Donnons le meilleur de Roubaix : commençons dès maintenant !

A l’issue d’un premier tour particulièrement confus et d’un second qui n’a guère valu mieux, les Roubaisiennes et les Roubaisiens ont finalement choisi en pleine liberté de conscience, pour la première fois depuis trente ans, « leur » Maire : Guillaume Delbar.

Plus qu’un vote d’adhésion, les électeurs ont surtout cherché à donner aux responsables politiques une véritable leçon : respecter Roubaix cela commence par respecter la démocratie. Cela s’applique à la vie municipale, c’est aussi vrai pour le Parti socialiste. La gifle dût-elle nous cuire un bon moment, à voir la lente dérive de certaines villes qui viennent de passer au Front national, sans doute faut-il remercier nos concitoyens pour ce réflexe clairvoyant. Il faut y voir le signe d’une saine respiration démocratique… Jusqu’en 2020, il nous faudra donc “faire avec”; avec, au Conseil municipal de Roubaix, cinq toutes petites voix pour le Parti socialiste pour quatre au Front national. Au final, personne n’en sort grandi… Roubaix mérite tellement mieux que ça !

Comment nous sommes-nous à ce point trompés nous-mêmes ? Comment avons-nous concrètement défendu l’égalité des droits et des chances, la lutte contre toutes les formes de discrimination, à nous comporter dans notre propre parti en considérant celui qui pense un peu différemment comme un véritable ennemi ? A nous entredéchirer, nous l’avons mis dans un bel état le lien social qui devrait être au cœur de chaque socialiste… Je pèse mes mots : notre faute est historique. Mais le vrai drame, c’est que nous, socialistes, par notre suffisance, notre comportement aveugle et rétrograde, ce sont les Roubaisiennes et les Roubaisiens, et probablement les habitants de la métropole, que nous avons emportés dans notre propre perte. Dans la situation actuelle, ils n’avaient franchement pas besoin de ça…

Il y a un temps pour la colère, il n’y en a jamais assez pour travailler à l’apaisement. Six ans ne seront pas de trop pour rendre compte à nos concitoyens, faire nos preuves et, brique après brique, tout reconstruire patiemment, tout reconquérir ardemment. J’ai fait moi-même les frais de la division et, quoi qu’on en pense, quand tout me poussait à la dissidence, j’ai placé l’intérêt de ma famille politique avant le mien. J’ai décidé de rester engagé aux côtés de mes camarades parce que, malgré tout, je suis irréductiblement convaincu que c’est unis dans le Parti Socialiste que nous tenons le pouvoir de changer l’ordre des choses : je suis et je resterai indéfectiblement le premier à donner le meilleur de Roubaix !

Camarades socialistes roubaisiens, j’en appelle à la raison : je sais que chacun saura prendre ses responsabilités pour qu’ensuite nous ayons d’autres préoccupations que de couper des têtes quand il est tellement plus urgent de faire germer des idées. Est-il indispensable de chercher des coupables quand la priorité est de faire de nos idéaux une réalité ? Le premier respect que nous puissions porter aux Roubaisiennes et aux Roubaisiens n’est-il pas plutôt de nous préoccuper de leurs attentes ? Une seule chose est sûre : du Parti socialiste ils ne veulent plus jamais subir ça ! Notre priorité absolue doit être pour eux, et avec eux il est de notre devoir d’inventer de nouvelles pratiques militantes.

Franc, proche et amical, c’est comme cela que doit être mon Parti. C’est en nous fortifiant de ses idéaux que nous donnerons l’envie aux gens de s’impliquer sérieusement, que nous retrouverons le goût du travail collectif, l’appétit des autres et l’autorité morale nécessaire au bien commun.

Madame, Monsieur, gens de gauche, le Parti socialiste n’est pas parfait. Pour cette raison il a besoin de vous ! Vous qui pensez pouvoir être utile à notre ville et notre Département, vous qui êtes convaincus qu’on est plus forts unis que divisés, vous qui, tout simplement, vous sentez concernés par la vie à Roubaix, j’en appelle à votre bonne volonté : faisons-nous confiance, soyons à la hauteur de l’héritage de Jean Lebas, armons-nous de courage et prouvons que Roubaix est le cœur battant du Nord et de Lille métropole !

