Gradur : What else?

Grand-mère y a mis le paquet : il pose avec une montre à faire pâlir un Président de la République, maquillé comme une voiture volée, photoshopé comme une star botoxée : l’homme des années 2015 tente tant bien que mal à réussir l’amalgame de l’autorité et du charme…

Le Ministre de la culture de Roubaix est servi, même si son égotrip souffre par manque de filles asservies et de grosses cylindrées. Sans doute que le biberon de Gradur contient-il moins de balles que la poche d’un rentier fiscalement exilé. La presse locale est choquée : l’homme au bob n’est après tout qu’un fonctionnaire en disponibilité qui a dans la bouche autant d’ordures qu’un trottoir de Roubaix.

Sérieux… pourquoi nous emplafonner au sujet de Gradur? Si on laissait tout simplement dégonfler ? Franchement où est la gravité ? L’homme ne prétend pas être un artiste, c’est à peine un phénomène qui reconnait volontiers n’être qu’un buzz. Tout est dit : ce mix, c’est tout juste un pied de nez aux travers de notre société où le plus kiffant c’est juste de tester! Après… comme pour toutes les caricatures, libre à chacun d’acheter !

Nous qui connaissons la fortune des Louis Vuitton et qui avons vendu la laine du Pingouin avant de l’avoir tué, ça pour sûr, pour vendre des codes et des clichés… « Chez nous on s’y connait ! ». Alors wack ou pas wack, qu’on se rassure, ce qui est certain dans cette histoire c’est que pour le meilleur, comme pour le pire, Gradur is the new black of Roubaix!

Faire basculer le centre de gravité du côté de la République

On a commencé par demander aux français musulmans de se démarquer des terroristes islamiques. On leur demande aujourd’hui de témoigner de situations d’apartheid. Ces démarches, ce sont par définition des questionnements de blancs implicitement convaincus qu’ils sont d’être du côté de la raison. Et si pour progresser on adoptait pour une fois le point de vue de l’autre ? Si on commençait par déconstruire les clichés pour mieux repérer les situations de discriminations ? Si on dépassait les apparences pour s’interroger sur l’exercice du droit, droit au respect, à l’éducation, au logement, à l’emploi, etc. ? Peut-être, alors, la politique réussirait à favoriser l’égalité, vraiment…

Ces demandes, ces attentes… Bien sûr, tout cela part d’un bon sentiment général et c’est bien là tout le problème : celui d’une France qui sous ses grands airs de Marianne n’en reste pas moins la  « fille aînée de l’église ». Nous vivons encore dans une société pétrie de bien-pensance  où certains ont cru s’acheter une bonne conscience politique en plaçant çà et là quelques « beurs et beurettes» pour se dédouaner. La vérité c’est que ce sont là de sales habitudes héritées des années 80 dans laquelle la France d’aujourd’hui ne se reconnait plus. Le Touche pas à mon pote ! qu’on opposait de façon simpliste au « F Haine » a bien vécu! Bref, dans une société où tout se mondialise, le commerce, la culture et, malheureusement, le terrorisme, il est grand temps de tordre le cou aux présupposés de l’action antiraciste « à la papa » pour être à la hauteur des enjeux de notre temps !

Parlons concrètement : que l’on demande à un Roubaisien de témoigner de la discrimination à l’embauche c’est une chose; qu’on pose la question à un Roubaisien en est une autre. Chercher le même témoignage avec un roubaisien au nom arabe en est une troisième très sensiblement différente : c’est déjà commencer à entretenir les clichés. En effet, d’une part la difficulté à décrocher un premier emploi n’épargne pas les français « bon teint » et, d’autre part, le racisme n’épargne ni les Roms, les juifs, les africains ou les asiatiques d’origine. Enfin et surtout, le problème c’est que les partisans de la « préférence française » trouvent là la preuve qu’il n’y en a « que pour les émigrés et les assistés» et la vieille gauche, sûre de ce qui est bon pour les autres, peut se rassurer, fière qu’elle est de ses jeunes, qui sont l’exemple même de la capacité des gens à s’intégrer

