Du respect des gens

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne sais pas si au lendemain de ces désastreuses élections régionales, il est vraiment nécessaire de s’appesantir davantage sur les maux des centaines de milliers d’électeurs sincèrement concernés, obligés de tourner casaque en 48h chrono à grands coups de consignes de vote. Avant de s’attribuer le mérite du front républicain, ne faut-il pas commencer à reconnaitre à chaque citoyen ce qui appartient à chaque citoyen : voter ou pas, pour qui, pourquoi ? Les consignes du parti, les appels à voter de nos responsables comptent, mais chacun en politique est d’abord responsable de ses paroles et de ses actes y compris de ses propres cuites !

En l’occurrence depuis les municipales, les européennes, les départementales et maintenant les régionales, aujourd’hui, au Nord, beaucoup de gens de gauche ressortent sinon KO, tout au moins ressentent une très grosse fatigue !

Comment ne pas en vouloir à celles et ceux qui, incapables d’échapper à leurs instincts politiciens primaires ne veulent pas admettre que les temps ont changés ? Comment sont-ils aussi incapables de voir venir l’échec ? Comment peuvent-ils à ce point oublier le bon sens populaire? Ne sait-on rien faire d’autre que beugler « l’humain d’abord ! » ? Comme si aujourd’hui nous étions insensibles au malheur des autres, incapables de bienveillance pour notre prochain, bêtes à perdre la raison ? Ne voyez-vous donc pas comment le Père Noël à coups de grandes messes, de slogans infantilisants et de sourires niais s’invite dans les foyers d’Hénin-Beaumont ?

Pour utiliser une image audacieuse, ce ne sont quand même pas les « Raymond Domenech » des dernières élections qui vont nous expliquer comment on gagne un match, fût-il électoral.

Si je ne suis absolument pas d’accord avec de nombreuses idées de Xavier Bertrand ne serait-ce que pour son opposition au mariage pour tous ou cette idée aussi dévastatrice que farfelue de confier l’écologie à un chasseur, je dois reconnaître cependant qu’il a su toucher juste et bien en déclarant au soir de cette élection que « cette victoire c’est d’abord celle des gens du Nord ». Cette déclaration, je veux la croire sincère. En tout cas je la fais mienne : il faut inverser la vapeur, l’ordre des priorités et agir avec bon sens : avant les éléphants du parti, les militants, les citoyens, il y a des gens avec un vécu, des émotions, des ressentis et des représentations qui, dans cette diversité, sont capables de raison et d’opinion.

Du PS à l’ex-UMP, au cœur de la République, je dis stop aux pervers narcissiques, aux enfants gâtés casseurs de leurs joujoux, aux exploseurs de points de retraite politique comme aux petits selfie-arrivistes qui sur-dramatisent ou sur-jouent sur le dos des plus fragiles ! Il est grand temps de donner un sacré coup de pied dans la crèche des LePen où la fille et la petite fille de Pierrette et Jean-Marie conchient les oubliés de la République ! Il est plus qu’urgent de retrouver nos esprits.

L’année qui s’achève a suffisamment eu son lot de drames. Avant de faire la guerre à la fédé, déclarer l’état d’urgence dans les sections, avant de prendre des engagements que nous ne savons pas tenir devant les citoyens, si on déclarait d’avance la trêve des grands diseurs et qu’on commençait simplement par marquer un peu de respect aux gens ? Histoire d’humilité, de bienveillance et d’attentions pour retrouver nos esprits et commencer à voir poindre la lumière…

 

L’élection régionale se joue dimanche…

Personne n’avait vraiment le cœur à parler hier lors du Conseil Fédéral d’hier soir.

Pierre Desaintignon l’a fait.

Et sa sincérité m’a convaincu de sortir le papier de ma poche pour dire ça :

Je me dois tout d’abord de saluer, pour le féliciter, Pierre Desaintignon, qui a pris une décision qui permet au Parti socialiste de dire que « tout est perdu, for l’honneur ». Je mesure le sacrifice qu’il a fait au nom de l’intérêt général et qui le porte au niveau de Pierre Mauroy dans le sens des responsabilités (Pierre Mauroy qui a su en son temps renoncer à une candidature pour sauvegarder les intérêts de la gauche toute entière).
J’y insiste : qui peut croire que la gauche, que le PS se porteraient mieux si l’extrême droite dirigeait notre région ? ou même qu’on sauverait quelques meubles parce que nous aurions quelques élus dans une assemblée régionale dominée par l’extrême droite ?

