L’élection régionale se joue dimanche…

Personne n’avait vraiment le cœur à parler hier lors du Conseil Fédéral d’hier soir.

Pierre Desaintignon l’a fait.

Et sa sincérité m’a convaincu de sortir le papier de ma poche pour dire ça :

Je me dois tout d’abord de saluer, pour le féliciter, Pierre Desaintignon, qui a pris une décision qui permet au Parti socialiste de dire que « tout est perdu, for l’honneur ». Je mesure le sacrifice qu’il a fait au nom de l’intérêt général et qui le porte au niveau de Pierre Mauroy dans le sens des responsabilités (Pierre Mauroy qui a su en son temps renoncer à une candidature pour sauvegarder les intérêts de la gauche toute entière).
J’y insiste : qui peut croire que la gauche, que le PS se porteraient mieux si l’extrême droite dirigeait notre région ? ou même qu’on sauverait quelques meubles parce que nous aurions quelques élus dans une assemblée régionale dominée par l’extrême droite ?

Au-delà cette décision personnelle, le Parti Socialiste doit montrer qu’il la fait sienne en appelant clairement non pas « à faire barrage à l’extrême droite » (ce discours est inaudible) mais en invitant ses électeurs à voter Xavier Bertrand ;

Puisqu’il faut être bref :

- Dans l’analyse des causes, il nous faudra nous limiter aux causes endogènes.

Certes, il existe des causes exogènes (merci le reste de la gauche) mais ce ne sont pas elles qui nous ont conduit au résultat constaté hier dans le Nord, ne serait-ce que parce que NOUS avons mal réagi face à ces causes exogènes, et puis aussi, parce que c’est seulement sur ces causes endogènes que nous pouvons agir.

J’en appelle à la raison : je sais que chacun saura prendre ses responsabilités pour qu’ensuite nous ayons d’autres préoccupations que de couper des têtes quand il est tellement plus urgent de faire germer des idées. Est-il indispensable de chercher des coupables quand la priorité est de faire de nos idéaux une réalité ?

Dans les pistes de reconstruction, nous utiliserons au moins trois piliers :

1- Le gouvernement : si vraiment le rejet du gouvernement était une cause de la déroute, ce n’est pas un ministre qui enregistrerait le meilleur résultat, qui plus est dans la région des bonnets rouges.

2- Le renouvellement : paradoxalement, j’ajouterai que ce n’est pas une question de personne, ni d’âge mais de langage : notre langage ne parle plus qu’à nous : « vivre-ensemble », « territoires », le volapük de notre discours sert à produire des mots au kilomètre mais qui le comprend ?

3- L’engagement : on peut continuer à regretter la marine à voile et les bougies mais si nous n’inventons pas un programme d’idées qui entraînera une adhésion, nous continuerons d’échouer.

Il est temps maintenant de ne plus croire que ceux qui se prétendent plus à gauche que les autres ont raison : leurs résultats sont pires que les nôtres. Alors cessons de prétendre que les Français veulent « plus de gauche » quand on constate que ceux-là ne sont pas crus, quand surtout c’est l’extrême droite qui a le vent en poupe.

Je ne fais pas ici le donneur de leçons : j’ai pris ma part au fonctionnement de notre Parti tel qu’il a conduit au résultat d’hier.

Il y a un temps pour la colère, il n’y en a jamais assez pour travailler à l’apaisement. Six ans ne seront pas de trop pour rendre compte à nos concitoyens, faire nos preuves et, brique après brique, tout reconstruire patiemment, tout reconquérir ardemment.

J’ai dit six ans ? L’élection présidentielle se joue dans 18 mois, nous le savons.

ça va faire mal mais c’est le point de départ d’une nouvelle ère, parce qu’il va en falloir une sous peine de disparaître vraiment :

L’élection régionale se joue dimanche et j’irai voter Xavier BERTRAND.