Sauf que… sauf qu’on voit bien aujourd’hui qu’en réalité cela ne fonctionne pas comme ça ! Tu n’a pas le bon nom ou la bonne couleur : on ne te donne pas le droit de choisir où tu habites, et donc, en chaine, tu ne choisis pas vraiment ta scolarité, encore moins tes loisirs et je ne parle surtout pas du droit au travail… Les discriminations sont de plus en plus cumulatives, les gens sont tellement déçus par les beaux discours, assoiffés de la liberté d’agir, vous pensez bien que la liberté d’expression est le cadet de leurs soucis…

Pour tout cela, Patrick KANNER, Ministre de la Ville et de la jeunesse, a cent fois raison de dire qu’il est aussi le Ministre de « ceux qui ne se sentent pas Charlie », parce que l’intégration ne peut pas se faire que par les efforts des français d’origine étrangère. Elle résulte tout autant de la capacité de l’Etat, des services publics et de la société civile à composer dans l’unité nationale avec les différences culturelles de chacun. En s’exprimant ainsi, le Ministre rouvre le champ des possibles pour tous les jeunes, filles et garçons, à part égale, quelles que soient leurs références culturelles, leur origine géographique.

En politique les mots ont un poids et une portée. Ils nous obligent à prendre position. Ils indiquent le sens de l’action. Pour tout cela Manuel VALLS, premier Ministre, a eu mille fois raison de parler d’apartheid. En tant que chef de gouvernement, il se met ainsi lui-même en danger. Il nous met nous, élus, face à nos responsabilités. Parce qu’il est grand temps aujourd’hui de faire basculer le centre de gravité des responsabilités depuis les ghettos de misère sociale vers le camp de la République.

Dans une République libre, égale, fraternelle, le Président ne demande rien d’autre à Najat Vallaud-Belkacem et Chrisitiane Taubira que d’être de grandes Ministres de l’Education et de la Justice. La République assure exactement les mêmes droits à chacun quelle que soit sa couleur, son origine, ses aspirations… et le Premier Ministre prend des risques pour faire avancer la société. Les Départements quant à eux se remettent en question. Celui du Nord, dont la raison sociale est la solidarité, y travaille avec les citoyens pour l’égalité et contre les discriminations, et moi, en tant que Conseiller départemental de Roubaix, je me situe clairement au premier rang des Nordistes à engager les grandes manœuvres pour mener à bien ce formidable projet de société !

Roubaisien et Français, je suis à la fois Charlie et Roubaix

En 1914 les terroristes assassinèrent Jaurès, en 2001 ils anéantissaient les Twins towers, en 2015 ils tuent les dessinateurs… Les terroristes ne s’en sont ni pris au Président Français ni à la Tour Eiffel : ils s’en sont pris à Charlie Hebdo. Comme quoi, le monde change beaucoup plus vite que nos idées ! De son côté Roubaix qui se prenait encore pour une « ville monde » se trouve un peu plus chamboulée….

Qu’on le veuille ou non, c’est un fait aujourd’hui : les opinions se font et se défont à la vitesse de 140 signes par seconde. A ce rythme, les jugements se font à l’emporte pièce, les esprits s’échauffent, les gens se blessent, on ne prend plus le temps de la réflexion. Dans ce contexte donc, quoi de plus simple que de s’en prendre à la ville à la plus forte population d’origine musulmane de France? Quoi de plus facile que caricaturer Roubaix quand il s’agirait de se poser les vraies questions ?

Je l’assume totalement, je faisais partie des quelques milliers de lecteurs réguliers de Charlie Hebdo, je n’en tire aujourd’hui aucun orgueil, aucune fierté. Pour être franc, je préfèrerais me sentir parfois moins seul à lire aussi le Monde… Il en va en effet de la liberté d’expression, comme de l’art : on est d’accord ou pas, on trouve ça beau ou pas, on peut se dire que ça ne sert à rien et pourtant… c’est comme l’amour : c’est essentiel, il faut que cela puisse exister si nous voulons tenir en vie! Entre adoration et détestation, entre passion et raison, c’est tout cela qui nous aide à gérer nos propres contradictions…

En la matière, je crois qu’à Roubaix nous sommes champions. On y mange des kebabs-frites, on y croise tout autant des hommes en Nike et djellaba que des émigrés fiscaux qui font leur beurre avec pour slogan « la vie, la vraie ! » et la ville réputée comme « la plus pauvre de France » s’est rachetée un peu de fierté en reprenant à son compte le légendaire I love New York… Peut-être le temps est-il maintenant venu de proclamer haut et fort : je suis Roubaix !?

