Un Titanic de sottise?!

 

Aveuglement par le soleil? Abrutissement par la canicule de ce week-end? Molle autosatisfaction de l’auto-déclarée ville-monde de Roubaix? Quoi qu’il en soit, à lire les réactions des uns et des autres suite au déploiement d’une banderole associant la politique d’Israël à celle d’Hitler sur la Grand place de Roubaix, il y a de quoi avoir froid dans le dos…

Disons le une bonne fois pour toute : les Israéliens ne sont pas tous des sionistes et les Palestiniens des fondamentalistes, et dans les actes d’agression et de répression totalement asymétriques et disproportionnés qu’ils se livrent, avec la distance, il devrait quand même nous être un peu plus facile de dire que les deux gouvernements qui les dirigent font fausse route. Aller vers la paix, c’est agir avec raison et défendre coûte que coûte l’idée qu’un jour soit possible un pardon.

A des milliers de kilomètres, sur la planète Roubaix on se demande bien ce jour qui est capable de demander pardon…

Pardon à Jaurès pour ceux des partis de gauche qui cherchent à se dédouaner en se confondant en excuses sur l’air du « on ne savait pas ». Voilà ce qui arrive quand on est plus pressé de battre le pavé sur des prétextes les plus confus que de réfléchir à deux fois pour agir avec droiture. Il y a tout juste cent ans, le 31 juillet, le premier des socialistes était assassiné pour avoir soutenu la seule cause qui vaille : la Paix. Avons-nous oublié ce qui dès le 2 août advint ?

Pardon à Jean Lebas, faut-il sans cesse le rappeler, notre Maire mort en déportation, pour que le Premier des Roubaisiens ne laisse pas son adjointe à la sécurité se débattre seule comme un agent de police au milieu de la circulation. Monsieur le Maire, il y a des principes républicains que vous avez le devoir de mettre en actes : je vous demande de déposer immédiatement plainte contre ceux qui ont déployé une banderole aux motifs de croix gammées !

Pardon peut-être aussi aux fondateurs de la Voix du Nord quand on voit la presse d’aujourd’hui obligée de publier ces insignes, comme si l’écrit ne suffisait pas pour dénoncer, comme si les images simplistes montrant des agités avec des croix gammées devant l’église Saint Martin n’allaient pas se propager comme la poudre sur les réseaux sociaux, alors même que le Front National exclut scrupuleusement le premier qui touchera à ces symboles… Le vertige est quand même saisissant quand on voit la légende de la photo qui nous indique, l’air de rien : « la manifestation de soutien s’est déroulée dans le calme à Roubaix » ?!

Bon Dieu ! Le vingtième siècle ne nous a-t-il donc rien appris ? Avant de contribuer à déclencher des tempêtes à l’autre bout de la planète, quand, nous autres papillons Roubaisiens, cesserons-nous enfin de brasser du vent ?

Contre ce qui se passe à Gaza il faut sans aucun doute manifester notre indignation, encore faut-il le faire avec raison ! Puissent les erreurs d’appréciation de Jaurès nous rafraîchir les idées quand à la veille du conflit il déclarait encore : « Ils auront beau prolonger les éclats de leur musique nationaliste…/… ce Titanic de sottise et d’arbitraire descendra lentement mais sûrement sous les flonflons de l’orchestre réactionnaire, dans une mer glacée. »…

Les loupés de la pêche à la Roubaisienne

Qu’ils soient modestes citoyens ou élus, les Roubaisiens ne sont pas autrement faits que le reste des Français. A passer de plus en plus vite sur les évènements, à parler à tort et à travers dans les médias, à se répandre dans tous les sens sur les réseaux sociaux, ils contribuent au brouhaha ambiant qui anesthésie les gens en lassant d’aller voter, quand ils ne participent pas activement à l’amnésie générale. Que l’on ne s’étonne pas des résultats sortis des urnes qui sont l’amalgame d’une colère plus ou moins trouble et d’extrémistes qui voudraient nous faire croire que le bleu marine est plus blanc que blanc. Franchement : que faisons nous donc vraiment de notre capacité d’indignation ?

