qui arrive quand on est plus pressé de battre le pavé sur des prétextes les plus confus que de réfléchir à deux fois pour agir avec droiture. Il y a tout juste cent ans, le 31 juillet, le premier des socialistes était assassiné pour avoir soutenu la seule cause qui vaille : la Paix. Avons-nous oublié ce qui dès le 2 août advint ?

Pardon à Jean Lebas, faut-il sans cesse le rappeler, notre Maire mort en déportation, pour que le Premier des Roubaisiens ne laisse pas son adjointe à la sécurité se débattre seule comme un agent de police au milieu de la circulation. Monsieur le Maire, il y a des principes républicains que vous avez le devoir de mettre en actes : je vous demande de déposer immédiatement plainte contre ceux qui ont déployé une banderole aux motifs de croix gammées !

Pardon peut-être aussi aux fondateurs de la Voix du Nord quand on voit la presse d’aujourd’hui obligée de publier ces insignes, comme si l’écrit ne suffisait pas pour dénoncer, comme si les images simplistes montrant des agités avec des croix gammées devant l’église Saint Martin n’allaient pas se propager comme la poudre sur les réseaux sociaux, alors même que le Front National exclut scrupuleusement le premier qui touchera à ces symboles… Le vertige est quand même saisissant quand on voit la légende de la photo qui nous indique, l’air de rien : « la manifestation de soutien s’est déroulée dans le calme à Roubaix » ?!

Bon Dieu ! Le vingtième siècle ne nous a-t-il donc rien appris ? Avant de contribuer à déclencher des tempêtes à l’autre bout de la planète, quand, nous autres papillons Roubaisiens, cesserons-nous enfin de brasser du vent ?

Contre ce qui se passe à Gaza il faut sans aucun doute manifester notre indignation, encore faut-il le faire avec raison ! Puissent les erreurs d’appréciation de Jaurès nous rafraîchir les idées quand à la veille du conflit il déclarait encore : « Ils auront beau prolonger les éclats de leur musique nationaliste…/… ce Titanic de sottise et d’arbitraire descendra lentement mais sûrement sous les flonflons de l’orchestre réactionnaire, dans une mer glacée. »…

Les loupés de la pêche à la Roubaisienne

Qu’ils soient modestes citoyens ou élus, les Roubaisiens ne sont pas autrement faits que le reste des Français. A passer de plus en plus vite sur les évènements, à parler à tort et à travers dans les médias, à se répandre dans tous les sens sur les réseaux sociaux, ils contribuent au brouhaha ambiant qui anesthésie les gens en lassant d’aller voter, quand ils ne participent pas activement à l’amnésie générale. Que l’on ne s’étonne pas des résultats sortis des urnes qui sont l’amalgame d’une colère plus ou moins trouble et d’extrémistes qui voudraient nous faire croire que le bleu marine est plus blanc que blanc. Franchement : que faisons nous donc vraiment de notre capacité d’indignation ?

Sans remonter à Hippolyte Culine, qui se souvient que René Vandierendonck n’était pas Socialiste quand, en 1995, il a été élu Maire de Roubaix ?  Qui se rappelle que Pierre Dubois l’avait rejoint sur cette liste de droite et que, pour cette bonne raison, il a été exclu du Parti Socialiste? On sort rincé par la tribune de ce dernier dans le bulletin municipal tant cette capacité d’oubli est exceptionnelle : voilà que l’artisan de la défaite de la gauche se pique de donner des leçons à son successeur. Non, Robert Lamoureux n’est pas mort ! Le canard court encore…

Le plus grave reste tout de même que ceux qui sont allés à la pêche au suffrage et qui ont gagné à grands roulements de tambours ne se comportent pas mieux ! Le pire est que leurs errements se constatent dans un domaine où il était pourtant facile d’agir vite et bien : la transparence et l’explication de l’action publique. Il est déjà bien loin le temps de la campagne où les journalistes avaient toujours un interlocuteur prompt à dénoncer les élus indisponibles, aujourd’hui, les choses sont encore plus simple : il n’y a plus d’abonné au bout de la ligne.