Si je suis en colère quand on s’en prend à la réputation de la ville que j’aime, si je suis blessé quand on caricature Roubaix, si j’en fais une question d’amour propre, c’est bien que quelque part je suis Roubaix. J’en suis convaincu : je suis Roubaix parce que je place ma confiance dans mes concitoyens. Aujourd’hui, plus que jamais, je suis Roubaix parce que je crois qu’avec sa fougue et son sens du combat collectif, ma ville dessine aujourd’hui les contours de la société de demain. Je suis Roubaix parce que pris par mes propres contradictions je revendique à la fois la Liberté de conscience pour chacun et la Fraternité indispensable à la survie de l’humanité. Je suis Roubaix parce qu’à l’exemple de l’espace public qui devrait réunir les quartiers, je crois qu’il n’y a possibilité pour ceux qui souhaitent exprimer des convictions religieuses de le faire que si on accorde une place suffisante à la laïcité. Je suis à la fois Charlie et Roubaix, parce que les caricatures dont on nous affuble doivent nous faire réfléchir sur nos propres préjugés ; parce que pour lutter contre toutes les situations de discriminations, en tant qu’hommes, en tant que femmes, nous avons de très sérieux progrès à faire en matière d’Egalité.

Enfin et surtout, je suis Roubaix parce que je n’ai pas peur de propager ces nobles idées !

Je suis Charlie, nous sommes Français!

Il est bien important ce Charlie capable de réunir à l’improviste 4 millions de personnes en France et dans le monde… Il doit bien rire de voir le Président russe condamner les actes terroristes et défiler au nom de la liberté d’expression, entre autres chefs d’Etats, ceux de Turquie et de Hongrie… Mais au delà de l’élan de mobilisation de ce 11 janvier 2015 serons-nous collectivement à la hauteur de nos nobles intentions? Car ne nous y trompons pas, les défis en matière de société, de sécurité et de diplomatie internationale sont colossaux à relever.

Soyons efficaces pour une fois et utilisons la meilleure arme qui soit, le rire, pour désamorcer d’emblée ceux qui avec leurs gros sabots commencent déjà à nous expliquer que sans eux, la sécurité point de salut et que pour défendre la Liberté, il suffit de mettre 30 gendarmes derrière chaque terroriste potentiel. En clair : si nous voulons un tant soit peu améliorer le monde arrêtons une bonne fois pour toute de baisser les yeux devant la première des fausses blondes qui soit et regardons Marine Le Pen pour ce qu’elle est : une pauvre fille à papa grotesque sans aucune solution ! Cela ne nous dédouane de rien, bien au contraire… Car, évidemment, en matière d’extrémisme politique et religieux, nous ne sommes pas arrivés là du jour au lendemain. Cette situation, c’est tous ensemble que nous, simples gens, acteurs de la société civile, élus, acteurs des médias, nous l’avons plus ou moins consciemment produite.

Parce que nous sommes capables du meilleur comme du pire et qu’au plan régional voire national nous sommes particulièrement observés, nous portons une grande responsabilité à Roubaix. C’est vrai pour ce que nous avons produit localement en bien ou en mal. Cela le sera tout autant pour ce que nous serons capables ou non de construire à l’avenir. Si à l’évidence il ne suffira pas d’organiser des ducasses ou de jouer les gendarmettes pour y parvenir, gardons nous bien, nous socialistes et roubaisiens de gauche, de nous poser en donneurs de leçons. En nous illustrant régulièrement dans la presse par notre capacité à nous déchirer comme des chiffonniers, nous sommes bien mal placés pour donner à nos concitoyens de grandes leçons de Fraternité… Je vous le dis comme je le pense : si nous voulons être un tout petit peu utiles à quelque chose dans cette histoire, avant de nous prendre pour ce pourquoi les électeurs ne nous font plus depuis bien longtemps confiance, nous ferions bien, à notre tout petit niveau, de mener une sérieuse autocritique.

Déjà fleurissent me semble-t-il quelques questions qui devraient préoccuper sinon le commun des mortels, tout au moins la société civile, les élus toutes opinions politiques confondues et les médias locaux :

De quel tabou sommes nous collectivement frappés à systématiquement vouloir répondre par le procès en diffamation ou le déni dès lors que quelqu’un critique un tant soit peu Roubaix ?