Sans remonter à Hippolyte Culine, qui se souvient que René Vandierendonck n’était pas Socialiste quand, en 1995, il a été élu Maire de Roubaix ?  Qui se rappelle que Pierre Dubois l’avait rejoint sur cette liste de droite et que, pour cette bonne raison, il a été exclu du Parti Socialiste? On sort rincé par la tribune de ce dernier dans le bulletin municipal tant cette capacité d’oubli est exceptionnelle : voilà que l’artisan de la défaite de la gauche se pique de donner des leçons à son successeur. Non, Robert Lamoureux n’est pas mort ! Le canard court encore…

Le plus grave reste tout de même que ceux qui sont allés à la pêche au suffrage et qui ont gagné à grands roulements de tambours ne se comportent pas mieux ! Le pire est que leurs errements se constatent dans un domaine où il était pourtant facile d’agir vite et bien : la transparence et l’explication de l’action publique. Il est déjà bien loin le temps de la campagne où les journalistes avaient toujours un interlocuteur prompt à dénoncer les élus indisponibles, aujourd’hui, les choses sont encore plus simple : il n’y a plus d’abonné au bout de la ligne.

Je reste stupéfait de la capacité de celui-ci devenu élu ou de celui-là recruté à la Mairie qui se répand sur Twitter dans des polémiques hasardeuses. L’exemple donné aux habitants et aux agents de la ville est d’autant plus déplorable qu’il est suivi et que l’on peut voir certains fonctionnaires – et pas les moindres – s’épancher sur leurs états d’âmes (sourions) ou sur leur travail : c’est une infraction au devoir de réserve. Que penser de la capacité à défendre l’intérêt général de celui dont la presse nous apprend par la voix même de l’intéressée qu’il s’est fait élire pour résoudre le problème d’expropriation de sa maman ? Il découvre maintenant qu’être élu c’est « plus de travail » ( !). Que ces gens là ne comptent pas sur l’indulgence dont on fait généralement part aux nouveaux arrivants : ils ne sont tout simplement pas dignes de confiance. Ils se sont présentés comme une équipe responsable : ils s’avèrent n’être que le mariage de la carpe et du lapin.

Alors, pour tenter de camoufler ces absences, ces défaillances, le Maire en personne cherche à se donner des grands airs à grands mouvements de canne, renfort de filets et cordons de sécurité. Ayant déjà oublié sa petite pêche aux voix et ses vibrantes déclarations quant au besoin d’animer Roubaix, quand cela aurait pu être un beau soir de fête ou à tout le moins une paisible soirée de juin, il évacue toute âme qui vive du centre-ville : ce mercredi soir on aurait cru que le canal s’était pendu !

Si nous ne sommes pas tout à fait comme les autres, nous les Roubaisiens, il ne faut pas non plus nous prendre pour des poissons rouges… Parce que j’ai vraiment l’ambition d’un avenir meilleur, je veille à ce que les socialistes n’aient pas la mémoire courte. Je sais comme vous Madame, vous Monsieur, que la responsabilité n’est pas soluble dans le temps. Vous pouvez compter sur moi pour assumer mes engagements. Face à ceux qui font déjà « flop » je réponds « présent ! ».

Attention Ch’ti méchant!

Ils sont bien gentils tous nos édiles nationaux qui se glorifient de retailler la carte de France à grands coups de ciseaux en se disant qu’il vaut mieux éviter de toucher au nez de l’Armorique sous peine de fâcher tout rouge les bretons à gros bonnets. Ils feraient bien de se méfier des Ch’tis à la réputation si « sympa » quand ils pensent que cela n’émouvrait pas grand monde que le Département en lanière « tout là haut » disparaisse discrètement sous le tapis de la carte de France…