Commençons dès maintenant…

Et la tendresse…

Masturbation, répudiation, procréation, homosexualité… entre éruptions polémiques et manque de débat sur des questions de fond, la vie publique prend en ce moment un tour aussi confus que troublant. A entendre les invectives sur de tels sujets, il n’y a pas de doutes, nous sommes bien à la fin d’un cycle, un autre commence : la saison des amours…et de la campagne électorale !

Rappelez-vous, en faisant ses adieux à la vie municipale René Vandierendonck déclarait : « Pour être Maire de Roubaix il faut aimer les gens » et d’enchaîner « savoir rassembler tout le monde sur un projet et bosser comme un dingue »… Au petit jeu de l’anaphore des candidats à la fonction de Maire, chacun a tenté de déclarer sa flamme : certains échaudés veulent encore croire au coup de foudre, d’autre veulent penser que l’électorat est plus fidèle que les gens eux-mêmes …

Pourquoi vouloir y croire quand tout le monde sait déjà que l’amour ne dure que 3 ans ? Pourquoi donc vouloir parler amour en politique quand il est déjà de notoriété publique qu’appartenance à un même parti et amitié ne font déjà pas bon ménage ? Pas de « mytho » entre nous : à trop vouloir embrasser par des I love Roubaix aux quatre coins du monde, nous savons bien que nous cherchons à camoufler le désamour des entrepreneurs et des habitants qui nous préfèrent d’autres villes…

Si on comprend bien la nécessité de transcender le bien vivre-ensemble et les clivages politiques et s’il paraît évident qu’un Maire doive aimer « sa ville », encore faut-il être au clair sur la nature de cet amour. Comme dans tous les couples, entre un Maire et sa population ne suffit-il pas que l’un des deux ressente un manque de respect et de considération pour que ce soit toute la ville qui se trouve en souffrance ? Le problème, c’est qu’on n’aime pas sa ville comme on fétichiserait une maquette, on n’aime pas sa ville comme on a aimé son métier, quand bien même il fût au service du public…

Regardons-nous, regardons la propreté des rues, les comportements tétanisés, voyez se propager l’esprit « Kärcher » et la nervosité publique… entendez les réactions épidermiques des Roubaisiens au moindre regard télévisé : Roubaix manque sérieusement d’amour propre ! Je vous le demande donc : et si tous ces jeux de cours, ces tentatives de séduction de ces Maires en puissance n’étaient au final que besoin pour eux de se sentir aimés ?

Nous sommes bien là au cœur du problème : celui qui est incapable de gérer ses sentiments ne gagne pas l’amour de l’autre, il ne peut qu’en assumer les ruptures. Pire, il ne se rend pas compte qu’en alimentant la confusion, il ne fait que renforcer l’incompréhension de l’autre.

Messieurs les prétendants à devenir Maires arrêtez donc de vouloir nous faire boire des histoires à l’eau de rose et acceptez la vraie dispute politique, celle qui fait durer les histoires d’amour longtemps ! Que vous soyez love, sex & fun ou peace & love, l’électorat n’attend pas de vous des démonstrations de puissance et de richesse, assurez d’abord en politique avec raison… et pour parler au cœur des Roubaisiennes et des Roubaisiens, faites la part belle aux petites attentions !

En cette Saint-Valentin commencez par faire preuve d’un peu de tendresse et, si le cœur leur en dit, les électeurs accepteront peut-être de vous apporter par petit bulletin cacheté, ce printemps, la plus belle preuve d’amour que vous attendez ardemment!