Les hommes politiques ne sont pas des super-héros

Comme vous, je n’en reviens pas qu’un homme politique à une telle fonction ait pu nous mentir aussi effrontément… Mais, d’une certaine manière, ne sommes nous pas tous responsables?

En d’autres circonstances n’avons-nous pas voulu croire que l’on pouvait devenir Président de la République en niant ses vieux démons ? … n’avons-nous pas eu la faiblesse de croire qu’un responsable de parti puisse plaire à tout le monde ? … n’acceptons nous pas par facilité qu’un élu puisse prétendre porter un projet collectif quand son avenir est derrière lui… ?

A nous laisser aller à l’idée que les hommes et les femmes politiques puissent être des super-héros nous ne pouvons qu’engendrer notre propre insatisfaction et alimenter, quand la vérité éclate au grand jour, le « tous pourris »… C’est pour cela que prétendre dominer la ville-monde, se croire au dessus des lois, avoir la jeunesse éternelle ou se rêver adulé par des cohortes de fans sont autant d’impostures politiques !

Être un grand homme politique, de mon point de vue :

C’est avoir de l’envergure au sens où, par ses expériences professionnelles, la diversité des mandats politiques menés à bien, l’éclectisme de ses centres d’intérêts personnels, la durabilité de ses amitiés, une personne est capable de mobiliser la collectivité au-delà des clans et des camps. C’est une condition indispensable pour à la fois faire autorité et engendrer ainsi de l’empathie (l’inverse de l’autoritarisme exaspérant des petits).

C’est avoir la hauteur de vue qui permet de « prendre la mesure de », dépasser les clivages et être légitime pour incarner l’intérêt collectif (démarche inverse à ceux qui chopent le melon, qui savent ce qui est bon pour les autres en brandissant de grands mots tels que la laïcité ou le vivre ensemble comme autant d’étendards pour mieux évacuer les vrais problèmes et la difficile réalité du quotidien).

C’est avoir le courage de se battre contre la facilité qui consiste à dire «amen» à tout en se défaussant de tout sous prétexte de participation des habitants et, au final, faire « à la place de » avec l’argent des autres.

Non, pour moi, faire de la politique c’est simplement «faire avec les gens, faire avec optimisme, dans l’intérêt général».

« Faire avec » c’est l’inverse de « faire semblant », c’est-à-dire composer avec la diversité des opinions politiques dans les espaces prévus à cet effet : à commencer par un conseil municipal.

Avec optimisme, parce que l’horizon collectif se situe naturellement plus haut et plus loin que le pas de la porte de chacun et que notre condition humaine ne nous donne pas d’autre choix que de nous surpasser.

Dans l’intérêt général, parce qu’accéder à la fonction de Maire, de Ministre, de Président ce n’est pas une revanche personnelle sur la vie, c’est la victoire d’une collectivité.

Pour ceci, je pense qu’il y a de la grandeur dans les propos d’un Michel-François Delannoy qui reconnaît que Lille métropole a fait erreur au sujet des Roms. Pour cela aussi je pense que ceux qui affublent le Président de la République d’un « Monsieur Bricolage » n’ont rien compris aux enjeux politiques d’aujourd’hui.

Oui, définitivement oui! nous devons trouver le courage d’être honnêtes avec nous-mêmes : Clark Kent force davantage le respect qu’un Superman. Avouons le, il y a un âge pour tout, plus encore en politique que dans la vraie vie. Il est venu le temps pour les élus de ne plus « se la raconter ».  Il ne sont pas des super-héros !

Il n’y a que les abrutis qui ferment leur gueule : casse toi pôv con!

Rassurez-vous, ce n’est pas parce que la France vient d’être une nouvelle fois
condamnée par la Commission Européenne des Droits de l’Homme pour atteinte à la liberté d’expression que, sur un coup de tête, je viens de décider de manifester dans les rues de Roubaix avec une pancarte « Casse toi pôv’con ! ». Simplement, cette décision qui vient de donner raison au berger qui ne faisait que répondre au mari de la bergère, me raffermit dans ma conception de la liberté d’expression en politique.