Au-delà cette décision personnelle, le Parti Socialiste doit montrer qu’il la fait sienne en appelant clairement non pas « à faire barrage à l’extrême droite » (ce discours est inaudible) mais en invitant ses électeurs à voter Xavier Bertrand ;

Puisqu’il faut être bref :

- Dans l’analyse des causes, il nous faudra nous limiter aux causes endogènes.

Certes, il existe des causes exogènes (merci le reste de la gauche) mais ce ne sont pas elles qui nous ont conduit au résultat constaté hier dans le Nord, ne serait-ce que parce que NOUS avons mal réagi face à ces causes exogènes, et puis aussi, parce que c’est seulement sur ces causes endogènes que nous pouvons agir.

J’en appelle à la raison : je sais que chacun saura prendre ses responsabilités pour qu’ensuite nous ayons d’autres préoccupations que de couper des têtes quand il est tellement plus urgent de faire germer des idées. Est-il indispensable de chercher des coupables quand la priorité est de faire de nos idéaux une réalité ?

Dans les pistes de reconstruction, nous utiliserons au moins trois piliers :

1- Le gouvernement : si vraiment le rejet du gouvernement était une cause de la déroute, ce n’est pas un ministre qui enregistrerait le meilleur résultat, qui plus est dans la région des bonnets rouges.

2- Le renouvellement : paradoxalement, j’ajouterai que ce n’est pas une question de personne, ni d’âge mais de langage : notre langage ne parle plus qu’à nous : « vivre-ensemble », « territoires », le volapük de notre discours sert à produire des mots au kilomètre mais qui le comprend ?

3- L’engagement : on peut continuer à regretter la marine à voile et les bougies mais si nous n’inventons pas un programme d’idées qui entraînera une adhésion, nous continuerons d’échouer.

Il est temps maintenant de ne plus croire que ceux qui se prétendent plus à gauche que les autres ont raison : leurs résultats sont pires que les nôtres. Alors cessons de prétendre que les Français veulent « plus de gauche » quand on constate que ceux-là ne sont pas crus, quand surtout c’est l’extrême droite qui a le vent en poupe.

Je ne fais pas ici le donneur de leçons : j’ai pris ma part au fonctionnement de notre Parti tel qu’il a conduit au résultat d’hier.

Il y a un temps pour la colère, il n’y en a jamais assez pour travailler à l’apaisement. Six ans ne seront pas de trop pour rendre compte à nos concitoyens, faire nos preuves et, brique après brique, tout reconstruire patiemment, tout reconquérir ardemment.

J’ai dit six ans ? L’élection présidentielle se joue dans 18 mois, nous le savons.

ça va faire mal mais c’est le point de départ d’une nouvelle ère, parce qu’il va en falloir une sous peine de disparaître vraiment :

L’élection régionale se joue dimanche et j’irai voter Xavier BERTRAND.

Patrick Kanner : A tous ceux qui hésitent encore… Nous ne pouvons pas ruiner l’espoir!

En déclarant que je suis aussi Ministre de ceux qui ne sont pas Charlie, j’ai voulu rappeler qu’en démocratie on a le droit de ne pas être d’accord. J’ai aussi voulu rappeler que la République est une et indivisible.

Comme il le fait avec ses députés au Parlement européen, avec les élections départementales, le Front national ne cherche qu’une chose : mieux miner les collectivités au service d’un clan : la famille Le Pen.

A tous ceux qui hésistent encore je le dis : nous, citoyens français, nous n’avons pas le droit de baisser les bras, nous ne pouvons pas ruiner l’espoir!

Pour toutes les Roubaisiennes et les Roubaisiens, pour tous ces jeunes, toutes ces familles qui ont besoin de la solidarité entre tous les Nordistes, DES LE PREMIER TOUR, je vous appelle à voter pour Sadia Pamart et Renaud Tardy!

 

Patrick KANNER

Ministre de la Ville, de la jeunesse et des sports

René Vandierendonck : j’appelle à voter Renaud TARDY & Sadia PAMART dès le premier tour !

Comme ancien maire de Roubaix, ma plus grande joie est d’avoir achevé ce mandat sans que le Front national ne siège au conseil municipal. Ma plus grande déception, c’est de le voir revenir aux dernières municipales à cause de nos divisions.
Avant d’aller voter dimanche prochain, je tiens à témoigner de mon soutien total à Renaud Tardy et Sadia Pamart avec qui j’ai beaucoup travaillé, notamment sur les politiques petite enfance et handicap. Sadia incarne l’importante question de la rénovation des collèges et du plan éducatif départemental.
Dimanche prochain, mes concitoyens doivent savoir que le niveau de l’abstention et la nécessité de réunir 12,5% des inscrits pour être au second tour nous replacent dans la situation du second tour de la présidentielle de 2002.
Pour toutes ces raisons, et dans le droit fil d’André Diligent j’appelle mes concitoyens à se mobiliser dès le premier tour contre le Front national, en apportant leurs suffrages à Renaud Tardy et Sadia Pamart!