« Stop Crève : je l’ai lu, je l’ai vu et je l’ai entendu causer »

Une semaine, il m’a fallu plus d’une semaine, et encore… Je me suis concentré, prenant la plume cinq, six, dix fois (oui bon, je prends encore la plume, le clavier ça vient après ; je m’améliore de jour en jour !) avant de penser que j’ai enfin écrit quelque chose d’acceptable… enfin d’acceptable… «  Cavanna est mort » : ce n’est pas acceptable ! Jamais je n’aurais imaginé que cela puisse arriver un jour. Pourtant, il nous avait bien prévenus et nous, bien sûr, on ne l’a pas cru le grand escogriffe, toujours à se vanter…

Situation inconfortable aux amis, pris entre leur tristesse et le respect de ce qu’il était et de ce qu’il expliquait de la mort : inutile et grotesque. Evidemment on pleure…Cet homme a accompagné des moments si importants dans nos vies : j’ai pratiquement appris à lire avec lui gamin, je criais « je l’ai pas lu, je l’ai pas vu mais j’en ai entendu causer ! », ce qui ne manquait pas d’étonner les amis de ma mère qui lisaient hara-Kiri ; ma mère, elle, rigolait doucement…

Cet homme a forgé ma conscience de citoyen : toujours apprendre, toujours se laisser aller à la curiosité, toujours respecter les autres, toujours combattre les cons, oui « bête et méchant » (mais pas con !). Toujours caresser l’utopie : dans son livre « Stop Crève », il expliquait pourquoi la vie serait plus belle si on ne mourait plus ! Cet homme a éveillé mes goûts littéraires, surtout en B.D. : bien sûr que sans lui, pas de Gébé, pas de Wolinski, pas de Reiser, de Cabu … et, j’imagine, pas de Boucq non plus ! Rendez-vous compte : j’ai parlé avec Reiser… j’ai même un album dédicacé et, dans 15 jours, à  Roubaix, à la librairie Autour des mots, je vais rencontrer Cabu (pas tout seul j’espère). Tout ça c’est Cavanna !

Je me forçais à continuer à acheter Charlie Hebdo parce que j’aimais ses chroniques (en ce moment, aussi pour les vignettes de Dubout). Cet homme là a créé des moments de plaisirs inoubliables (…et sa voix ! quand il parlait, on l’écoutait, bien obligés…). Ca paraît bête à dire mais ça a été un plaisir de pleurer avec lui quand il a perdu Maria. J’en ai des frissons en y pensant ; les mêmes frissons que quand j’ai vu apparaitre l’alerte Libération sur mon téléphone : « Cavanna est mort à 90 ans ». Cet homme m’a fasciné et… il m’a appris à ne pas être fasciné par les autres. Il fait partie des quelques hommes dont je me dis que j’aurais aimé vivre leur vie.

Une semaine pour écrire ça ? Oui, quand je dis que j’aurais aimé être Cavanna, c’est surtout parce que je rêve d’écrire comme lui… En attendant, je vais ressortir ses livres du deuxième rang de la bibliothèque, mais alors, pas question d’en prêter un ! A chaque fois j’oublie et, bien sûr, on ne me les rend jamais : donc pas de Cavanna qui sortira de chez moi. Vous n’avez qu’à les acheter après tout ! Pensez aux libraires : n’allez pas commander Cavanna sur Amazon, hein ?!

Je terminerai donc par plus gai que le titre : « je me suis aperçu que, si le travail bien fait est source de joies puissantes, la paresse savourée en gourmet ne l’est pas moins ».

…Cavanna, si je pouvais, je t’embrasserais!

Pourquoi j’aime le rose ! (et je tiens à ce que cela se sache)

 

Pas facile de démêler le vrai du faux, les déclarations sincères et les manips dans ce que vous entendez ces derniers jours… Voici quelques questions-réponses pour vous aider à vous faire votre idée :

« Garçon ou fille c’est la même chose » ? : c’est tout aussi vrai que « je ressemble à m’y méprendre avec Marine Le Pen ». Mmmm… j’espère ne pas dire une énormité, mais pour quelques centaines de millions d’années encore, il me semble qu’une fille se distingue assez clairement d’un garçon. Je dirais même plus : je sais encore distinguer mon fils de celui du voisin. C’est justement parce que chacun est différent par nature qu’il est important, si nous sommes encore des êtres humains qui prétendons ne serait-ce-qu’un peu vivre ensemble, de rappeler que garçons et filles sont égaux en droits.