Je reste stupéfait de la capacité de celui-ci devenu élu ou de celui-là recruté à la Mairie qui se répand sur Twitter dans des polémiques hasardeuses. L’exemple donné aux habitants et aux agents de la ville est d’autant plus déplorable qu’il est suivi et que l’on peut voir certains fonctionnaires – et pas les moindres – s’épancher sur leurs états d’âmes (sourions) ou sur leur travail : c’est une infraction au devoir de réserve. Que penser de la capacité à défendre l’intérêt général de celui dont la presse nous apprend par la voix même de l’intéressée qu’il s’est fait élire pour résoudre le problème d’expropriation de sa maman ? Il découvre maintenant qu’être élu c’est « plus de travail » ( !). Que ces gens là ne comptent pas sur l’indulgence dont on fait généralement part aux nouveaux arrivants : ils ne sont tout simplement pas dignes de confiance. Ils se sont présentés comme une équipe responsable : ils s’avèrent n’être que le mariage de la carpe et du lapin.

Alors, pour tenter de camoufler ces absences, ces défaillances, le Maire en personne cherche à se donner des grands airs à grands mouvements de canne, renfort de filets et cordons de sécurité. Ayant déjà oublié sa petite pêche aux voix et ses vibrantes déclarations quant au besoin d’animer Roubaix, quand cela aurait pu être un beau soir de fête ou à tout le moins une paisible soirée de juin, il évacue toute âme qui vive du centre-ville : ce mercredi soir on aurait cru que le canal s’était pendu !

Si nous ne sommes pas tout à fait comme les autres, nous les Roubaisiens, il ne faut pas non plus nous prendre pour des poissons rouges… Parce que j’ai vraiment l’ambition d’un avenir meilleur, je veille à ce que les socialistes n’aient pas la mémoire courte. Je sais comme vous Madame, vous Monsieur, que la responsabilité n’est pas soluble dans le temps. Vous pouvez compter sur moi pour assumer mes engagements. Face à ceux qui font déjà « flop » je réponds « présent ! ».

Donnons le meilleur de Roubaix : commençons dès maintenant !

A l’issue d’un premier tour particulièrement confus et d’un second qui n’a guère valu mieux, les Roubaisiennes et les Roubaisiens ont finalement choisi en pleine liberté de conscience, pour la première fois depuis trente ans, « leur » Maire : Guillaume Delbar.

Plus qu’un vote d’adhésion, les électeurs ont surtout cherché à donner aux responsables politiques une véritable leçon : respecter Roubaix cela commence par respecter la démocratie. Cela s’applique à la vie municipale, c’est aussi vrai pour le Parti socialiste. La gifle dût-elle nous cuire un bon moment, à voir la lente dérive de certaines villes qui viennent de passer au Front national, sans doute faut-il remercier nos concitoyens pour ce réflexe clairvoyant. Il faut y voir le signe d’une saine respiration démocratique… Jusqu’en 2020, il nous faudra donc “faire avec”; avec, au Conseil municipal de Roubaix, cinq toutes petites voix pour le Parti socialiste pour quatre au Front national. Au final, personne n’en sort grandi… Roubaix mérite tellement mieux que ça !

Comment nous sommes-nous à ce point trompés nous-mêmes ? Comment avons-nous concrètement défendu l’égalité des droits et des chances, la lutte contre toutes les formes de discrimination, à nous comporter dans notre propre parti en considérant celui qui pense un peu différemment comme un véritable ennemi ? A nous entredéchirer, nous l’avons mis dans un bel état le lien social qui devrait être au cœur de chaque socialiste… Je pèse mes mots : notre faute est historique. Mais le vrai drame, c’est que nous, socialistes, par notre suffisance, notre comportement aveugle et rétrograde, ce sont les Roubaisiennes et les Roubaisiens, et probablement les habitants de la métropole, que nous avons emportés dans notre propre perte. Dans la situation actuelle, ils n’avaient franchement pas besoin de ça…

Il y a un temps pour la colère, il n’y en a jamais assez pour travailler à l’apaisement. Six ans ne seront pas de trop pour rendre compte à nos concitoyens, faire nos preuves et, brique après brique, tout reconstruire patiemment, tout reconquérir ardemment. J’ai fait moi-même les frais de la division et, quoi qu’on en pense, quand tout me poussait à la dissidence, j’ai placé l’intérêt de ma famille politique avant le mien. J’ai décidé de rester engagé aux côtés de mes camarades parce que, malgré tout, je suis irréductiblement convaincu que c’est unis dans le Parti Socialiste que nous tenons le pouvoir de changer l’ordre des choses : je suis et je resterai indéfectiblement le premier à donner le meilleur de Roubaix !