René VANDIERENDONCK
Sénateur du Nord

Roubaisien et Français, je suis à la fois Charlie et Roubaix

En 1914 les terroristes assassinèrent Jaurès, en 2001 ils anéantissaient les Twins towers, en 2015 ils tuent les dessinateurs… Les terroristes ne s’en sont ni pris au Président Français ni à la Tour Eiffel : ils s’en sont pris à Charlie Hebdo. Comme quoi, le monde change beaucoup plus vite que nos idées ! De son côté Roubaix qui se prenait encore pour une « ville monde » se trouve un peu plus chamboulée….

Qu’on le veuille ou non, c’est un fait aujourd’hui : les opinions se font et se défont à la vitesse de 140 signes par seconde. A ce rythme, les jugements se font à l’emporte pièce, les esprits s’échauffent, les gens se blessent, on ne prend plus le temps de la réflexion. Dans ce contexte donc, quoi de plus simple que de s’en prendre à la ville à la plus forte population d’origine musulmane de France? Quoi de plus facile que caricaturer Roubaix quand il s’agirait de se poser les vraies questions ?

Je l’assume totalement, je faisais partie des quelques milliers de lecteurs réguliers de Charlie Hebdo, je n’en tire aujourd’hui aucun orgueil, aucune fierté. Pour être franc, je préfèrerais me sentir parfois moins seul à lire aussi le Monde… Il en va en effet de la liberté d’expression, comme de l’art : on est d’accord ou pas, on trouve ça beau ou pas, on peut se dire que ça ne sert à rien et pourtant… c’est comme l’amour : c’est essentiel, il faut que cela puisse exister si nous voulons tenir en vie! Entre adoration et détestation, entre passion et raison, c’est tout cela qui nous aide à gérer nos propres contradictions…

En la matière, je crois qu’à Roubaix nous sommes champions. On y mange des kebabs-frites, on y croise tout autant des hommes en Nike et djellaba que des émigrés fiscaux qui font leur beurre avec pour slogan « la vie, la vraie ! » et la ville réputée comme « la plus pauvre de France » s’est rachetée un peu de fierté en reprenant à son compte le légendaire I love New York… Peut-être le temps est-il maintenant venu de proclamer haut et fort : je suis Roubaix !?

Si je suis en colère quand on s’en prend à la réputation de la ville que j’aime, si je suis blessé quand on caricature Roubaix, si j’en fais une question d’amour propre, c’est bien que quelque part je suis Roubaix. J’en suis convaincu : je suis Roubaix parce que je place ma confiance dans mes concitoyens. Aujourd’hui, plus que jamais, je suis Roubaix parce que je crois qu’avec sa fougue et son sens du combat collectif, ma ville dessine aujourd’hui les contours de la société de demain. Je suis Roubaix parce que pris par mes propres contradictions je revendique à la fois la Liberté de conscience pour chacun et la Fraternité indispensable à la survie de l’humanité. Je suis Roubaix parce qu’à l’exemple de l’espace public qui devrait réunir les quartiers, je crois qu’il n’y a possibilité pour ceux qui souhaitent exprimer des convictions religieuses de le faire que si on accorde une place suffisante à la laïcité. Je suis à la fois Charlie et Roubaix, parce que les caricatures dont on nous affuble doivent nous faire réfléchir sur nos propres préjugés ; parce que pour lutter contre toutes les situations de discriminations, en tant qu’hommes, en tant que femmes, nous avons de très sérieux progrès à faire en matière d’Egalité.

Enfin et surtout, je suis Roubaix parce que je n’ai pas peur de propager ces nobles idées !

Je suis Charlie, nous sommes Français!

Il est bien important ce Charlie capable de réunir à l’improviste 4 millions de personnes en France et dans le monde… Il doit bien rire de voir le Président russe condamner les actes terroristes et défiler au nom de la liberté d’expression, entre autres chefs d’Etats, ceux de Turquie et de Hongrie… Mais au delà de l’élan de mobilisation de ce 11 janvier 2015 serons-nous collectivement à la hauteur de nos nobles intentions? Car ne nous y trompons pas, les défis en matière de société, de sécurité et de diplomatie internationale sont colossaux à relever.