« On va apprendre aux enfants la masturbation à l’école » ?: bein voyons… moi je réponds « la Manif pour tous est une partouze géante » et c’est pour cela qu’on préfèrerait en rire si cela n’en disait pas long sur les égarements de notre société… et beaucoup sur la noirceur des esprits vengeurs qui veulent manipuler les peurs des parents! Sans doute lisent-ils trop dans le noir « Cinquante nuance de gris » ceux qui pensent qu’ils vont faire croire aux mères musulmanes que « l’école injecte la bisexualité ». En tout cas je ne mangerai pas les bonbons que ces hommes distribuent à la sortie des écoles et qui, en cachette, portent la jupe « bleu marine »!

Non, voyez-vous, ce qui, dans cette situation, dérange l’homme politique que je suis, c’est qu’un Ministre de l’Education Nationale se trouve obligé de justifier, comme s’il y avait quelque chose de honteux dans tout cela, de mettre en application les valeurs écrites au fronton de nos écoles : liberté, égalité, fraternité.

Le 7 février, comme chaque jour depuis Jules Ferry, chez nous, en France, l’école est obligatoire et c’est encore le meilleur moyen que l’on a trouvé contre la dégénérescence mentale et il faut saluer les enseignants qui l’ont fermement rappelé.

Toute chose étant égale par ailleurs, tout le monde n’est pas pareil et la démocratie, déjà bien gangrenée par le « tous pourris », se porterait bien mieux si les élus républicains, à Roubaix comme ailleurs, assumaient clairement leurs couleurs politiques plutôt que de chercher désespérément à laver plus blanc que blanc.

Pour tout cela je tiens à ce que cela se sache : je suis un homme politique qui adore le rose, la rose au poing, et ce ne sont pas mes camarades et mes quatre enfants qui vous diront le contraire.

Allez hop, il y a des leçons à réviser pour que l’Egalité dépasse la réalité !

Tout ça pour ça ?

Il y a ceux qui parlent de la désespérance des familles roubaisiennes, du manque généralisé de respect à l’ordre public, du « tous pourris » qui gangrène la société. Ce sont globalement les mêmes qui se tiennent en embuscade pour espérer profiter de la situation. Certains sont prêts à renier leurs engagements à la première contrariété, d’autres croient agir et ne font en fait que s’agiter… Pour ma part, sûr de mes valeurs, je reste sur mes positions. Alors… tout ça pour ça ?

L’heure est suffisamment grave pour que nous ne nous racontions pas d’histoires : l’enjeu n’est pas de prendre le pouvoir par orgueil personnel, le problème c’est de pouvoir agir dans l’intérêt des Roubaisiennes et des Roubaisiens. La situation sociale de notre ville est suffisamment critique pour ne pas l’affaiblir davantage en nous privant de la force et de la solidarité du Département du Nord, et, qu’on l’admette ou non, pour que notre avenir, qui se joue à Lille dans les mains de la métropole, ne soit compromis.

Dans la spirale infernale de cette campagne municipale où le tout Roubaix montre qu’il est capable du pire, je le dis avec aplomb – et les Roubaisiens dans l’adversité vous le diront mille fois mieux que moi – : quoi qu’il en coûte, surtout quand tout paraît perdu d’avance, le courage ne se trouve certainement pas dans la fuite en avant. Le courage c’est de tenir bon ! Je ne tirerai donc pas à mon tour le diable par la queue. Je ne tenterai pas de vaincre la Mairie de Roubaix par “chaos”. Il en va de l’honneur de notre ville : nous, les Roubaisiens, nos combats nous les gagnons « à la loyale ».

Malgré les apparences ma décision n’a donc pour autant rien pour réjouir la section socialiste de Roubaix. Elle ne répare en aucune façon la perte de 56 de nos camarades sincèrement engagés. Je mesure aussi qu’elle renvoie les leaders de la section à leur mauvaise conscience et à leurs propres incohérences. En effet, pour prétendre présider à la destinée de Roubaix et emporter l’ensemble de la population vers des horizons meilleurs, encore faut-il être capable d’engager une majorité dans un même effort collectif porté par un véritable esprit de solidarité… Je suis le premier à le regretter et vous le savez autant que moi : depuis le départ de René Vandierendonck, nous, les Roubaisiens de gauche nous avons échoué à créer ces conditions. Personne ne les inventera en 2 mois.