Tant mieux si les décideurs des autres pays européens reprennent de l’appétit à voir la France tester la nouvelle saveur « moutarde et cancoillotte ». Nous les Nordistes nous n’y goûtons que très peu : forts de l’histoire de nos villes, des fluctuations frontalières que nous avons vécues, conscients d’être au cœur de la vraie vie, des mouvements collectifs que nous partageons, nous savons bien que derrière l’image de la France aux 365 fromages, c’est bien la question de la convivialité et de notre avenir commun qui est en danger. Peut-être est-ce parce que nous sommes dans la pleine crise de croissance propre à notre jeunesse que nous avons une telle fringale de santé, d’éducation, de travail et d’épanouissement personnel ? Une chose est sûre nous avons une faim de loup en matière d’avenir et de solidarité !

Quelle recette alors employer? Evidemment, quand il s’agit de 2 600 000 français, il vaut mieux se fâcher avec le seul Département du Nord qu’avec les 17 départements les moins peuplés de France… Alors oui, commençons par mettre en ménage les deux Normandies, les 2 800 000 Bourguignons et Francs-Comtois, n’oublions pas de nous rappeler que dans la France d’aujourd’hui un mariage sur deux se solde par un divorce et nous, habitants du Nord, nous commencerons à nous sentir sur le même pied d’égalité !

Nous n’avons attendu personne pour agir en commun et avancer à grands pas avec nos homologues du Pas-de-Calais. Notre façon à nous de gouverner sur notre territoire aux larges horizons fait de nous le partenaire naturel de la Flandre et de la Wallonie. A l’avant-garde nous le sommes depuis bien longtemps avec les créateurs de Maubeuge et Charleroi qui ont compris depuis bien longtemps que la culture n’est pas la cerise mais la levure du gâteau. Nous sommes pionniers au plan institutionnel, loin du cliché de la baraque à frites, avec l’intercommunale européenne Dunkerque-Flandre-Côte d’Opale et celle de l’Eurométropole de Lille-Kortrijk-Tournai…

Je vous le dis, pour gagner en efficacité, l’Etat a bien tort de chercher à faire campagne au milieu des champs. Quand on a vraiment conscience de vivre dans un monde globalisé on réalise rapidement qu’il y a plus d’élus communaux à Roubaix qu’à New-York qui est pourtant 100 fois plus grande et que nous avons cinquante ans de retard sur la Belgique pour trouver le bon levier du pouvoir communal. Notre atout à nous, gens du Nord, c’est d’avoir conscience que notre territoire est dirigé par la force des réseaux. C’est pour cela que nous, les élus de progrès, nous devons d’abord faire campagne sur les terrains en friches qui sont les premiers à être marginalisés !

En tout cas, puisque le débat semble fleurer bon le terroir et la réflexion à gros bords, j’ai assez envie de dire qu’en bons Ch’tis (c’est-à-dire accueillants et conviviaux !), pour ce qui concerne le mille-feuilles, nous ne étriperons pas pour nous tailler la part du lion mais nous ne nous satisferons pas pour autant des miettes. Les élus de Ch’nord sont peut être moins causeux que les bretons mais vous pouvez compter sur eux en cuisine pour que chacun puisse continuer, en toute convivialité, à se régaler de sa part de tarte au chuque ou au libouli !

Donnons le meilleur de Roubaix : commençons dès maintenant !

A l’issue d’un premier tour particulièrement confus et d’un second qui n’a guère valu mieux, les Roubaisiennes et les Roubaisiens ont finalement choisi en pleine liberté de conscience, pour la première fois depuis trente ans, « leur » Maire : Guillaume Delbar.

Plus qu’un vote d’adhésion, les électeurs ont surtout cherché à donner aux responsables politiques une véritable leçon : respecter Roubaix cela commence par respecter la démocratie. Cela s’applique à la vie municipale, c’est aussi vrai pour le Parti socialiste. La gifle dût-elle nous cuire un bon moment, à voir la lente dérive de certaines villes qui viennent de passer au Front national, sans doute faut-il remercier nos concitoyens pour ce réflexe clairvoyant. Il faut y voir le signe d’une saine respiration démocratique… Jusqu’en 2020, il nous faudra donc “faire avec”; avec, au Conseil municipal de Roubaix, cinq toutes petites voix pour le Parti socialiste pour quatre au Front national. Au final, personne n’en sort grandi… Roubaix mérite tellement mieux que ça !