Soyons efficaces pour une fois et utilisons la meilleure arme qui soit, le rire, pour désamorcer d’emblée ceux qui avec leurs gros sabots commencent déjà à nous expliquer que sans eux, la sécurité point de salut et que pour défendre la Liberté, il suffit de mettre 30 gendarmes derrière chaque terroriste potentiel. En clair : si nous voulons un tant soit peu améliorer le monde arrêtons une bonne fois pour toute de baisser les yeux devant la première des fausses blondes qui soit et regardons Marine Le Pen pour ce qu’elle est : une pauvre fille à papa grotesque sans aucune solution ! Cela ne nous dédouane de rien, bien au contraire… Car, évidemment, en matière d’extrémisme politique et religieux, nous ne sommes pas arrivés là du jour au lendemain. Cette situation, c’est tous ensemble que nous, simples gens, acteurs de la société civile, élus, acteurs des médias, nous l’avons plus ou moins consciemment produite.

Parce que nous sommes capables du meilleur comme du pire et qu’au plan régional voire national nous sommes particulièrement observés, nous portons une grande responsabilité à Roubaix. C’est vrai pour ce que nous avons produit localement en bien ou en mal. Cela le sera tout autant pour ce que nous serons capables ou non de construire à l’avenir. Si à l’évidence il ne suffira pas d’organiser des ducasses ou de jouer les gendarmettes pour y parvenir, gardons nous bien, nous socialistes et roubaisiens de gauche, de nous poser en donneurs de leçons. En nous illustrant régulièrement dans la presse par notre capacité à nous déchirer comme des chiffonniers, nous sommes bien mal placés pour donner à nos concitoyens de grandes leçons de Fraternité… Je vous le dis comme je le pense : si nous voulons être un tout petit peu utiles à quelque chose dans cette histoire, avant de nous prendre pour ce pourquoi les électeurs ne nous font plus depuis bien longtemps confiance, nous ferions bien, à notre tout petit niveau, de mener une sérieuse autocritique.

Déjà fleurissent me semble-t-il quelques questions qui devraient préoccuper sinon le commun des mortels, tout au moins la société civile, les élus toutes opinions politiques confondues et les médias locaux :

De quel tabou sommes nous collectivement frappés à systématiquement vouloir répondre par le procès en diffamation ou le déni dès lors que quelqu’un critique un tant soit peu Roubaix ?

Dès que nous sommes investis d’un mandat, n’aimons-nous donc plus assez nos prochains pour ne parler que de quartiers ou de territoires quand les gens ne souhaitent qu’une chose : que nous nous préoccupions d’eux?

Quelle prétention bien roubaisienne nous habite quand nous nous autoproclamons « ville monde » et qu’il suffit de deux paumés pour tenir tout un quartier?

Quelle paresse intellectuelle nous frappe quand nous déclamons « nous sommes riches de notre diversité » alors qu’il suffit d’ouvrir les yeux sur l’espace public pour voir que l’égalité femme-homme et la laïcité sont loin d’être une réalité ?

Avons-nous donc tellement renoncé à la politique pour nous gargariser à grands coups de vivre ensemble quand nous ne devrions rien céder sur toutes les petites compromissions qui minent la liberté et la fraternité ?

La liste est ouverte et j’invite l’ensemble de mes concitoyens enthousiastes et mes camarades de gauche à la faire sienne. J’invite chacun à la vigilance et à balayer devant sa porte avant de se poser en donneur de leçon. Une seule chose est sûre, il nous faut réapprendre à nous faire confiance au delà des divergences de points de vue pour aller au seul combat qui vaille : celui pour la Liberté, l’Egalité et la Fraternité. Commençons par le commencement, réapprenons à parler et à conjuguer : je suis Charlie, tu es différent, il et elle sont égaux, nous sommes français !

On ne gagne pas à récupérer !

Il y a d’abord les indécrottables pour lesquels on ne peut malheureusement rien, ceux qui pensent que se garer n’importe où avec une grosse bagnole est un attribut du pouvoir. Ceux qui pensent que le social c’est pour les femmes, vous savez… ces êtres maternants qui servent à faire des enfants et que l’on vire à la première occasion au prétexte d’être trop sensibles et compatissants dès lors qu’il s’agit de faire preuve d’un peu d’humanité…

Il y a ensuite ceux que l’on croyait ancrés dans les réalités économiques et qui nous surprennent à prendre fait et cause pour le NAME en voulant le récupérer à Roubaix. Ceux-là réalisent-ils que ce n’est pas un cadeau tombé du ciel ? Je sais de quoi je parle, j’en suis politiquement parlant le père! Savent-ils que mon bébé ne vit que parce que la gauche au Conseil Général le soutient depuis le début et que l’UMP Nordiste (l’Union pour le Nord pour les biens pensants) depuis plus de dix ans, chaque année, demande sa peau sans jamais y avoir tendu l’oreille ?