Quel que soit le résultat au soir du 30 mars prochain, tout cela est donc au global de très mauvaise augure pour l’avenir de Roubaix. L’urgence est de limiter la casse. Je vous le dis sans fausse modestie, votre intérêt est bien supérieur à celui que vous voudriez m’attribuer. La réputation de Roubaix est tellement plus importante que celle dont on ne manquera pas de m’affubler ! Comme vous le comprenez donc, je ne renonce à rien et ma décision ne résout rien. Une seule chose est certaine : je suis plus utile et motivé que jamais, chez moi, au coeur de mon parti pour forger inlassablement les lettres de noblesses de Roubaix par résistance, dans le respect et  avec raison. Socialiste roubaisien de la première heure j’espère simplement par cette franche décision marquer de la façon la plus nette possible le refus de la tentation du pire.

Et si cette fois-ci, nous, les Roubaisiens, nous nous montrions dignes de l’héritage de Jean Lebas en étant par nos actes exemplaires de nos idéaux ? Si enfin nous consacrions nos énergies à donner le meilleur de Roubaix ?

Les Roubaisiens ont cent mille fois raison!

Fort de 35 ans au Parti Socialiste, 25 à Roubaix, je sais de quoi notre ville est capable et je peux vous assurer que Roubaix mérite beaucoup mieux que ce qu’elle vit actuellement.

Tout le monde le sait : le grand drame de Roubaix c’est le manque de respect à l’autorité publique. Pour gouverner, les élus qui sont censés la représenter doivent en être exemplaires. On ne peut pas accepter que le ressentiment puisse l’emporter sur le respect le plus élémentaire, surtout quand il s’agit de celui de la parole donnée. A se comporter ainsi on jette le plus complet discrédit sur notre aspiration à « bien vivre ensemble ». Et pourtant… Reconnaître que l’on peut avoir un avis différent, savoir composer avec la diversité, avoir le sens de l’intérêt général et supérieur de la collectivité : c’est le propre de la démocratie. Tout démocrate qui se respecte devrait le savoir : on ne triche avec la démocratie qu’à ses dépends…

Alors que tant de nos concitoyens ont la tentation de se laisser couler face à l’accumulation des difficultés, il ne fait pas preuve de beaucoup de courage celui qui ne sait pas tendre la main. Il a bien peur celui qui préfère couper celle qu’on lui tend… Il est clair que ce n’est pas en restant entre soi que l’on devient téméraire surtout quand on est déjà dans la gueule du loup… Se ressembler n’est pas rassembler. Nous, les socialistes, encore moins que les autres, nous n’avons pas le droit de céder à cette faiblesse. Où va-t-on si nous ne savons plus aller au devant de l’autre et faire confiance à celui qui est différent ? Evidemment, pour servir ses concitoyens, pour défendre la cause de son voisin, encore faut-il encore être en paix avec soi-même…

Mitterrand avait raison : le sentiment d’injustice ne suffit pas à vaincre l’injustice ! C’est bien fort de ce constat que j’ai embrassé le métier d’avocat. C’est aussi pour cela que j’aime la politique, la vraie, celle qui ne ment pas. Les Roubaisiens ont cent mille fois raison : on ne fait pas de politique au sentiment, on fait de la politique en agissant.

Quelle envie suscite-t-on? Quel espoir formulons-nous? Quelles perspectives construisons-nous ? Pour les jeunes ? Pour les parents isolés ? Les familles ? C’est sur ses questions que les Roubaisiens nous attendent de pied ferme. Ne les voyez-vous pas ? Ne les entendez-vous pas ? En tout cas, moi je les rencontre et ils sont de plus en plus nombreux à se manifester parce qu’ils veulent qu’on en finisse et qu’on rende enfin justice à Roubaix !

La raison s’impose : il faut impérativement replacer le respect et le courage à l’avant-garde ! C’est le seul moyen de retrouver la confiance, celle qui permettra de renforcer les solidarités et restaurer la réputation de Roubaix. Il faut de l’ambition pour Roubaix ! Non pas pour soi-même, mais parce que chaque Roubaisienne et chaque Roubaisien doit avoir droit à sa chance, sans aucune exception.

Alors, au travail ! Il est grand temps de donner le meilleur de Roubaix !

sur le V’lille (et en danseuse s’il vous plait!)

