Ces cardinaux politiques qui me viennent du Nord…

 

Avec une réalité sociale que les indicateurs économiques ne traduisent que bien partiellement, face aux faiblesses des grands dirigeants, de certains habitants… nous, les « politiques de terrain », n’avons pas le droit de baisser les bras ! Pour preuve, la semaine écoulée…

Avec sa force qui aiguille la boussole pour indiquer contre vents et marées le chemin à suivre, heureusement que le Nord est là ! Patrick Kanner, le Président du Département, m’a donné bien des raisons d’être fier de notre engagement « fort et solidaire »… Ne serait-ce qu’en signant, avec les Papillons Blancs de Roubaix-Tourcoing, un contrat destiné à renforcer l’emploi et les services en faveur de centaines de personnes en situation de handicap mental, la parole est tenue et les actes sont là pour le prouver. La vraie force ne se paie pas de grands mots. Etre fort, c’est agir avec constance et fermeté pour le bien, en particulier le bien être social des plus défavorisés.

Alors qu’une large vague d’émotion amplifiée via les réseaux sociaux a suivi la mort de quatre jeunes dans l’incendie d’une usine à Wattrelos et que par ailleurs, à la suite de propos haineux envers les Roms, certains élus s’accusent mutuellement d’être des « pompiers pyromanes », je crois nécessaire d’en appeler au discernement de chacun. Face à ces deux situations qui n’ont en fait qu’une même cause : l’insouciance et l’imprévoyance, face aux propos injurieux, exagérés par le prisme des médias, ou simplement inconvenants, nous, les élus, avons un devoir d’exemplarité. L’extrémisme et la démagogie font leur lit dans le caniveau. Il n’y a pas de petites dérives en la matière. Prudence donc…

En me confiant dorénavant « l’action anti-discrimination et la promotion de l’Egalité », Patrick Kanner, a aussi fait preuve d’une grande marque de confiance à mon égard : ayant exercé pendant 25 ans la profession d’avocat, je n’avais plus, il me semble, à prouver mon engagement en faveur de la justice et du droit… mais porter un nouveau regard et améliorer concrètement les services aux Nordistes en situation de handicap, c’était un beau défi ! Avec les associations, avec l’appui de l’ensemble des élus départementaux (une belle unanimité qu’il faut souligner), nous sommes en passe d’y parvenir. Alors oui, pour les Nordistes, et surtout pour les Roubaisiennes et les Roubaisiens qui plus que tous savent la difficulté de réussir dans notre société avec un nom à consonance étrangère ou pour le simple fait d’habiter Roubaix, fort du Droit, je me ferai un honneur de mener à bien cette nouvelle mission ! Elle n’a d’autre ambition que de donner moralement à chacun ce qui lui est universellement dû : ce n’est que justice !

Reste une question de tempérament : la « tempérance » qui est sans doute la valeur la moins partagée en politique… Non pas que les élus soient tous des indécis ou des poltrons mais, au contraire, parce que nombre d’entre eux et beaucoup de citoyens pensent que le tempérament politique cela se manifeste d’abord par des coups de gueule et des coups de poing. La tempérance ne consiste pas à défendre coûte que coûte son mandat ou à vouloir à tout prix être « calife à la place du calife ». Avoir du tempérament c’est, par définition, savoir maîtriser sa volonté dans le temps, dans les limites de l’honnêteté, et, pour ce qui me concerne, dans le respect des électeurs.

Alors que de nombreux rendez-vous politiques locaux pointent à l’horizon, fort de ces vertus qui sont les points cardinaux de mon engagement politique, aux postes qui sont les miens, je servirai indéfectiblement mes engagements auprès des Roubaisiennes et des Roubaisiens et vous me permettrez de faire mienne la pensée du Cardinal Mazarin : croyez tout le monde honnête et vivez avec tous comme avec des fripons!

besoin de réapprendre le savoir-vivre !

A la règle, par essence uniformisante, la plupart du temps en complet décalage avec la réalité, règle qui casse toutes les énergies, je préfère les talents, les savoir-faire, le savoir-vivre collectif qui fait jurisprudence. Je crois que l’ensemble des règles d’urbanisme et règlements municipaux doivent être relus et réajustés dans cet état d’esprit. Pour parler bref, je pense que la limite entre la ZUP et la ZPPAUP a trop duré, il nous faut par exemple repenser la limite partagée du fil d’eau du trottoir qui distingue responsabilité du propriétaire et de la collectivité, du piéton et de l’automobiliste, de la ménagère et de l’ingénieur écologue. Il y a des limites régies par des usages (je pense par exemple aux poubelles et aux voitures qui envahissent les trottoirs) qui structurent en grande partie la vie en ville. Il faut leur redonner de la valeur et de la visibilité.

il faut rendre justice à Roubaix!