Comment nous sommes-nous à ce point trompés nous-mêmes ? Comment avons-nous concrètement défendu l’égalité des droits et des chances, la lutte contre toutes les formes de discrimination, à nous comporter dans notre propre parti en considérant celui qui pense un peu différemment comme un véritable ennemi ? A nous entredéchirer, nous l’avons mis dans un bel état le lien social qui devrait être au cœur de chaque socialiste… Je pèse mes mots : notre faute est historique. Mais le vrai drame, c’est que nous, socialistes, par notre suffisance, notre comportement aveugle et rétrograde, ce sont les Roubaisiennes et les Roubaisiens, et probablement les habitants de la métropole, que nous avons emportés dans notre propre perte. Dans la situation actuelle, ils n’avaient franchement pas besoin de ça…

Il y a un temps pour la colère, il n’y en a jamais assez pour travailler à l’apaisement. Six ans ne seront pas de trop pour rendre compte à nos concitoyens, faire nos preuves et, brique après brique, tout reconstruire patiemment, tout reconquérir ardemment. J’ai fait moi-même les frais de la division et, quoi qu’on en pense, quand tout me poussait à la dissidence, j’ai placé l’intérêt de ma famille politique avant le mien. J’ai décidé de rester engagé aux côtés de mes camarades parce que, malgré tout, je suis irréductiblement convaincu que c’est unis dans le Parti Socialiste que nous tenons le pouvoir de changer l’ordre des choses : je suis et je resterai indéfectiblement le premier à donner le meilleur de Roubaix !

Camarades socialistes roubaisiens, j’en appelle à la raison : je sais que chacun saura prendre ses responsabilités pour qu’ensuite nous ayons d’autres préoccupations que de couper des têtes quand il est tellement plus urgent de faire germer des idées. Est-il indispensable de chercher des coupables quand la priorité est de faire de nos idéaux une réalité ? Le premier respect que nous puissions porter aux Roubaisiennes et aux Roubaisiens n’est-il pas plutôt de nous préoccuper de leurs attentes ? Une seule chose est sûre : du Parti socialiste ils ne veulent plus jamais subir ça ! Notre priorité absolue doit être pour eux, et avec eux il est de notre devoir d’inventer de nouvelles pratiques militantes.

Franc, proche et amical, c’est comme cela que doit être mon Parti. C’est en nous fortifiant de ses idéaux que nous donnerons l’envie aux gens de s’impliquer sérieusement, que nous retrouverons le goût du travail collectif, l’appétit des autres et l’autorité morale nécessaire au bien commun.

Madame, Monsieur, gens de gauche, le Parti socialiste n’est pas parfait. Pour cette raison il a besoin de vous ! Vous qui pensez pouvoir être utile à notre ville et notre Département, vous qui êtes convaincus qu’on est plus forts unis que divisés, vous qui, tout simplement, vous sentez concernés par la vie à Roubaix, j’en appelle à votre bonne volonté : faisons-nous confiance, soyons à la hauteur de l’héritage de Jean Lebas, armons-nous de courage et prouvons que Roubaix est le cœur battant du Nord et de Lille métropole !

Commençons dès maintenant…

Et la tendresse…

Masturbation, répudiation, procréation, homosexualité… entre éruptions polémiques et manque de débat sur des questions de fond, la vie publique prend en ce moment un tour aussi confus que troublant. A entendre les invectives sur de tels sujets, il n’y a pas de doutes, nous sommes bien à la fin d’un cycle, un autre commence : la saison des amours…et de la campagne électorale !