Excusez le coup de pédale, mais ça commence sérieusement à me fourmiller dans les jambes que la presse fasse constamment le panégyrique du V’lille « tellement génial » à Lille quand, si on en croit Eric Quiquet, il ne serait déjà plus bon à Roubaix que pour la remise… Je n’ai pas les yeux assez ronds pour être bien sûr de lire… « nous ne ferons pas d’acharnement thérapeutique », moi je lis « on va rapatrier les V’lille à Lille… » et je dis « Stop !» pour ne pas laisser le propos dérailler davantage !

Bon sang, faut-il avoir fait Centrale pour qu’avant de mettre en cause le V’lille quelqu’un pense à se poser la question de savoir si globalement les Roubaisiens se déplacent autant que les Lillois? Il suffit de regarder la dernière enquête mobilité (de 2006 je crois) pour constater que si le taux de mobilité à Lille et Tourcoing est à peu près stable, il a chuté de manière vertigineuse à Roubaix (-17% en 8 ans). Bein oui… parce qu’avant de savoir si les Roubaisiens boudent les V’lille, il faut d’abord se poser la question de savoir si les gens ont des raisons de sortir ou non de chez eux ! Evidemment, on ne prend pas les V’lille pour le plaisir de jouer les hipsters, avoir le swag ou par dévotion néobaba… On prend les V’lille parce qu’on va bosser et que l’on a un pouvoir d’achat pour sortir ! Et c’est justement pour cela qu’il est indispensable à Roubaix, comme sur tout le versant Nord-Est de la métropole d’avoir des stations V’lille à proximité : c’est pour aller bosser dans les endroits les plus paumés, de jour comme de nuit, et plus si affinité…

C’est tout de même incroyable de la part d’un élu vert dopé à la « proximité » d’envisager sans vergogne la disparition d’un service public alors que personne ne prend le temps d’expliquer que le V’lille, c’est pas sorcier, c’est pour les garçons mais aussi pour les filles (parce que c’est ça aussi la vérité), que c’est le moins cher des services de transport, disponible 24 heures sur 24 (ou presque !), et que c’est aussi et surtout un enjeu d’attractivité des quartiers Roubaisiens au regard de la métropole… Qu’est-ce-qu’il répondait déjà Eric Quiquet à ceux qui dénonçaient les Lianes vides ? Qu’en matière de transport public c’est aussi l’offre qui fait la demande ? Que le résultat n’est pas automatique ? Et là, il baisse les bras parce que c’est Roubaix ? Pas question !

Je rajoute qu’il faut quand même être sacrément gonflé pour l’élu responsable des transports de Lille métropole de dire que Roubaix et Tourcoing sont des « terminus ». Pour reprendre les termes du Délit Maille, on aurait presque envie de lui « jeter des cailloux »! Je préfère lui retourner le constat : jamais il n’a réalisé que lorsqu’il fait un trajet aller, en général ce garçon fait aussi le trajet retour ? … et que si Roubaix et Tourcoing peuvent être perçus par les lillois comme des terminus, Roubaix et Tourcoing sont aussi pour la grande majorité des Eurométropolitains la porte d’entrée vers Lille ? Faut-il rappeler que s’il existe une gare terminus « en cul de sac » sur la Métropole, c’est bien Lille Flandres? Qu’avoir les rames de métro les plus efficaces du monde ne sert a rien si l’on ne pense pas les accès au réseau ? En tout cas, j’en suis personnellement certain : Lille métropole a besoin de tous ses pignons V’lille comme des grands plateaux du métro sous peine d’accélérer la chute des quartiers les plus défavorisés et de devoir dire adieu aux anneaux de vitesse des grandes métropoles européennes…

Même de l’autre côté de la terre on sait qu’au nord de Paris le vélo et Roubaix ne font qu’un. Evidemment, qu’on aurait aimé suggérer à l’Office de Tourisme de Roubaix proposer des circuits de découverte de la ville à V’lille. Encore eût-il fallu qu’une station « Vélodrome » existât… On aurait aimé que les verts portent le projet de pacification des circulations en faveur des modes doux sur le secteur Eurotéléport et le centre-ville de Roubaix comme ils ont su le faire pour les boulevards de Cambrai et Montesquieu, on aurait aimé travailler avec eux à la transformation à long terme des anciennes emprises de chemin de fer en vélo-routes et aux V’lille indispensables à l’Union, on aurait aimé qu’ils se battent avec nous parce que, pour le coup, il est totalement anormal que les quartiers populaires du Pile et des 3 ponts soient discriminés par l’absence de stations, etc., etc…