Et puis il y a ceux qui veulent tout sans rien vouloir perdre et qui se pensent rusés à nous faire croire qu’ils sont de gauche (parce qu’être de gauche ça fait toujours bien quand on exerce des responsabilités dans l’enseignement, la culture et la communication), ceux-là affichent fièrement leur carte mauve de l’UDI ou sont collaborateurs directs de membres de l’UMP après avoir revendiqué une place auprès des élus socialistes… On voudrait nous faire croire à un système UMPS que ceux là verraient à peine où se situe le problème !

Il y a encore ceux qui récupèrent l’Europe XXL de Lille3000 pour mieux camoufler l’absence d’idées. Si seulement il suffisait de rebaptiser la revue municipale « RoubaixXL » (en la réduisant de moitié), pour faire une ligne éditoriale ça se saurait ! Alors vous pensez bien… nous convaincre du bien fondé, nous prouver l’intérêt, nous expliquer le projet de la municipalité…

Et puis, il y a les plus stupéfiants, ceux là n’ont absolument aucun scrupule à passer du PS à l’UMP, ils s’autoproclament représentants de la société civile quand ils sont élus ou employés par la collectivité ! Je dois avouer qu’en 35 ans de vie politique, j’ai rarement vu le clientélisme aussi bien institué ! Voilà la triste réalité aujourd’hui à Roubaix, deuxième ville du Nord et de la Région Nord Pas-de-Calais, ils sont élus de la majorité, ils cherchent d’une façon ou d’une autre à rattraper un mandat bien mal engagé. Certains d’entre eux ne cherchent égoïstement qu’à profiter.

…Pendant ce temps là, les bruns et bleus marines abandonnent les villes où ils se sont fait élire. Comme disait la mère de Cavanna : « bon vent, la paille au cul et l’feu d’dans !».

Alors oui, quand on est sincèrement de gauche on ne peut qu’être attristé devant tant de talents gâchés, en rage avec tous les Roubaisiens oubliés et alarmés face à une telle réalité. Je ne vous resservirai ni les plats froids, ni les idées périmées mais quand on est vraiment de gauche on ne cherche pas à profiter : on se consacre à créer, on se dépense à inventer, on travaille à innover et surtout on tente collectivement de mieux redistribuer ! Alors oui toujours et encore, face à des élus municipaux qui courent sans tête, alors que se profilent pour les prochains mois les élections départementales et régionales, je vous le dis : « Nous, socialistes, gens de gauche réunis, Roubaisiennes, Roubaisiens, Nordistes, ensemble nous avons tout à gagner pour reconstruire les choses autrement, mieux partager, vraiment ! ».