Dès que nous sommes investis d’un mandat, n’aimons-nous donc plus assez nos prochains pour ne parler que de quartiers ou de territoires quand les gens ne souhaitent qu’une chose : que nous nous préoccupions d’eux?

Quelle prétention bien roubaisienne nous habite quand nous nous autoproclamons « ville monde » et qu’il suffit de deux paumés pour tenir tout un quartier?

Quelle paresse intellectuelle nous frappe quand nous déclamons « nous sommes riches de notre diversité » alors qu’il suffit d’ouvrir les yeux sur l’espace public pour voir que l’égalité femme-homme et la laïcité sont loin d’être une réalité ?

Avons-nous donc tellement renoncé à la politique pour nous gargariser à grands coups de vivre ensemble quand nous ne devrions rien céder sur toutes les petites compromissions qui minent la liberté et la fraternité ?

La liste est ouverte et j’invite l’ensemble de mes concitoyens enthousiastes et mes camarades de gauche à la faire sienne. J’invite chacun à la vigilance et à balayer devant sa porte avant de se poser en donneur de leçon. Une seule chose est sûre, il nous faut réapprendre à nous faire confiance au delà des divergences de points de vue pour aller au seul combat qui vaille : celui pour la Liberté, l’Egalité et la Fraternité. Commençons par le commencement, réapprenons à parler et à conjuguer : je suis Charlie, tu es différent, il et elle sont égaux, nous sommes français !

On ne gagne pas à récupérer !

Il y a d’abord les indécrottables pour lesquels on ne peut malheureusement rien, ceux qui pensent que se garer n’importe où avec une grosse bagnole est un attribut du pouvoir. Ceux qui pensent que le social c’est pour les femmes, vous savez… ces êtres maternants qui servent à faire des enfants et que l’on vire à la première occasion au prétexte d’être trop sensibles et compatissants dès lors qu’il s’agit de faire preuve d’un peu d’humanité…

Il y a ensuite ceux que l’on croyait ancrés dans les réalités économiques et qui nous surprennent à prendre fait et cause pour le NAME en voulant le récupérer à Roubaix. Ceux-là réalisent-ils que ce n’est pas un cadeau tombé du ciel ? Je sais de quoi je parle, j’en suis politiquement parlant le père! Savent-ils que mon bébé ne vit que parce que la gauche au Conseil Général le soutient depuis le début et que l’UMP Nordiste (l’Union pour le Nord pour les biens pensants) depuis plus de dix ans, chaque année, demande sa peau sans jamais y avoir tendu l’oreille ?

Et puis il y a ceux qui veulent tout sans rien vouloir perdre et qui se pensent rusés à nous faire croire qu’ils sont de gauche (parce qu’être de gauche ça fait toujours bien quand on exerce des responsabilités dans l’enseignement, la culture et la communication), ceux-là affichent fièrement leur carte mauve de l’UDI ou sont collaborateurs directs de membres de l’UMP après avoir revendiqué une place auprès des élus socialistes… On voudrait nous faire croire à un système UMPS que ceux là verraient à peine où se situe le problème !

Il y a encore ceux qui récupèrent l’Europe XXL de Lille3000 pour mieux camoufler l’absence d’idées. Si seulement il suffisait de rebaptiser la revue municipale « RoubaixXL » (en la réduisant de moitié), pour faire une ligne éditoriale ça se saurait ! Alors vous pensez bien… nous convaincre du bien fondé, nous prouver l’intérêt, nous expliquer le projet de la municipalité…

Et puis, il y a les plus stupéfiants, ceux là n’ont absolument aucun scrupule à passer du PS à l’UMP, ils s’autoproclament représentants de la société civile quand ils sont élus ou employés par la collectivité ! Je dois avouer qu’en 35 ans de vie politique, j’ai rarement vu le clientélisme aussi bien institué ! Voilà la triste réalité aujourd’hui à Roubaix, deuxième ville du Nord et de la Région Nord Pas-de-Calais, ils sont élus de la majorité, ils cherchent d’une façon ou d’une autre à rattraper un mandat bien mal engagé. Certains d’entre eux ne cherchent égoïstement qu’à profiter.

…Pendant ce temps là, les bruns et bleus marines abandonnent les villes où ils se sont fait élire. Comme disait la mère de Cavanna : « bon vent, la paille au cul et l’feu d’dans !».