Mais bon, les verts préfèrent la cuisine du monde, les gaz de Kyoto, la terre vue depuis Rio… on peut comprendre que cela finisse par faire perdre l’équilibre. Ils se jettent tous seuls au fossé, personne ne les y a poussés. En tout cas les verts ne perdent rien pour attendre que la pluie cesse, que ma selle sèche et que passent les giboulées du printemps prochain…

Tissu économique innovant : avec le Département du Nord, c’est du solide !

S’il est un succès économique dont Roubaix, Lille métropole et le Nord peuvent aujourd’hui se réjouir, c’est bien celui de la société Ankama qui, au-delà de ses activités créatives, emploie plus de 450 personnes sur le site de la Plaine Images entre Roubaix et Tourcoing. Ce succès nous le devons, certes à ses salariés et entrepreneurs, mais aussi et surtout à la Ruche départementale de Roubaix-Tourcoing qui a su, il y a dix ans, repérer, accueillir, héberger et accompagner 3 personnes qui proposaient alors de créer une agence de conseil en marketing et technologie sur Internet…

Derrière ce magnifique arbre dont nous récoltons tous les fruits se cache non pas une forêt mais toute une pépinière d’entreprises en pleine croissance ! 3 entreprises sur 4 accueillies par le dispositif ont une durée de vie supérieure à 5 ans quand la moyenne nationale s’établit à 1 sur 2… Il faut dire que le département dispose d’une solide expérience, que, depuis 25 ans, il n’a de cesse d’innover, et, surtout, que cette réalité est plus que jamais d’actualité ! En ajustant son soutien aux créateurs d’entreprises à la conjoncture, en constituant une Société publique locale des Ruches d’entreprises avec Lille métropole et en construisant le bâtiment avant-gardiste de la Ruche de l’Union, nous pouvons être reconnaissants et optimistes quant à l’engagement fort et solidaire du Département vis-à-vis des Roubaisiens et des Lille métropolitains.

Parce que le monde économique a considérablement évolué depuis les années quatre-vingt-dix, que les entrepreneurs sont plus exigeants, que de nouveaux opérateurs sont apparus en matière d’hébergement et de services aux entreprises et, parce que les tentations de délocalisation nous obligent sans cesse à renforcer les coopérations locales, la constitution d’une Société publique locale s’est faite évidence pour les élus nordistes. La décision doit être prise en réunion du Conseil Général le 14 octobre prochain avec, en prime, une évolution des critères d’éligibilité pour mieux répondre aux besoins des porteurs de projets et des bassins d’emplois.

Le Département a donc choisi bien plus que la symbolique d’une façade alvéolée en nid d’abeilles en confiant la construction d’une nouvelle Ruche sur le site de l’Union à l’agence d’architectes Tank : il fait le choix de la créativité de tous pour mettre en œuvre à pleine puissance une action publique en faveur de l’innovation, de l’emploi et du bien-être des Nordistes. En multipliant par 3 la capacité d’accueil des entreprises (près de 500 salariés seront amenés à travailler sur le site), en renforçant l’articulation avec les acteurs de la Plaine Images et le bassin d’emploi de Roubaix-Tourcoing, la Ruche de l’Union qui ouvrira en 2014 nous promet un bel et ambitieux avenir !

Il faut enfin souligner que les travailleurs déficients intellectuels ne seront pas en reste puisqu’ils apporteront leurs compétences dans le développement de services en matière de courrier ou de blanchisserie. Avec les savoir-faire de chacun ainsi mis à profit, nous créons à Roubaix, Lille métropole et dans le Nord un modèle pour la renaissance durable de nos territoires ; modèle qui rappelle, si besoin était, le rôle essentiel des abeilles et des Ruches départementales dans notre éco-système !