quand le Département va…

Ce lundi 20 octobre je suis intervenu en assemblée plénière du Conseil général pour l’approbation du Plan d’actions du contrat d’aménagement et de développement durables de l’arrondissement de Lille préparé par Martine Filleul…
Ceux qui me connaissent savent toutes les précautions que je peux prendre dès lors qu’il s’agit de parler d’aménagement du territoire tant le risque est grand de manier de grands concepts qui ne rassurent au final que les spécialistes. Le danger c’est de laisser les citoyens livrés à leur propre conviction que les élus ne peuvent de toute façon rien pour changer le cours des choses comme si l’avenir n’était qu’une succession d’incohérences, d’imprévus et d’accidents, pour ne pas dire une fatalité !
Il fut un temps où la population tenait pour planche de salut le fait que « quand le bâtiment va tout va » et les collectivités, emboitant le pas aux services de l’Etat, aménageaient le territoire en « disposant des équipements structurants » en maillant le territoire à part égale, à grands tracés d’infrastructures et de plans tirés sur la comète. Nous avons bien évolué, mais je ne suis pas certain que nous en soyons tous totalement revenus. Mêmes nos tentatives de replâtrage à grands coups de « vivre ensemble » de ce que l’on appelait autrefois les « grands ensembles » commencent à ne plus faire illusion… Cela ne parvient pas à cacher des fractures sociales toujours plus béantes. Peut-être ne savons-nous pas dire les choses suffisamment simplement ?
Pire, il nous faut maintenant lutter contre la tentation d’une part de plus en plus importante de la population qui, face aux incertitudes de notre monde, ne voit plus de solution que dans le rétrograde, le repli sur soi, vous voyez… quand c’était beaucoup mieux avant, quand ça fleurait bon le terroir, quand tout le monde marchait à pas cadencé bien en rang…
Mais voilà, heureusement, le monde d’aujourd’hui ne fonctionne plus comme ça : il y a belle lurette qu’on ne distingue plus les Nordistes des villes et les Nordistes des champs! Nous vivons dans un monde toujours plus complexe, dans une société de plus en plus réactive. Nous réalisons que l’existence même de l’institution départementale n’est plus aussi sûrement acquise, alors vous pensez bien… arrêter des plans à l’avance pour le bien des administrés et promettre leur réalisation comme si elles devaient se dérouler de façon mécanique… Peut-être devons nous apprendre à parler plus franchement ? C’est ça le grand mérite du travail que Martine Filleul nous propose aujourd’hui : il sait composer entre grandes ambitions et petites attentions. Il ne cède jamais aux certitudes. Surtout, il se garde bien de toute prétention.
Valider aujourd’hui le Plan d’actions du Contrat d’Aménagement et de Développement Durable de l’arrondissement de Lille c’est donc tout sauf une formalité administrative ou une décision définitive. C’est juste la preuve vivante que l’on peut travailler de la même manière, dans le Cambrésis et en métropole lilloise, dans le même dialogue entre collectivités, services de l’Etat, organismes consulaires et la société civile en général.
Alors oui, certains feront remarquer qu’il y a quand même dans ce plan des projets d’investissement lourds qui ne « nous » concernent pas. Je pense au soutien au déploiement du réseau Très Haut Débit ou au doublement de la capacité du métro de la métropole… Mais le Département n’est pas un dinosaure incapable de s’adapter à son temps, c’est un organisme vivant, constitué de Nordistes conscient d’évoluer dans un écosystème en pleine évolution fait de lobbys, d’organismes consulaires, de collectivités parsemées de compétences et de découpages administratifs… Il agit, il s’adapte en avançant, il pense résolument à l’avenir de ses habitants.
Il ne vous aura pas échappé que, dans le contexte de la réforme territoriale, la portée de ce plan consacré à l’arrondissement de Lille est donc tout à fait symbolique. Qu’il se nomme Nord, Nord Pas-de-Calais Picardie, Eurométropole, Aire métropolitaine de Lille ou que sais-je encore, l’ensemble des espaces de vie quotidiens que partagent les Nordistes, pour être édifiés en collectivité ont besoin d’une clé de voûte fiable. Qu’on le veuille ou pas, c’est un fait, c’est la métropole lilloise.
J’inverserai même le propos en prétendant à l’inverse qu’il n’y a d’ailleurs aucune raison que les Nordistes de la métropole fassent l’objet de moins d’attention de la part du Département. Je ne veux citer en exemple de cela qu’une seule des 1039 actions et des 126 projets départementaux proposés et rigoureusement agencés dans ce projet. C’est sans doute celui qui peut paraître le plus anecdotique. Il est pourtant essentiel. C’est le soutien technique du Département pour qu’un médiateur puisse lire des albums sur l’aire d’accueil des gens du voyage à Mons en Baroeul. Voilà… je ne vous fais pas de théorie sur l’effet papillon dans le développement durable… Je constate l’utilité de tous les projets retenus, quelle que soit sa situation, quelle que soit sa dimension.
Alors évidemment ceux qui pensent encore qu’aménager le territoire se résume à additionner les kilomètres de routes départementales en resteront pour leur frais…
Je vous le dis, au final, l’important aujourd’hui, c’est de signer un contrat moral entre tous les Nordistes, quelles que soient leurs origines ou leurs aspirations. Quelles que soient les postures de principes et les grandes déclarations. Notre projet n’a pas d’autre prétention que de faire attention à son prochain, composer avec son voisin, s’accorder à regarder le même horizon demain, dans 1 an, dans 3, 6 ans (et c’est déjà bien loin !).
Fort de cette conviction, vous me permettrez de m’approprier un slogan porté autrefois à Lille métropole par Pierre Mauroy : je dirais que plus encore qu’un document qui nous « rassemble », c’est surtout (et c’est bien là l’essentiel) un document qui nous « ressemble » ! … dans toute notre diversité, nos sensibilités… et nos contradictions…
Au delà de nos appartenances politiques, en nous reconnaissant tous dans ce projet en tant que modestes représentants nordistes puissions-nous donc rendre confiance à nos concitoyens afin qu’ils puissent penser, sinon dire, « quand le Département va, tout va ! ».

Seconde partie : bien dire les choses pour mieux les changer!

« Mal nommer les choses, c’est ajouter à la misère du monde » disait Albert Camus. Nous, socialistes, n’en sommes visiblement pas suffisamment conscients. Nous devons commencer par parler autrement aux Nordistes et aux Français.