Rappelez-vous, en faisant ses adieux à la vie municipale René Vandierendonck déclarait : « Pour être Maire de Roubaix il faut aimer les gens » et d’enchaîner « savoir rassembler tout le monde sur un projet et bosser comme un dingue »… Au petit jeu de l’anaphore des candidats à la fonction de Maire, chacun a tenté de déclarer sa flamme : certains échaudés veulent encore croire au coup de foudre, d’autre veulent penser que l’électorat est plus fidèle que les gens eux-mêmes …

Pourquoi vouloir y croire quand tout le monde sait déjà que l’amour ne dure que 3 ans ? Pourquoi donc vouloir parler amour en politique quand il est déjà de notoriété publique qu’appartenance à un même parti et amitié ne font déjà pas bon ménage ? Pas de « mytho » entre nous : à trop vouloir embrasser par des I love Roubaix aux quatre coins du monde, nous savons bien que nous cherchons à camoufler le désamour des entrepreneurs et des habitants qui nous préfèrent d’autres villes…

Si on comprend bien la nécessité de transcender le bien vivre-ensemble et les clivages politiques et s’il paraît évident qu’un Maire doive aimer « sa ville », encore faut-il être au clair sur la nature de cet amour. Comme dans tous les couples, entre un Maire et sa population ne suffit-il pas que l’un des deux ressente un manque de respect et de considération pour que ce soit toute la ville qui se trouve en souffrance ? Le problème, c’est qu’on n’aime pas sa ville comme on fétichiserait une maquette, on n’aime pas sa ville comme on a aimé son métier, quand bien même il fût au service du public…

Regardons-nous, regardons la propreté des rues, les comportements tétanisés, voyez se propager l’esprit « Kärcher » et la nervosité publique… entendez les réactions épidermiques des Roubaisiens au moindre regard télévisé : Roubaix manque sérieusement d’amour propre ! Je vous le demande donc : et si tous ces jeux de cours, ces tentatives de séduction de ces Maires en puissance n’étaient au final que besoin pour eux de se sentir aimés ?

Nous sommes bien là au cœur du problème : celui qui est incapable de gérer ses sentiments ne gagne pas l’amour de l’autre, il ne peut qu’en assumer les ruptures. Pire, il ne se rend pas compte qu’en alimentant la confusion, il ne fait que renforcer l’incompréhension de l’autre.

Messieurs les prétendants à devenir Maires arrêtez donc de vouloir nous faire boire des histoires à l’eau de rose et acceptez la vraie dispute politique, celle qui fait durer les histoires d’amour longtemps ! Que vous soyez love, sex & fun ou peace & love, l’électorat n’attend pas de vous des démonstrations de puissance et de richesse, assurez d’abord en politique avec raison… et pour parler au cœur des Roubaisiennes et des Roubaisiens, faites la part belle aux petites attentions !

En cette Saint-Valentin commencez par faire preuve d’un peu de tendresse et, si le cœur leur en dit, les électeurs accepteront peut-être de vous apporter par petit bulletin cacheté, ce printemps, la plus belle preuve d’amour que vous attendez ardemment!

« Stop Crève : je l’ai lu, je l’ai vu et je l’ai entendu causer »

Une semaine, il m’a fallu plus d’une semaine, et encore… Je me suis concentré, prenant la plume cinq, six, dix fois (oui bon, je prends encore la plume, le clavier ça vient après ; je m’améliore de jour en jour !) avant de penser que j’ai enfin écrit quelque chose d’acceptable… enfin d’acceptable… «  Cavanna est mort » : ce n’est pas acceptable ! Jamais je n’aurais imaginé que cela puisse arriver un jour. Pourtant, il nous avait bien prévenus et nous, bien sûr, on ne l’a pas cru le grand escogriffe, toujours à se vanter…

Situation inconfortable aux amis, pris entre leur tristesse et le respect de ce qu’il était et de ce qu’il expliquait de la mort : inutile et grotesque. Evidemment on pleure…Cet homme a accompagné des moments si importants dans nos vies : j’ai pratiquement appris à lire avec lui gamin, je criais « je l’ai pas lu, je l’ai pas vu mais j’en ai entendu causer ! », ce qui ne manquait pas d’étonner les amis de ma mère qui lisaient hara-Kiri ; ma mère, elle, rigolait doucement…