Alors oui, quand on est sincèrement de gauche on ne peut qu’être attristé devant tant de talents gâchés, en rage avec tous les Roubaisiens oubliés et alarmés face à une telle réalité. Je ne vous resservirai ni les plats froids, ni les idées périmées mais quand on est vraiment de gauche on ne cherche pas à profiter : on se consacre à créer, on se dépense à inventer, on travaille à innover et surtout on tente collectivement de mieux redistribuer ! Alors oui toujours et encore, face à des élus municipaux qui courent sans tête, alors que se profilent pour les prochains mois les élections départementales et régionales, je vous le dis : « Nous, socialistes, gens de gauche réunis, Roubaisiennes, Roubaisiens, Nordistes, ensemble nous avons tout à gagner pour reconstruire les choses autrement, mieux partager, vraiment ! ».

quand le Département va…

Ce lundi 20 octobre je suis intervenu en assemblée plénière du Conseil général pour l’approbation du Plan d’actions du contrat d’aménagement et de développement durables de l’arrondissement de Lille préparé par Martine Filleul…
Ceux qui me connaissent savent toutes les précautions que je peux prendre dès lors qu’il s’agit de parler d’aménagement du territoire tant le risque est grand de manier de grands concepts qui ne rassurent au final que les spécialistes. Le danger c’est de laisser les citoyens livrés à leur propre conviction que les élus ne peuvent de toute façon rien pour changer le cours des choses comme si l’avenir n’était qu’une succession d’incohérences, d’imprévus et d’accidents, pour ne pas dire une fatalité !
Il fut un temps où la population tenait pour planche de salut le fait que « quand le bâtiment va tout va » et les collectivités, emboitant le pas aux services de l’Etat, aménageaient le territoire en « disposant des équipements structurants » en maillant le territoire à part égale, à grands tracés d’infrastructures et de plans tirés sur la comète. Nous avons bien évolué, mais je ne suis pas certain que nous en soyons tous totalement revenus. Mêmes nos tentatives de replâtrage à grands coups de « vivre ensemble » de ce que l’on appelait autrefois les « grands ensembles » commencent à ne plus faire illusion… Cela ne parvient pas à cacher des fractures sociales toujours plus béantes. Peut-être ne savons-nous pas dire les choses suffisamment simplement ?
Pire, il nous faut maintenant lutter contre la tentation d’une part de plus en plus importante de la population qui, face aux incertitudes de notre monde, ne voit plus de solution que dans le rétrograde, le repli sur soi, vous voyez… quand c’était beaucoup mieux avant, quand ça fleurait bon le terroir, quand tout le monde marchait à pas cadencé bien en rang…
Mais voilà, heureusement, le monde d’aujourd’hui ne fonctionne plus comme ça : il y a belle lurette qu’on ne distingue plus les Nordistes des villes et les Nordistes des champs! Nous vivons dans un monde toujours plus complexe, dans une société de plus en plus réactive. Nous réalisons que l’existence même de l’institution départementale n’est plus aussi sûrement acquise, alors vous pensez bien… arrêter des plans à l’avance pour le bien des administrés et promettre leur réalisation comme si elles devaient se dérouler de façon mécanique… Peut-être devons nous apprendre à parler plus franchement ? C’est ça le grand mérite du travail que Martine Filleul nous propose aujourd’hui : il sait composer entre grandes ambitions et petites attentions. Il ne cède jamais aux certitudes. Surtout, il se garde bien de toute prétention.
Valider aujourd’hui le Plan d’actions du Contrat d’Aménagement et de Développement Durable de l’arrondissement de Lille c’est donc tout sauf une formalité administrative ou une décision définitive. C’est juste la preuve vivante que l’on peut travailler de la même manière, dans le Cambrésis et en métropole lilloise, dans le même dialogue entre collectivités, services de l’Etat, organismes consulaires et la société civile en général.
Alors oui, certains feront remarquer qu’il y a quand même dans ce plan des projets d’investissement lourds qui ne « nous » concernent pas. Je pense au soutien au déploiement du réseau Très Haut Débit ou au doublement de la capacité du métro de la métropole… Mais le Département n’est pas un dinosaure incapable de s’adapter à son temps, c’est un organisme vivant, constitué de Nordistes conscient d’évoluer dans un écosystème en pleine évolution fait de lobbys, d’organismes consulaires, de collectivités parsemées de compétences et de découpages administratifs… Il agit, il s’adapte en avançant, il pense résolument à l’avenir de ses habitants.
Il ne vous aura pas échappé que, dans le contexte de la réforme territoriale, la portée de ce plan consacré à l’arrondissement de Lille est donc tout à fait symbolique. Qu’il se nomme Nord, Nord Pas-de-Calais Picardie, Eurométropole, Aire métropolitaine de Lille ou que sais-je encore, l’ensemble des espaces de vie quotidiens que partagent les Nordistes, pour être édifiés en collectivité ont besoin d’une clé de voûte fiable. Qu’on le veuille ou pas, c’est un fait, c’est la métropole lilloise.
J’inverserai même le propos en prétendant à l’inverse qu’il n’y a d’ailleurs aucune raison que les Nordistes de la métropole fassent l’objet de moins d’attention de la part du Département. Je ne veux citer en exemple de cela qu’une seule des 1039 actions et des 126 projets départementaux proposés et rigoureusement agencés dans ce projet. C’est sans doute celui qui peut paraître le plus anecdotique. Il est pourtant essentiel. C’est le soutien technique du Département pour qu’un médiateur puisse lire des albums sur l’aire d’accueil des gens du voyage à Mons en Baroeul. Voilà… je ne vous fais pas de théorie sur l’effet papillon dans le développement durable… Je constate l’utilité de tous les projets retenus, quelle que soit sa situation, quelle que soit sa dimension.
Alors évidemment ceux qui pensent encore qu’aménager le territoire se résume à additionner les kilomètres de routes départementales en resteront pour leur frais…
Je vous le dis, au final, l’important aujourd’hui, c’est de signer un contrat moral entre tous les Nordistes, quelles que soient leurs origines ou leurs aspirations. Quelles que soient les postures de principes et les grandes déclarations. Notre projet n’a pas d’autre prétention que de faire attention à son prochain, composer avec son voisin, s’accorder à regarder le même horizon demain, dans 1 an, dans 3, 6 ans (et c’est déjà bien loin !).
Fort de cette conviction, vous me permettrez de m’approprier un slogan porté autrefois à Lille métropole par Pierre Mauroy : je dirais que plus encore qu’un document qui nous « rassemble », c’est surtout (et c’est bien là l’essentiel) un document qui nous « ressemble » ! … dans toute notre diversité, nos sensibilités… et nos contradictions…
Au delà de nos appartenances politiques, en nous reconnaissant tous dans ce projet en tant que modestes représentants nordistes puissions-nous donc rendre confiance à nos concitoyens afin qu’ils puissent penser, sinon dire, « quand le Département va, tout va ! ».