Dans nos pratiques militantes tout d’abord: que peut évoquer, même pour un militant moyennement intéressé, les termes de « section », de « comité de section », « d’assemblée d’arrondissement »? Leur existence exactement calquée sur des limites municipales dont nous affirmons par ailleurs qu’elles sont dépassées pour agir au plus juste est une manifestation de notre repli sur des pratiques totalement dépassées.

La dimension municipale des réunions de militants socialistes est en outre un facteur d’une paralysie dans nos comportements : des « baronnies » se sont créées, et les élus, souvent le Maire, bien sûr, ont plus à cœur de « contrôler leur section » que d’y faire vivre le débat. Arrêtons-nous un instant sur les ravages que peuvent faire dans les esprits les pratiques rituelles d’achat de cartes… Il faut aussi se poser la question des dégâts provoqués par notre habitude (manie?) de poser comme principe décisionnel « qui ne dit mot consent ». Nous devons intégrer dans nos règlements intérieurs le vote effectif sur les mesures proposées.

En politique il n’y a pas de parole sans action! Et c’est bien la clé du problème. Le renouveau n’est pas une question de personnes. C’est peut-être une particularité de ma section roubaisienne, mais depuis que le mot d’ordre permanent est « la parole aux militants », il n’y a plus de production d’idées à Roubaix.

S’il est évidemment essentiel que les militants puissent s’exprimer, l’important c’est que ceux qu’ils ont désignés comme responsables travaillent cette parole pour dépasser le brouhaha, les boniments, poser les bonnes questions, repérer les propositions et mettre en forme cette expression. Il faut faire preuve d’un peu d’intelligence collective pour entendre ce qui est dit, construire le discours, le traduire en actes. Il en va dans le Nord comme à Roubaix : pour mettre fin aux petits potentats, il faut non seulement dépasser les limites communales pour organiser le PS, mais il faut encore quela Fédérationdevienne … une Fédération qui ne craigne pas de dire les choses pour avancer des initiatives, donner des directives, intervenir dans les sections, bref donner une cohérence et du sens à l’ensemble du travail des militants Nordistes.

En politique, il n’y a pas d’action sans parole non plus ! C’est une question centrale de notre époque: la communication. Le langage des socialistes ne parle plus. Il ne se comprend plus. Ne nous étonnons donc pas qu’il ne soit pas écouté ! Nous parlons aux citoyens comme un formulaire administratif. Nous devons changer de discours. A titre de mauvais exemple, pour obtenir un « chien d’aveugle », il faut solliciter « une aide animalière ». A titre de bon exemple, les « états généraux », tout le monde sait ce que ça veut dire … mais c’est justement une terrible responsabilité que nous avons d’en faire sortir quelque chose qui démontre que ce n’est pas seulement un nuage de poussière.

Evidemment, la communication doit mieux intégrer la question des réseaux sociaux, encore mal appréhendée par beaucoup. Il n’est pas question de s’en féliciter ou de le regretter, mais c’est une dimension actuelle qui s’impose à l’ensemble de la société. Les tracts toutes boîtes ne rassurent guère que les militants, c’est une pratique connue, mais pour quelle efficacité? (les études disent 1 pour mille). Nous devons nous former à l’utilisation de ce mode d’expression qui n’en est qu’à ses débuts.

Les débats de Congrès ne doivent pas être une guerre contre un ennemi qu’on veut pulvériser, avant, pendant et après: c’est un moment ouvert qui permet de fixer, étape par étape, notre objectif. Le temps du Congrès terminé, chacun dans le Parti doit en accepter les conclusions, même si elles ne sont pas celles qu’il attendait, ce qui est loin d’être le cas actuellement. Regardons la réalité en face : combien de départs dus à l’après-congrès ? Je ne reparle pas des cartes sollicitées pour l’occasion. Nous devons impérativement cesser les comportements guerriers ! Pour gagner le respect de nos concitoyens, nous devons commencer par apprendre, entre camarades, à nous respecter.

Des mesures d’avenir, oui, mais en les construisant autrement ! Tout le monde a compris que le changement, ce ne serait pas pour maintenant, mais ça ne veut pas dire que c’est pour jamais. Pourquoi donc un tel déficit d’action et d’anticipation politique ? Notre culture de l’unilatéral se traduit par un volontarisme politique asséné qui, au fond, ne règle pas grand-chose. Le problème dépasse ce seul cadre. La société française débat mal avec elle-même. La conscientisation et la compréhension des sujets urgents existent, mais elles ne se transcrivent pas en capacité d’action. Nous devons impérativement développer la transition maîtrisée : expliquer le bien fondé, en réalisant les choses par étapes successives. Faisons des choix, inscrivons des cheminements, gérons un agenda collectif à court et moyen terme, un an, cinq ans ou dix ans… Construisons collectivement. Risqué ? Sans doute… Dans un discours historique Teddy Roosevelt déclarait :

« Le vrai crédit va à celui qui se trouve dans l’arène, le visage sali de poussière, de sueur et de sang, luttant courageusement. Celui qui commet des erreurs, se trompe plusieurs fois mais qui, à force d’obstination, finit par réussir, car il n’existe pas d’effort sans erreur ».