Camarades socialistes roubaisiens, j’en appelle à la raison : je sais que chacun saura prendre ses responsabilités pour qu’ensuite nous ayons d’autres préoccupations que de couper des têtes quand il est tellement plus urgent de faire germer des idées. Est-il indispensable de chercher des coupables quand la priorité est de faire de nos idéaux une réalité ? Le premier respect que nous puissions porter aux Roubaisiennes et aux Roubaisiens n’est-il pas plutôt de nous préoccuper de leurs attentes ? Une seule chose est sûre : du Parti socialiste ils ne veulent plus jamais subir ça ! Notre priorité absolue doit être pour eux, et avec eux il est de notre devoir d’inventer de nouvelles pratiques militantes.

Franc, proche et amical, c’est comme cela que doit être mon Parti. C’est en nous fortifiant de ses idéaux que nous donnerons l’envie aux gens de s’impliquer sérieusement, que nous retrouverons le goût du travail collectif, l’appétit des autres et l’autorité morale nécessaire au bien commun.

Madame, Monsieur, gens de gauche, le Parti socialiste n’est pas parfait. Pour cette raison il a besoin de vous ! Vous qui pensez pouvoir être utile à notre ville et notre Département, vous qui êtes convaincus qu’on est plus forts unis que divisés, vous qui, tout simplement, vous sentez concernés par la vie à Roubaix, j’en appelle à votre bonne volonté : faisons-nous confiance, soyons à la hauteur de l’héritage de Jean Lebas, armons-nous de courage et prouvons que Roubaix est le cœur battant du Nord et de Lille métropole !

Commençons dès maintenant…

Et la tendresse…

Masturbation, répudiation, procréation, homosexualité… entre éruptions polémiques et manque de débat sur des questions de fond, la vie publique prend en ce moment un tour aussi confus que troublant. A entendre les invectives sur de tels sujets, il n’y a pas de doutes, nous sommes bien à la fin d’un cycle, un autre commence : la saison des amours…et de la campagne électorale !

Rappelez-vous, en faisant ses adieux à la vie municipale René Vandierendonck déclarait : « Pour être Maire de Roubaix il faut aimer les gens » et d’enchaîner « savoir rassembler tout le monde sur un projet et bosser comme un dingue »… Au petit jeu de l’anaphore des candidats à la fonction de Maire, chacun a tenté de déclarer sa flamme : certains échaudés veulent encore croire au coup de foudre, d’autre veulent penser que l’électorat est plus fidèle que les gens eux-mêmes …

Pourquoi vouloir y croire quand tout le monde sait déjà que l’amour ne dure que 3 ans ? Pourquoi donc vouloir parler amour en politique quand il est déjà de notoriété publique qu’appartenance à un même parti et amitié ne font déjà pas bon ménage ? Pas de « mytho » entre nous : à trop vouloir embrasser par des I love Roubaix aux quatre coins du monde, nous savons bien que nous cherchons à camoufler le désamour des entrepreneurs et des habitants qui nous préfèrent d’autres villes…

Si on comprend bien la nécessité de transcender le bien vivre-ensemble et les clivages politiques et s’il paraît évident qu’un Maire doive aimer « sa ville », encore faut-il être au clair sur la nature de cet amour. Comme dans tous les couples, entre un Maire et sa population ne suffit-il pas que l’un des deux ressente un manque de respect et de considération pour que ce soit toute la ville qui se trouve en souffrance ? Le problème, c’est qu’on n’aime pas sa ville comme on fétichiserait une maquette, on n’aime pas sa ville comme on a aimé son métier, quand bien même il fût au service du public…

Regardons-nous, regardons la propreté des rues, les comportements tétanisés, voyez se propager l’esprit « Kärcher » et la nervosité publique… entendez les réactions épidermiques des Roubaisiens au moindre regard télévisé : Roubaix manque sérieusement d’amour propre ! Je vous le demande donc : et si tous ces jeux de cours, ces tentatives de séduction de ces Maires en puissance n’étaient au final que besoin pour eux de se sentir aimés ?

Nous sommes bien là au cœur du problème : celui qui est incapable de gérer ses sentiments ne gagne pas l’amour de l’autre, il ne peut qu’en assumer les ruptures. Pire, il ne se rend pas compte qu’en alimentant la confusion, il ne fait que renforcer l’incompréhension de l’autre.