Elle est bien loin l’année 1967, quand j’avais 4 ans, quand eut lieu le dernier duel officiel de l’Histoire de France : Jean de Lipkowski défendait son honneur à l’épée contre Gaston Defferre qui l’avait traité « d’abruti »… La société a bien évolué depuis et il n’est plus besoin, heureusement, d’en arriver à de telles extrémités pour se faire respecter et faire respecter ses idées ! Outre les médias traditionnels, avec les réseaux sociaux, blogs et autres sites internet, les citoyens commentent, s’expriment, finissent par se modérer mutuellement, pour mieux se faire une opinion…

C’est pour cela que les noms d’oiseaux sifflés dans les couloirs et les bordées
d’injures entendues via la télé sur les bancs de l’Assemblée nous paraissent si
grotesques. C’est pour cela aussi qu’on ne fait plus de propagande comme on
faisait la réclame des années 60 et qu’on ne conçoit plus la communication politique comme l’inventaient les « enfants de la pub » de la génération Mitterrand. C’est pour cela aussi que les élus qui vivent avec leur temps savent la nécessité de moduler leur propos en fonction de l’audience du média par lequel ils s’expriment. Aujourd’hui un homme politique (et c’est malheureusement davantage encore plus vrai quand on est une femme) n’est audible que s’il peut valider sans la moindre faille et à tout instant, la justesse de ses différents propos par son comportement, sa présence, ses engagements tant dans sa vie privée, professionnelle, qu’en société.

C’est pourquoi enfin, pour convaincre les Roubaisiens de « bien vivre ensemble » il faut que les élus soient bien dans leurs baskets ! Il faut qu’ils puissent ne pas avoir peur de parler de tout, sans tabou, sans jugement de valeur, sans chercher à plaire et être obligés de dramatiser à tout bout de champ parce que ce sont là les signes d’une saine démocratie ! Exprimer clairement mes idées, expliquer sincèrement mes opinions, avancer des projets sans fausse modestie, avoir de l’ambition pour les hommes et les femmes de Roubaix, c’est ce que je vous propose. C’est, je crois, le moins que je puisse faire quand je prétends vous convaincre de m’apporter votre suffrage. Parce que j’ai de la prétention pour vous, Roubaisiens, Nordistes, et que je suis ambitieux pour moi-même que je peux l’affirmer : j’ai pour moi la franchise, cette capacité à construire dans la durée une relation honnête avec mes interlocuteurs et mes concitoyens, cette condition essentielle pour avoir et faire confiance. C’est ce à quoi je me tiendrai si vous m’accordez la vôtre.

Alors, simple relai de la majorité dont il fait partie ou libre expression de ses opinions personnelles ? Chevènement avait théorisé la liberté d’expression d’un élu en déclarant haut et fort: « un Ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne ! ». Pour ma part, je me contenterai de vous écrire en caractère gras ce que je pense : un élu qui ferme sa gueule, c’est un élu qui démissionne !

Et si on évitait d’insulter les Roubaisiennes ?

Le 8 mars c’est la journée du droit des femmes. Qui s’en souvient encore aujourd’hui, moins de 8 jours plus tard? Notre société a ceci d’exaspérant qu’on affiche et puis on oublie… L’agitation prend le pas sur l’action, le sensationnel l’emporte sur l’engagement dans la durée et la mobilisation se dégonfle aussitôt la date passée. Emportés par notre besoin de nous rassurer mutuellement, nous nous mobilisons instinctivement, le marketing aidant, notre paresse intellectuelle nous trompant, la journée du droit des femmes se recycle insidieusement en une « journée des femmes » que l’on se doit de ne pas oublier, comme la Saint-Valentin ou la Fête des mères… avec le même lot d’allusions plus ou moins fines dont la moins grave est peut être :  »alors le reste de l’année c’est pour les hommes?  »