Trouvons donc le courage de nous regarder droit dans les yeux et faisons l’effort de décrasser nos idées. N’ayons pas peur de faire de nos idéaux des réalités. A l’austérité, imposons la diversité, elle est à la source la liberté de l’égalité et de la fraternité !

Première partie : Ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est!

La Fédération du Nord du Parti socialiste a lancé cet automne ses Etats généraux, manifestant par là une volonté de donner un nouveau rythme à un élan militant qui, il faut le reconnaître, s’est cassé les dents sur les élections municipales et européennes. Je veux vous faire connaître ma réflexion.

Les Socialistes ne peuvent pas rester sans réagir aux lourdes défaites enregistrées aux élections municipales et européennes, ni au rejet de la politique en général et de la politique menée par le gouvernement ! Nous constatons bien que même le récent changement de gouvernement n’a pas de prise sur ce que l’on peut qualifier au mieux de désintérêt, au pire de véritable détestation. Pour que l’expression et l’action du Parti Socialiste soient en phase avec les attentes des Nordistes et des Français, il faut tout d’abord accepter d’ouvrir le débat. Malgré notre faiblesse actuelle, nous gardons une force: nous restons le Parti qui crée encore une attente de la part de nos concitoyens.

Si beaucoup de militants quittent le Parti, c’est plus en ne renouvelant pas leur adhésion qu’en le quittant avec fracas. Le PS reste une force politique capable de dessiner un avenir, de proposer une perspective autre que la seule gestion des affaires publiques ; ce qu’il sait bien faire par ailleurs. La faiblesse du PS est l’exact reflet inversé de sa force: quoiqu’il puisse être une force de proposition, il n’exerce plus ce rôle depuis longtemps, ses responsables, ses élus, ses décideurs se retranchant trop souvent derrière la complexité du monde actuel pour s’interdire d’être innovants.

Je vois d’ailleurs dans les préoccupations des états généraux de la Fédération du Nord du Parti Socialiste un indice de cette frilosité: « construire des digues ». C’est justement là que nous ne devons pas aller: ceux qui nous écoutent encore ne veulent pas de digues. Les digues se contournent, voire se brisent sous la pression. C’est une « ligne Maginot » dont on connait trop bien l’inefficacité. La valeur dont les socialistes peuvent être le plus fiers, c’est bel et bien l’article 1er de la déclaration de principes:

« Etre socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est, c’est vouloir changer la société. L’idée socialiste relève à la fois d’une révolte contre les injustices et du combat pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine ». Aujourd’hui, qui le sait ?

Le PS doit se renouveler, mais il ne doit pas abandonner ses fondamentaux. Il doit être fier et conscient de l’héritage qu’il apporte aux français. Il doit s’affirmer comme LA force politique capable de faire avancer la société.

Dans une crise mondiale, il est tentant de se recroqueviller sur des acquis sociaux. C’est normal, mais ce n’est pas porteur d’espoir. Pourtant, nous nous inscrivons dans un mouvement progressiste mondial. C’est le PS qui a porté, qui a mis en œuvre toutes les dernières avancées sociales dans notre pays et je ne cite ici que les plus récentes: la création dela Banque publique d’investissement, l’augmentation du RSA, l’augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire, la sortie de l’impôt sur le revenu de 4 millions de ménages,  la création de 100 000 places de crèches, la taxation des très hauts revenus, l’abrogation du décret qui facilite l’accès à la profession d’avocat aux parlementaires et anciens ministres, la création de 60 000 postes dans l’éducation nationale, les création de postes dans la police nationale, la justice et la gendarmerie, l’élévation à 25% du taux de construction obligatoire de logements sociaux dans les communes, le financement de la sécurisation des parcours professionnels axé sur les publics les plus fragiles, les moins formés et les chômeurs et j’en passe…. Les 35 heures restent également une avancée sociale dont nous pouvons être fiers ! Le bilan est donc bon, affirmons-le, rappelons-le. C’est donc autre chose qui cause ce désintérêt pour un parti qui porte le progrès social….