Messieurs les prétendants à devenir Maires arrêtez donc de vouloir nous faire boire des histoires à l’eau de rose et acceptez la vraie dispute politique, celle qui fait durer les histoires d’amour longtemps ! Que vous soyez love, sex & fun ou peace & love, l’électorat n’attend pas de vous des démonstrations de puissance et de richesse, assurez d’abord en politique avec raison… et pour parler au cœur des Roubaisiennes et des Roubaisiens, faites la part belle aux petites attentions !

En cette Saint-Valentin commencez par faire preuve d’un peu de tendresse et, si le cœur leur en dit, les électeurs accepteront peut-être de vous apporter par petit bulletin cacheté, ce printemps, la plus belle preuve d’amour que vous attendez ardemment!

Tout ça pour ça ?

Il y a ceux qui parlent de la désespérance des familles roubaisiennes, du manque généralisé de respect à l’ordre public, du « tous pourris » qui gangrène la société. Ce sont globalement les mêmes qui se tiennent en embuscade pour espérer profiter de la situation. Certains sont prêts à renier leurs engagements à la première contrariété, d’autres croient agir et ne font en fait que s’agiter… Pour ma part, sûr de mes valeurs, je reste sur mes positions. Alors… tout ça pour ça ?

L’heure est suffisamment grave pour que nous ne nous racontions pas d’histoires : l’enjeu n’est pas de prendre le pouvoir par orgueil personnel, le problème c’est de pouvoir agir dans l’intérêt des Roubaisiennes et des Roubaisiens. La situation sociale de notre ville est suffisamment critique pour ne pas l’affaiblir davantage en nous privant de la force et de la solidarité du Département du Nord, et, qu’on l’admette ou non, pour que notre avenir, qui se joue à Lille dans les mains de la métropole, ne soit compromis.

Dans la spirale infernale de cette campagne municipale où le tout Roubaix montre qu’il est capable du pire, je le dis avec aplomb – et les Roubaisiens dans l’adversité vous le diront mille fois mieux que moi – : quoi qu’il en coûte, surtout quand tout paraît perdu d’avance, le courage ne se trouve certainement pas dans la fuite en avant. Le courage c’est de tenir bon ! Je ne tirerai donc pas à mon tour le diable par la queue. Je ne tenterai pas de vaincre la Mairie de Roubaix par “chaos”. Il en va de l’honneur de notre ville : nous, les Roubaisiens, nos combats nous les gagnons « à la loyale ».

Malgré les apparences ma décision n’a donc pour autant rien pour réjouir la section socialiste de Roubaix. Elle ne répare en aucune façon la perte de 56 de nos camarades sincèrement engagés. Je mesure aussi qu’elle renvoie les leaders de la section à leur mauvaise conscience et à leurs propres incohérences. En effet, pour prétendre présider à la destinée de Roubaix et emporter l’ensemble de la population vers des horizons meilleurs, encore faut-il être capable d’engager une majorité dans un même effort collectif porté par un véritable esprit de solidarité… Je suis le premier à le regretter et vous le savez autant que moi : depuis le départ de René Vandierendonck, nous, les Roubaisiens de gauche nous avons échoué à créer ces conditions. Personne ne les inventera en 2 mois.

Quel que soit le résultat au soir du 30 mars prochain, tout cela est donc au global de très mauvaise augure pour l’avenir de Roubaix. L’urgence est de limiter la casse. Je vous le dis sans fausse modestie, votre intérêt est bien supérieur à celui que vous voudriez m’attribuer. La réputation de Roubaix est tellement plus importante que celle dont on ne manquera pas de m’affubler ! Comme vous le comprenez donc, je ne renonce à rien et ma décision ne résout rien. Une seule chose est certaine : je suis plus utile et motivé que jamais, chez moi, au coeur de mon parti pour forger inlassablement les lettres de noblesses de Roubaix par résistance, dans le respect et  avec raison. Socialiste roubaisien de la première heure j’espère simplement par cette franche décision marquer de la façon la plus nette possible le refus de la tentation du pire.

Et si cette fois-ci, nous, les Roubaisiens, nous nous montrions dignes de l’héritage de Jean Lebas en étant par nos actes exemplaires de nos idéaux ? Si enfin nous consacrions nos énergies à donner le meilleur de Roubaix ?