Attention à nous ! Derrière les bons sentiments d’une journée, se cache l’implacable réalité : à Roubaix, 1 famille roubaisienne sur 4 est constituée d’une femme qui élève seule ses enfants ! 10% des mères de familles roubaisiennes ont 4 enfants ou plus.
A Lille elles ne sont que 4 sur 100. Cela explique peut être pourquoi à Roubaix, entre 25 et 54 ans, 1 femme sur 2 est sans emploi quand le taux est de moins d’une sur 3 à Lille. En tout cas, ce n’est certainement pas qu’un problème de formation…

Je ne sais pas si, comme dit la chanson, la femme est l’avenir de l’homme, en tout cas, Roubaix n’aura d’avenir que si nous, les socialistes, savons donner un avenir aux Roubaisiennes. Cela commence par un programme de lutte contre les clichés sexistes dès l’école maternelle -oui, dès l’école maternelle!-, le développement de lieux telle que la Médiathèque où les filles puissent sereinement se cultiver hors du regard des grands frères, dénoncer avec les associations les mariages forcés, avec le Département agir pour le droit des femmes à disposer de leur corps… Bref, mettre les femmes en situation de s’emparer de ce que beaucoup considèrent souvent comme des attributs  »typiquement masculin ».

Ce projet, c’est l’exact inverse de l’affichage démagogique, et si l’on rêve toujours d’une femme Présidente de la République et d’un homme Ministre du droit des femmes on peut certainement éviter d’insulter les Roubaisiennes en ne déclarant pas : « moi élu, Maire, Président d’association, etc. je prendrai une femme pour suppléante, première adjointe ou assistante… »

A table Citoyens !

J’aime le cheval, tu ne manges pas de porc, elle ne mange pas à sa faim…

La démocratie est aux politiques ce que la table est aux cuisiniers : un exercice exigeant. Un mets réussi c’est avant tout un subtil mélange d’ingrédients et de savoir-faire. La recette : une question de tempo et de juste équilibre.

Afin que les Nordistes soient mieux impliqués dans le processus démocratique, le Chef de l’institution départementale, Patrick Kanner, a souhaité mettre en place les conseils cantonaux de concertation. C’est une invitation à laquelle nous avons su répondre bien volontiers à Roubaix puisque Mehdi Massrour, Conseiller général de Roubaix Est et Alain Faugaret, Conseiller général de Roubaix Nord, ont accepté de me rejoindre à table.

Avec la trentaine de citoyens qui se sont proposés, nous allons nous retrouver « entre convives », ce samedi 9 mars au Collège Jean Lebas pour réfléchir, réagir, formuler des propositions qui concernent l’action du Département à Roubaix et Wattrelos. La solidarité et le progrès seront les principaux ingrédients d’une recette qui, je l’espère, va satisfaire les appétits de démocratie de proximité.

Demain pour le Département, à l’occasion des conseils et des comités de quartier, à la section du parti socialiste, au conseil municipal… refusons la soupe à la grimace, choisissons bien nos ingrédients, passons à la cuisine en évitant de mettre les pieds dans le plat, pas de tambouille, préparons et respectons les temps de cuisson pour que les 100 000 convives Roubaisiens apprécient le menu.

Appétit socialiste !

La distance, cette marque de respect que l’on doit aux Roubaisiens !

Nous les Roubaisiens, nous savons de quelle laine sont faits les moutons et de retour de vacances d’hiver il me revient à l’esprit cette bonne vieille affiche pour la sécurité routière…


Ma foi oui ! Il en va sur les autoroutes comme sur les ponts aux ânes : pour arriver à bon port l’important c’est, je crois, de garder la distance critique… Respecter les distances, c’est considérer l’autre comme un égal, accepter sa liberté d’agir en tant qu’individu responsable, c’est surtout reconnaître l’importance de ce qui nous sépare comme essentielle pour arriver tous ensemble à bon port.