Seconde partie : bien dire les choses pour mieux les changer!

« Mal nommer les choses, c’est ajouter à la misère du monde » disait Albert Camus. Nous, socialistes, n’en sommes visiblement pas suffisamment conscients. Nous devons commencer par parler autrement aux Nordistes et aux Français.

Dans nos pratiques militantes tout d’abord: que peut évoquer, même pour un militant moyennement intéressé, les termes de « section », de « comité de section », « d’assemblée d’arrondissement »? Leur existence exactement calquée sur des limites municipales dont nous affirmons par ailleurs qu’elles sont dépassées pour agir au plus juste est une manifestation de notre repli sur des pratiques totalement dépassées.

La dimension municipale des réunions de militants socialistes est en outre un facteur d’une paralysie dans nos comportements : des « baronnies » se sont créées, et les élus, souvent le Maire, bien sûr, ont plus à cœur de « contrôler leur section » que d’y faire vivre le débat. Arrêtons-nous un instant sur les ravages que peuvent faire dans les esprits les pratiques rituelles d’achat de cartes… Il faut aussi se poser la question des dégâts provoqués par notre habitude (manie?) de poser comme principe décisionnel « qui ne dit mot consent ». Nous devons intégrer dans nos règlements intérieurs le vote effectif sur les mesures proposées.

En politique il n’y a pas de parole sans action! Et c’est bien la clé du problème. Le renouveau n’est pas une question de personnes. C’est peut-être une particularité de ma section roubaisienne, mais depuis que le mot d’ordre permanent est « la parole aux militants », il n’y a plus de production d’idées à Roubaix.