Cet homme a forgé ma conscience de citoyen : toujours apprendre, toujours se laisser aller à la curiosité, toujours respecter les autres, toujours combattre les cons, oui « bête et méchant » (mais pas con !). Toujours caresser l’utopie : dans son livre « Stop Crève », il expliquait pourquoi la vie serait plus belle si on ne mourait plus ! Cet homme a éveillé mes goûts littéraires, surtout en B.D. : bien sûr que sans lui, pas de Gébé, pas de Wolinski, pas de Reiser, de Cabu … et, j’imagine, pas de Boucq non plus ! Rendez-vous compte : j’ai parlé avec Reiser… j’ai même un album dédicacé et, dans 15 jours, à  Roubaix, à la librairie Autour des mots, je vais rencontrer Cabu (pas tout seul j’espère). Tout ça c’est Cavanna !

Je me forçais à continuer à acheter Charlie Hebdo parce que j’aimais ses chroniques (en ce moment, aussi pour les vignettes de Dubout). Cet homme là a créé des moments de plaisirs inoubliables (…et sa voix ! quand il parlait, on l’écoutait, bien obligés…). Ca paraît bête à dire mais ça a été un plaisir de pleurer avec lui quand il a perdu Maria. J’en ai des frissons en y pensant ; les mêmes frissons que quand j’ai vu apparaitre l’alerte Libération sur mon téléphone : « Cavanna est mort à 90 ans ». Cet homme m’a fasciné et… il m’a appris à ne pas être fasciné par les autres. Il fait partie des quelques hommes dont je me dis que j’aurais aimé vivre leur vie.

Une semaine pour écrire ça ? Oui, quand je dis que j’aurais aimé être Cavanna, c’est surtout parce que je rêve d’écrire comme lui… En attendant, je vais ressortir ses livres du deuxième rang de la bibliothèque, mais alors, pas question d’en prêter un ! A chaque fois j’oublie et, bien sûr, on ne me les rend jamais : donc pas de Cavanna qui sortira de chez moi. Vous n’avez qu’à les acheter après tout ! Pensez aux libraires : n’allez pas commander Cavanna sur Amazon, hein ?!

Je terminerai donc par plus gai que le titre : « je me suis aperçu que, si le travail bien fait est source de joies puissantes, la paresse savourée en gourmet ne l’est pas moins ».

…Cavanna, si je pouvais, je t’embrasserais!

Pourquoi j’aime le rose ! (et je tiens à ce que cela se sache)

 

Pas facile de démêler le vrai du faux, les déclarations sincères et les manips dans ce que vous entendez ces derniers jours… Voici quelques questions-réponses pour vous aider à vous faire votre idée :

« Garçon ou fille c’est la même chose » ? : c’est tout aussi vrai que « je ressemble à m’y méprendre avec Marine Le Pen ». Mmmm… j’espère ne pas dire une énormité, mais pour quelques centaines de millions d’années encore, il me semble qu’une fille se distingue assez clairement d’un garçon. Je dirais même plus : je sais encore distinguer mon fils de celui du voisin. C’est justement parce que chacun est différent par nature qu’il est important, si nous sommes encore des êtres humains qui prétendons ne serait-ce-qu’un peu vivre ensemble, de rappeler que garçons et filles sont égaux en droits.

« On va apprendre aux enfants la masturbation à l’école » ?: bein voyons… moi je réponds « la Manif pour tous est une partouze géante » et c’est pour cela qu’on préfèrerait en rire si cela n’en disait pas long sur les égarements de notre société… et beaucoup sur la noirceur des esprits vengeurs qui veulent manipuler les peurs des parents! Sans doute lisent-ils trop dans le noir « Cinquante nuance de gris » ceux qui pensent qu’ils vont faire croire aux mères musulmanes que « l’école injecte la bisexualité ». En tout cas je ne mangerai pas les bonbons que ces hommes distribuent à la sortie des écoles et qui, en cachette, portent la jupe « bleu marine »!