A vouloir rouler trop vite, trop près, les perspectives se révèlent vite des trompe l’œil et le pouvoir d’agir une illusion. Quand on ne réalise plus que le débat a cédé la place aux tempêtes de bénitiers c’est que l’intelligence collective est en mauvaise passe, on est à deux doigts de confondre droit de vote et tour de passe-passe. Ma ligne de conduite, elle, tient à cette distance qui me permet d’être au clair entre l’intérêt collectif et le bien particulier, de conduire avec raison face à l’élan des sentiments. L’exercice est d’autant plus exigent pour nous, les socialistes, que la distance entre camaraderie et copinage est infime. Elle fait pour moi toute la différence : c’est celle qui m’évite de confondre la place publique avec une poubelle et l’action politique avec une mauvaise sitcom.

Les Roubaisiens sont grands. Nous, les élus, nous sommes tout petits. Alors oui, plus nous tirerons des plans sur la comète « toutes tendances politiques confondues » plus nous creuserons la distance qui sépare les Roubaisiens des urnes. C’est pourquoi, j’en suis convaincu, la distance est le premier des respects qu’on doit aux Roubaisiens si l’on veut leur donner de bonnes raisons de voter pour un projet socialiste.

Roubaix mérite des batailles d’une autre ampleur que des guéguerres de cour de récré et les récupérateurs de tout poil nous attendent déjà au tournant alors, si pour une fois, avec les Roubaisiens nous faisions nôtre ce code de bonne conduite pour ne pas tomber dans le panneau

Enfin… je dis ça avec toute l’estime que j’ai pour vous…

Pourquoi / Comment amener Lille Métropole à la Piscine ?

On sait qu’ils coûtent et ne servent à rien : les projets culturels sont pourtant essentiels pour l’épanouissement de chacun et la fierté de tous. Encore Maire de Roubaix il y a un an, René Vandierendonck a fait voter une délibération qui lie l’extension du musée La Piscine à son transfert à Lille métropole. Jean-François Boudailliez, adjoint à la culture, remet aujourd’hui cette idée sur la place publique. Pour autant, même dans l’urgence, sur un sujet aussi important pour l’identité et les finances de la Ville gardons nous bien de nous raconter des histoires…

N’ayons pas peur de dire les choses : les 10 ans de succès de la Piscine relèvent à Roubaix du miracle quotidien. C’est l’alchimie unique entre un lieu splendide, une mémoire collective foisonnante et des prestations de grande qualité. C’est surtout une aventure humaine portée depuis bientôt près d’une génération par un Conservateur en chef au dévouement hors norme : Bruno Gaudichon, relayé par des équipes et un Président des amis du musée qui savent se battre comme des beaux diables. C’est aussi et surtout un pari politique pour lequel Roubaix a su dépasser ses clivages (pari auquel j’ai modestement contribué) pour réaliser ce que nous n’osions alors imaginer… La Piscine prouve par l’exemple qu’à Roubaix la politique, la vraie, peut changer radicalement le cours des choses!

Cependant, notre propre réussite ne doit pas nous aveugler car voilà que, porté a bout de bras vingt ans durant par des hommes et des femmes que le succès insoupçonné finit par user, ce scenario devient tout à fait anormal ! Le rapport moyens/résultats a un coût bien réel : la fatigue des agents qui travaillent dans des conditions précaires et l’amenuisement insidieux du moral des troupes… ajoutons à cela une exigence croissante des visiteurs qui a aintenant pour référence rien moins que les standards du musée du Louvre, des sollicitations en constante augmentation de la part de partenaires dont nous ne pouvons que nous réjouir, une complexification administrative et une augmentation constante des coûts de production des expositions qui s’imposent à nous… c’est certain, la ville n’a plus les moyens de faire l’impasse sur ces questions qui, si nous ne nous réveillons pas maintenant,
risquent de mettre le développement de Roubaix en danger.