A Roubaix, au coin de ma rue, dans le métro, au milieu des poubelles à l’arrière des magasins… je rencontre des situations vraiment révoltantes ! Ce n’est pas digne de notre société qui, malgré tout, a quand même des moyens que beaucoup nous envient… J’en ai eu confirmation dans mes fonctions de Vice-président chargé des relations internationales : malgré nos difficultés, nous sommes enviés.

Rendre justice à Roubaix, ça commence par arrêter de se complaire dans la situation de « ville la plus pauvre de France ». C’est faux, c’est la vue des statisticiens, analystes financiers. Je prétends même l’inverse : Roubaix est culturellement l’une des villes les plus riches de sa catégorie ! Nous devons plus que tout être fiers de notre diversité. Nous pouvons faire confiance à notre jeunesse !

agir avec justesse et responsabiliser

Dans mon cabinet, au Tribunal, dans les assemblées dans lesquelles je suis élu, j’essaie de défendre de mon mieux les valeurs les plus nobles comme les situations les plus désespérées. Je crois pourtant qu’il n’y a pas de droit sans devoirs !

Sentiment d’abandon et de déresponsabilisation… Quels repères et quels projets tisser ensemble ?Dans notre monde, et c’est probablement encore plus vrai à Roubaix, il est de plus en plus compliqué, plus dur, voire impossible de trouver et « faire sa place ». Je le constate très concrètement : les décisions qui concernent la vie quotidienne des gens comme la propreté, la santé, les transports, la sécurité, le confort et la beauté de la ville sont trop souvent confisquées par les « hommes de dossiers », les spécialistes et les techniciens. Résultat : les gens ne se reconnaissent plus dans les actes et la politique. Conséquence, ils ne vont plus voter et ne respectent plus rien ! Les plus timides s’enferment chez eux, jusqu’à rejeter les autres…, les tempéraments les plus chauds s’agitent et saccagent… Bref, il n’y a pas d’autre choix que de faire confiance à la Justice. Elle doit permettre à chacun de conduire au mieux sa vie et contribuer à la construction d’un monde plus équitable.

nous avons un devoir de mémoire

Je suis à l’origine de la Maison Forestière réalisée par la Communauté de Communes Haute Sambre-Bois l’Evêque, avec l’aide de la Fondation de France, à Ors, dans le sud du Département. Elle a récemment été inaugurée par Frédéric Mitterrand. Elle commémore l’universalité de la poésie et l’engagement du soldat Wilfred Owen tombé quelques jours avant l’armistice. Avec tous ses commanditaires, nous avons voulu que ce soit une œuvre d’art à part entière qui montre comment notre situation géographique a longtemps été notre drame, c’est aujourd’hui notre chance.

Nos ascendants nous tiennent en respect. Nous devons respecter leur mémoire. Les monuments ne servent à rien, c’est, au quotidien, le sens de nos actions qui est important. Avoir cette mémoire vive, nous aide à être plus justes dans notre évaluation, plus clairvoyants dans nos décisions. A Roubaix, les ascendants qui ont vécu des drames humains, dans un passé parfois très proche, aux quatre coins de la planète, sont sans nul doute plus présents qu’ailleurs. S’obliger collectivement à respecter leur histoire, leur mémoire, à l’école comme dans nos célébrations. C’est fondamental dans le respect de la différence que chacun est en droit de revendiquer. Ce sont autant de points de repères collectifs qui doivent nous permettre de vivre plus harmonieusement ensemble.

notre différence est notre richesse!

Vous savez, à l’opposé de Roubaix, Neuilly-sur-Seine est probablement la ville la plus riche de France et pourtant je ne l’envie pas ! Pourquoi ? Parce que malgré la foule de représentants diplomatiques venus des quatre coins du monde, tout le monde y porte le même costume ! Bon sang, c’est quand même de la différence que naissent la richesse et la créativité ! C’est la chance de Roubaix. C’est un droit qu’il faut défendre au quotidien pour chacun contre les idées simplistes. Je dis bien pour chacun et pas pour chaque communauté. Les gens pour lesquels nous devons nous battre ne sont ni arabes, handicapés, gays, petits, pauvres et moches… ce sont des gens pour lesquels nous devons garantir le droit à être des citoyens à part entière, un point c’est tout !

s’engager pour un monde plus juste

La Justice, c’est ma bataille ! J’ai même été Vice-Président du Syndicat des Avocats de France et, pour le clin d’œil, je détiens le record de la plus longue plaidoirie inscrite dans le Guiness book ! J’exerce le métier d’avocat et suis inscrit au Barreau de Lille depuis 1985. C’est Robert Badinter qui m’a inspiré cette vocation. Pour moi, il était d’autant plus important d’exercer qu’en politique on peut facilement perdre pied avec la réalité. Aujourd’hui, dans la perspective de devenir 1er magistrat, j’ai choisi de mettre cette activité entre parenthèses. J’ai besoin d’être disponible pour mieux m’investir et être présent. C’est un vrai crève-coeur pour moi, mais c’est une vraie marque de confiance dans l’avenir que je veux donner aux Roubaisiens !