S’il est évidemment essentiel que les militants puissent s’exprimer, l’important c’est que ceux qu’ils ont désignés comme responsables travaillent cette parole pour dépasser le brouhaha, les boniments, poser les bonnes questions, repérer les propositions et mettre en forme cette expression. Il faut faire preuve d’un peu d’intelligence collective pour entendre ce qui est dit, construire le discours, le traduire en actes. Il en va dans le Nord comme à Roubaix : pour mettre fin aux petits potentats, il faut non seulement dépasser les limites communales pour organiser le PS, mais il faut encore quela Fédérationdevienne … une Fédération qui ne craigne pas de dire les choses pour avancer des initiatives, donner des directives, intervenir dans les sections, bref donner une cohérence et du sens à l’ensemble du travail des militants Nordistes.

En politique, il n’y a pas d’action sans parole non plus ! C’est une question centrale de notre époque: la communication. Le langage des socialistes ne parle plus. Il ne se comprend plus. Ne nous étonnons donc pas qu’il ne soit pas écouté ! Nous parlons aux citoyens comme un formulaire administratif. Nous devons changer de discours. A titre de mauvais exemple, pour obtenir un « chien d’aveugle », il faut solliciter « une aide animalière ». A titre de bon exemple, les « états généraux », tout le monde sait ce que ça veut dire … mais c’est justement une terrible responsabilité que nous avons d’en faire sortir quelque chose qui démontre que ce n’est pas seulement un nuage de poussière.

Evidemment, la communication doit mieux intégrer la question des réseaux sociaux, encore mal appréhendée par beaucoup. Il n’est pas question de s’en féliciter ou de le regretter, mais c’est une dimension actuelle qui s’impose à l’ensemble de la société. Les tracts toutes boîtes ne rassurent guère que les militants, c’est une pratique connue, mais pour quelle efficacité? (les études disent 1 pour mille). Nous devons nous former à l’utilisation de ce mode d’expression qui n’en est qu’à ses débuts.

Les débats de Congrès ne doivent pas être une guerre contre un ennemi qu’on veut pulvériser, avant, pendant et après: c’est un moment ouvert qui permet de fixer, étape par étape, notre objectif. Le temps du Congrès terminé, chacun dans le Parti doit en accepter les conclusions, même si elles ne sont pas celles qu’il attendait, ce qui est loin d’être le cas actuellement. Regardons la réalité en face : combien de départs dus à l’après-congrès ? Je ne reparle pas des cartes sollicitées pour l’occasion. Nous devons impérativement cesser les comportements guerriers ! Pour gagner le respect de nos concitoyens, nous devons commencer par apprendre, entre camarades, à nous respecter.

Des mesures d’avenir, oui, mais en les construisant autrement ! Tout le monde a compris que le changement, ce ne serait pas pour maintenant, mais ça ne veut pas dire que c’est pour jamais. Pourquoi donc un tel déficit d’action et d’anticipation politique ? Notre culture de l’unilatéral se traduit par un volontarisme politique asséné qui, au fond, ne règle pas grand-chose. Le problème dépasse ce seul cadre. La société française débat mal avec elle-même. La conscientisation et la compréhension des sujets urgents existent, mais elles ne se transcrivent pas en capacité d’action. Nous devons impérativement développer la transition maîtrisée : expliquer le bien fondé, en réalisant les choses par étapes successives. Faisons des choix, inscrivons des cheminements, gérons un agenda collectif à court et moyen terme, un an, cinq ans ou dix ans… Construisons collectivement. Risqué ? Sans doute… Dans un discours historique Teddy Roosevelt déclarait :

« Le vrai crédit va à celui qui se trouve dans l’arène, le visage sali de poussière, de sueur et de sang, luttant courageusement. Celui qui commet des erreurs, se trompe plusieurs fois mais qui, à force d’obstination, finit par réussir, car il n’existe pas d’effort sans erreur ».

Trouvons donc le courage de nous regarder droit dans les yeux et faisons l’effort de décrasser nos idées. N’ayons pas peur de faire de nos idéaux des réalités. A l’austérité, imposons la diversité, elle est à la source la liberté de l’égalité et de la fraternité !

Première partie : Ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est!

La Fédération du Nord du Parti socialiste a lancé cet automne ses Etats généraux, manifestant par là une volonté de donner un nouveau rythme à un élan militant qui, il faut le reconnaître, s’est cassé les dents sur les élections municipales et européennes. Je veux vous faire connaître ma réflexion.