Sachant que La Piscine est peut être la seule grande fierté partagée par l’ensemble des Roubaisiens et que tout récemment la Communauté Urbaine a souhaité donner davantage d’autonomie de gestion à son propre musée, le LaM, sachant qu’un musée fait tout autant le bonheur des habitants de sa ville que celui de ses visiteurs et « amis », je crois qu’il n’est ni dans l’intérêt de Roubaix et encore moins dans celui de Lille métropole d’envisager un transfert pur et simple. Ce n’est pas en présentant l’addition que nous seront convaincants, c’est en travaillant à un projet d’Etablissement Public de Coopération Culturelle. La priorité, je crois, est de bel et bien jouer le jeu en donnant à comprendre l’intérêt métropolitain et Euro-régional de notre projet. C’est une évidence si nous voulons donner à la métropole et à
la Région l’envie de prendre part au projet !

Pour ma part, je vous le dis comme je le pense : je veux, via le patron, le modèle, la sculpture, la peinture et l’architecture que nous donnions a apprécier l’esprit pionnier des Roubaisiens dans l’épopée industrielle qui est le fondement de notre identité métropolitaine.
Je veux aussi que nous donnions à La Piscine les moyens de produire confortablement les expositions d’arts appliqués de référence nationale et les grandes rétrospectives de créateurs internationaux qui font tout autant le savoir-faire du musée de Roubaix que la renommée culturelle de Lille métropole.

Ce n’est pas en fuyant en avant mais en défendant un projet solidement conçu sur des valeurs sûres que nous construirons une perspective de collaboration enthousiasmante pour les Roubaisiens et les métropolitains. Raison de plus pour donner au prochain Maire de Roubaix d’être crédible à la table des négociations et tenir le siège à Lille métropole un mandat entier s’il le faut car avec La Piscine les Roubaisiens ne rêvent pas de vie de château, ils ont encore moins envie d’en bâtir en Espagne !

Quand Roubaix va à vau l’eau

L’augmentation du prix du gaz et de l’électricité nous fait régulièrement bondir mais nous oublions souvent que le prix de l’eau a augmenté de façon extrêmement importante ces dernières années. C’est qu’à Roubaix comme ailleurs en France (et contrairement aux Pays-Bas où le marché de l’eau est nationalisé) l’eau ne coule pas de source! Tout d’abord parce qu’elle est captée ou recyclée soit en France soit en Belgique, ensuite parce que l’eau potable est produite par les services de Lille métropole et, enfin, parce qu’elle est distribuée par une société privée, Les eaux du Nord… pour être à nouveau collectée par Lille métropole…

Tout cela, évidemment, ne contribue pas à la transparence du bien fondamental à la vie qu’est l’eau. Côté sanitaire, même si nous la trouvons trop calcaire, il faut bien reconnaître que nous disposons d’une eau de bien meilleure qualité que dans beaucoup de territoires du Nord-Pas de Calais. Nous l’oublions aussi, elle est d’une qualité incomparable à celle que pouvaient boire nos parents (c’est cela aussi l’intérêt de faire partie d’une grande métropole comme celle de Lille !). Et même si nous la payons assez peu cher comparativement aux autres grandes métropoles françaises, le financement de ce bien recyclé où l’on paie à la fois l’entretien du réseau d’assainissement et l’épuration à Lille métropole et où l’on doit abonnement et consommation aux Eaux du Nord pose question. Oui, l’accès à tous à une eau de qualité a besoin de transparence et de contrôle!