Non, voyez-vous, ce qui, dans cette situation, dérange l’homme politique que je suis, c’est qu’un Ministre de l’Education Nationale se trouve obligé de justifier, comme s’il y avait quelque chose de honteux dans tout cela, de mettre en application les valeurs écrites au fronton de nos écoles : liberté, égalité, fraternité.

Le 7 février, comme chaque jour depuis Jules Ferry, chez nous, en France, l’école est obligatoire et c’est encore le meilleur moyen que l’on a trouvé contre la dégénérescence mentale et il faut saluer les enseignants qui l’ont fermement rappelé.

Toute chose étant égale par ailleurs, tout le monde n’est pas pareil et la démocratie, déjà bien gangrenée par le « tous pourris », se porterait bien mieux si les élus républicains, à Roubaix comme ailleurs, assumaient clairement leurs couleurs politiques plutôt que de chercher désespérément à laver plus blanc que blanc.

Pour tout cela je tiens à ce que cela se sache : je suis un homme politique qui adore le rose, la rose au poing, et ce ne sont pas mes camarades et mes quatre enfants qui vous diront le contraire.

Allez hop, il y a des leçons à réviser pour que l’Egalité dépasse la réalité !

Tout ça pour ça ?

Il y a ceux qui parlent de la désespérance des familles roubaisiennes, du manque généralisé de respect à l’ordre public, du « tous pourris » qui gangrène la société. Ce sont globalement les mêmes qui se tiennent en embuscade pour espérer profiter de la situation. Certains sont prêts à renier leurs engagements à la première contrariété, d’autres croient agir et ne font en fait que s’agiter… Pour ma part, sûr de mes valeurs, je reste sur mes positions. Alors… tout ça pour ça ?

L’heure est suffisamment grave pour que nous ne nous racontions pas d’histoires : l’enjeu n’est pas de prendre le pouvoir par orgueil personnel, le problème c’est de pouvoir agir dans l’intérêt des Roubaisiennes et des Roubaisiens. La situation sociale de notre ville est suffisamment critique pour ne pas l’affaiblir davantage en nous privant de la force et de la solidarité du Département du Nord, et, qu’on l’admette ou non, pour que notre avenir, qui se joue à Lille dans les mains de la métropole, ne soit compromis.

Dans la spirale infernale de cette campagne municipale où le tout Roubaix montre qu’il est capable du pire, je le dis avec aplomb – et les Roubaisiens dans l’adversité vous le diront mille fois mieux que moi – : quoi qu’il en coûte, surtout quand tout paraît perdu d’avance, le courage ne se trouve certainement pas dans la fuite en avant. Le courage c’est de tenir bon ! Je ne tirerai donc pas à mon tour le diable par la queue. Je ne tenterai pas de vaincre la Mairie de Roubaix par “chaos”. Il en va de l’honneur de notre ville : nous, les Roubaisiens, nos combats nous les gagnons « à la loyale ».

Malgré les apparences ma décision n’a donc pour autant rien pour réjouir la section socialiste de Roubaix. Elle ne répare en aucune façon la perte de 56 de nos camarades sincèrement engagés. Je mesure aussi qu’elle renvoie les leaders de la section à leur mauvaise conscience et à leurs propres incohérences. En effet, pour prétendre présider à la destinée de Roubaix et emporter l’ensemble de la population vers des horizons meilleurs, encore faut-il être capable d’engager une majorité dans un même effort collectif porté par un véritable esprit de solidarité… Je suis le premier à le regretter et vous le savez autant que moi : depuis le départ de René Vandierendonck, nous, les Roubaisiens de gauche nous avons échoué à créer ces conditions. Personne ne les inventera en 2 mois.