Conscients de ce problème qui touche l’ensemble des communes françaises, Alain Cacheux, Vîce Président de Lille métropole en charge de l’eau, et Martine Aubry n’ont pas hésité à imposer la stabilisation de son prix au concessionnaire qui la refusait. Le contentieux est au Tribunal administratif. Nous verrons bien, en tout cas ils auront combattu avec courage… et ce vendredi les élus de la métropole décideront de renouveler ou non la délégation de la gestion de l’eau. Le débat a été particulièrement bien préparé depuis l’été dernier avec plusieurs séminaires de grand niveau et des pistes très intéressantes telles qu’un tarif social et un tarif progressif sont envisagées. Parce que c’est un besoin vital au même titre que l’air, qu’il en va de notre porte-monnaie et de la santé de nos enfants, les élus montrent enfin qu’ils
sont les vrais patrons de l’eau et c’est tant mieux!

Simplement, en prenant un café, en se rasant ou en tirant la chasse, les Roubaisiens regretteront peut être que sur un sujet aussi important pour eux, le seul pouvoir de la Ville de Roubaix dans les décisions de Lille métropole se trouve aujourd’hui, par les tours de passe-passe que nous avons cautionnés, réduit au seul curage des caniveaux… Quoi qu’il en soit, le choix qui doit se faire doit être guidé par une seule préoccupation, que je résume en une question : comment assurer le meilleur service pour ceux qui ouvrent leur robinet?

Esprit de Roubaix souffle entre Paris et Alger

La réaction politique en a surpris plus d’un ces jours derniers. Je ne parle pas des tempêtes de mousse dans nos verres de bière, je veux parler d’un sujet autrement plus grave : la réaction de François Hollande aux actes de guerre commis à In Amenas.
En estimant que l’Algérie avait eu la réponse « la plus adaptée », la parole du Président de la République a eu une résonance toute particulière chez tous ceux qui pleurent une disparition mais aussi les nombreux Roubaisiens qui sont inquiets pour leurs amis, leur famille, en Algérie, au Mali.
Souvenons nous qu’à Roubaix nous avons été près de 68% à voter pour le Parti socialiste en mai dernier. Aujourd’hui, plus que jamais, nous savons pourquoi : comme François Hollande, nous, les Roubaisiens, nous n’avons pas peur des vieilles lunes !
L’histoire que nous partageons dans la diversité de nos références, notre histoire commune, nous fortifie pour faire front et défendre sans relâche les valeurs de respect des droits de l’homme et de progrès pour l’humanité.
Comme les trois quart des Roubaisiennes et des Roubaisiens je n’ai pas connu
la période de la guerre d’Algérie et nous sommes en quelque sorte libérés de ces heures noires… Raison de plus pour nous, demain, de savoir nous souvenir et regarder l’avenir !
Ici, au Nord, Roubaix a été pionnière en la matière et sans doute faut-il y voir le bienfait du vécu personnel de René Vandierendonck.
En vingt ans à Roubaix, le service public municipal lui doit d’avoir accompli sa plus grande mutation : il a aujourd’hui le visage des Roubaisiens, preuve s’il en fallait que la multiplicité des références culturelles stimule et renforce l’engagement pour la solidarité. Ensemble nous pouvons partager cette grande fierté !
Aujourd’hui cela nous permet de mieux nous adresser et être plus efficaces pour nos administrés. Cet atout permet aux services municipaux de faire la différence avec l’action des autres collectivités. Nous tenons là une réelle longueur d’avance. Dans mes combats contre l’exclusion, je tiens déjà fermement à cette exigence d’exemplarité. Avec vous, elle doit gagner sans attendre l’ensemble de nos collectivités.
Sur le front du souvenir, Roubaix a bien compris aussi que le meilleur moyen
d’entretenir la flamme est de souffler sur le feu créateur : danse, mode, musique, arts plastiques, cultures urbaines, gastronomie… la création artistique est notre arme la plus redoutable et nous avons la chance à Roubaix de partager au-delà de nos lignes de démarcation, ce combat pour la Culture. Dans les années 90 alors que la majorité avait une autre couleur politique, j’avais pris fait et cause pour le projet de La Piscine. C’était un pari pour moi risqué. Ensemble nous l’avons gagné !
Les chiffres le démontrent jour après jour : notre attractivité culturelle est la plus belle nos victoires. Le projet collectif que nous avons à construire ensemble pour demain doit prolonger et renouveler cette perspective. Je souhaite qu’il s’appuie davantage encore sur la diversité des références et la multiplicité des points de vues. C’est pour cela qu’ensemble demain nous nous battrons pour qu’à l’instar de l’Oiseau Mouche et de la Condition Publique, tout Roubaix oppose sur tous les continents l’avant- garde et l’ouverture d’esprit aux querelles de tranchées !
Si notre « ville-monde » existe vraiment, puisse alors la planète Roubaix
briller un peu dans la nuit du Sahel…

Tariq Ramadan de retour à Roubaix ou comment se tirer une balle dans le pied!

Je ne sais pas si les musulmans sont mal accueillis en France. En tout cas les Nordistes et les Roubaisiens en particulier ne sont pas en reste avec Monsieur Ramadan puisqu’il revient pour la cinquième fois à Roubaix en moins de dix ans!

En tant que Premier Adjoint au Maire je ne goutterai pas à ses propos mais de citoyen à citoyen je lui souhaite comme il se doit : bienvenue !

Ceci étant dit, on voudrait entacher davantage l’image de Roubaix que les élus, les associations et les médias ne s’y prendraient pas mieux. Franchement… ces histoires, qui au fond ne relèvent que de convictions intimes, finiraient par lasser le plus grand nombre si elles ne jouaient pas imbécilement avec les peurs…

Pourquoi tout ce pataquès alors ?

Parce que la Ville de Roubaix a prêté la salle Wattremez à l’association « Rencontre et dialogue » pour l’y accueillir ? Je ne le crois pas. Il ne viendrait à l’idée de personne de mettre en question l’usage fait des églises municipales par l’Eglise catholique ! La ville n’a donc aucune raison objective de ne pas prêter la salle Wattremez , comme c’est d’usage à Roubaix. Par ailleurs, jusqu’à preuve du contraire, la venue de Monsieur Ramadan ne constitue pas en soi un risque à l’ordre public.

Parce que Pierre Dubois a «lourdement insisté » (sic.) pour que Monseigneur Brunin participe au débat et qu’il fait finalement défaut ? … certainement ! Pierre Dubois ne cache pas son goût personnel pour les religions et, connaissant bien sa sagesse, je ne suis pas surpris qu’il déclare « Monseigneur Brunin est une autorité morale reconnue de tous ». Je respecte cette opinion de Pierre Dubois. Le problème c’est qu’en s’exprimant publiquement ainsi, Pierre Dubois ne s’exprime pas en tant que Pierre Dubois. Il a tout simplement oublié qu’il EST Maire de Roubaix et qu’il s’exprime au nom de la collectivité. Et là, je ne suis pas du tout d’accord : s’il est une ville de France où le Maire doit bien se conformer au principe fondamental de neutralité des communes vis-à-vis des cultes c’est bien Roubaix !

Monsieur Ramadan est une personnalité médiatique internationale et Roubaix est déjà suffisamment stigmatisée pour que nous ne manquions pas d’être à la hauteur des enjeux… Sans doute aurait-il été plus habile en anticipant pour organiser un cycle de conférences avec toute la vigilance scientifique d’une antenne de l’Institut du Monde Arabe nouvellement installée à l’Union, de Science Po, d’une Ecole de journalisme de Lille, … ? Sur ces questions de société Roubaix peut incontestablement tirer son épingle du jeu dans une métropole qui cherche à devenir en Europe une capitale intellectuelle de premier plan. En tout cas ce n’est certainement pas en faisant un mauvais remake de Clochemerle sur le sujet brûlant de l’Islam et des médias que Roubaix brille par son intelligence et donne à voir le meilleur…

 Chacun sait ce qu’il advint de la petite fille aux allumettes à vouloir trop jouer avec le feu…