Quel que soit le résultat au soir du 30 mars prochain, tout cela est donc au global de très mauvaise augure pour l’avenir de Roubaix. L’urgence est de limiter la casse. Je vous le dis sans fausse modestie, votre intérêt est bien supérieur à celui que vous voudriez m’attribuer. La réputation de Roubaix est tellement plus importante que celle dont on ne manquera pas de m’affubler ! Comme vous le comprenez donc, je ne renonce à rien et ma décision ne résout rien. Une seule chose est certaine : je suis plus utile et motivé que jamais, chez moi, au coeur de mon parti pour forger inlassablement les lettres de noblesses de Roubaix par résistance, dans le respect et  avec raison. Socialiste roubaisien de la première heure j’espère simplement par cette franche décision marquer de la façon la plus nette possible le refus de la tentation du pire.

Et si cette fois-ci, nous, les Roubaisiens, nous nous montrions dignes de l’héritage de Jean Lebas en étant par nos actes exemplaires de nos idéaux ? Si enfin nous consacrions nos énergies à donner le meilleur de Roubaix ?

Les Roubaisiens ont cent mille fois raison!

Fort de 35 ans au Parti Socialiste, 25 à Roubaix, je sais de quoi notre ville est capable et je peux vous assurer que Roubaix mérite beaucoup mieux que ce qu’elle vit actuellement.

Tout le monde le sait : le grand drame de Roubaix c’est le manque de respect à l’autorité publique. Pour gouverner, les élus qui sont censés la représenter doivent en être exemplaires. On ne peut pas accepter que le ressentiment puisse l’emporter sur le respect le plus élémentaire, surtout quand il s’agit de celui de la parole donnée. A se comporter ainsi on jette le plus complet discrédit sur notre aspiration à « bien vivre ensemble ». Et pourtant… Reconnaître que l’on peut avoir un avis différent, savoir composer avec la diversité, avoir le sens de l’intérêt général et supérieur de la collectivité : c’est le propre de la démocratie. Tout démocrate qui se respecte devrait le savoir : on ne triche avec la démocratie qu’à ses dépends…

Alors que tant de nos concitoyens ont la tentation de se laisser couler face à l’accumulation des difficultés, il ne fait pas preuve de beaucoup de courage celui qui ne sait pas tendre la main. Il a bien peur celui qui préfère couper celle qu’on lui tend… Il est clair que ce n’est pas en restant entre soi que l’on devient téméraire surtout quand on est déjà dans la gueule du loup… Se ressembler n’est pas rassembler. Nous, les socialistes, encore moins que les autres, nous n’avons pas le droit de céder à cette faiblesse. Où va-t-on si nous ne savons plus aller au devant de l’autre et faire confiance à celui qui est différent ? Evidemment, pour servir ses concitoyens, pour défendre la cause de son voisin, encore faut-il encore être en paix avec soi-même…

Mitterrand avait raison : le sentiment d’injustice ne suffit pas à vaincre l’injustice ! C’est bien fort de ce constat que j’ai embrassé le métier d’avocat. C’est aussi pour cela que j’aime la politique, la vraie, celle qui ne ment pas. Les Roubaisiens ont cent mille fois raison : on ne fait pas de politique au sentiment, on fait de la politique en agissant.

Quelle envie suscite-t-on? Quel espoir formulons-nous? Quelles perspectives construisons-nous ? Pour les jeunes ? Pour les parents isolés ? Les familles ? C’est sur ses questions que les Roubaisiens nous attendent de pied ferme. Ne les voyez-vous pas ? Ne les entendez-vous pas ? En tout cas, moi je les rencontre et ils sont de plus en plus nombreux à se manifester parce qu’ils veulent qu’on en finisse et qu’on rende enfin justice à Roubaix !

La raison s’impose : il faut impérativement replacer le respect et le courage à l’avant-garde ! C’est le seul moyen de retrouver la confiance, celle qui permettra de renforcer les solidarités et restaurer la réputation de Roubaix. Il faut de l’ambition pour Roubaix ! Non pas pour soi-même, mais parce que chaque Roubaisienne et chaque Roubaisien doit avoir droit à sa chance, sans aucune exception.

Alors, au travail ! Il est grand temps de donner le meilleur de Roubaix !