Les Socialistes ne peuvent pas rester sans réagir aux lourdes défaites enregistrées aux élections municipales et européennes, ni au rejet de la politique en général et de la politique menée par le gouvernement ! Nous constatons bien que même le récent changement de gouvernement n’a pas de prise sur ce que l’on peut qualifier au mieux de désintérêt, au pire de véritable détestation. Pour que l’expression et l’action du Parti Socialiste soient en phase avec les attentes des Nordistes et des Français, il faut tout d’abord accepter d’ouvrir le débat. Malgré notre faiblesse actuelle, nous gardons une force: nous restons le Parti qui crée encore une attente de la part de nos concitoyens.

Si beaucoup de militants quittent le Parti, c’est plus en ne renouvelant pas leur adhésion qu’en le quittant avec fracas. Le PS reste une force politique capable de dessiner un avenir, de proposer une perspective autre que la seule gestion des affaires publiques ; ce qu’il sait bien faire par ailleurs. La faiblesse du PS est l’exact reflet inversé de sa force: quoiqu’il puisse être une force de proposition, il n’exerce plus ce rôle depuis longtemps, ses responsables, ses élus, ses décideurs se retranchant trop souvent derrière la complexité du monde actuel pour s’interdire d’être innovants.

Je vois d’ailleurs dans les préoccupations des états généraux de la Fédération du Nord du Parti Socialiste un indice de cette frilosité: « construire des digues ». C’est justement là que nous ne devons pas aller: ceux qui nous écoutent encore ne veulent pas de digues. Les digues se contournent, voire se brisent sous la pression. C’est une « ligne Maginot » dont on connait trop bien l’inefficacité. La valeur dont les socialistes peuvent être le plus fiers, c’est bel et bien l’article 1er de la déclaration de principes:

« Etre socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est, c’est vouloir changer la société. L’idée socialiste relève à la fois d’une révolte contre les injustices et du combat pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine ». Aujourd’hui, qui le sait ?

Le PS doit se renouveler, mais il ne doit pas abandonner ses fondamentaux. Il doit être fier et conscient de l’héritage qu’il apporte aux français. Il doit s’affirmer comme LA force politique capable de faire avancer la société.

Dans une crise mondiale, il est tentant de se recroqueviller sur des acquis sociaux. C’est normal, mais ce n’est pas porteur d’espoir. Pourtant, nous nous inscrivons dans un mouvement progressiste mondial. C’est le PS qui a porté, qui a mis en œuvre toutes les dernières avancées sociales dans notre pays et je ne cite ici que les plus récentes: la création dela Banque publique d’investissement, l’augmentation du RSA, l’augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire, la sortie de l’impôt sur le revenu de 4 millions de ménages,  la création de 100 000 places de crèches, la taxation des très hauts revenus, l’abrogation du décret qui facilite l’accès à la profession d’avocat aux parlementaires et anciens ministres, la création de 60 000 postes dans l’éducation nationale, les création de postes dans la police nationale, la justice et la gendarmerie, l’élévation à 25% du taux de construction obligatoire de logements sociaux dans les communes, le financement de la sécurisation des parcours professionnels axé sur les publics les plus fragiles, les moins formés et les chômeurs et j’en passe…. Les 35 heures restent également une avancée sociale dont nous pouvons être fiers ! Le bilan est donc bon, affirmons-le, rappelons-le. C’est donc autre chose qui cause ce désintérêt pour un parti qui porte le progrès social….

Et si on arrêtait de véhiculer bêtement les clichés…

Il y a dans les médias et la politique des mots valises comme le « vivre ensemble » qui finissent par ne plus rien dire tellement chacun les charge de n’importe quoi. Et puis il y a ceux qui, à l’évidence, sonnent juste parce que vraiment ancrés dans la réalité. Parmi ceux là j’affectionne tout particulièrement « les transports collectifs », cette idée qu’au-delà du déplacement pratique, écologique et pas cher d’un groupe, voyager se transforme en expérience collective où l’on partage aussi, en bien ou en mal, les sentiments que véhicule notre société.

Les communicants l’ont bien compris et je dois dire que la nouvelle campagne de communication de Transpole est belle de promesses. En choisissant le slogan « vous allez aimer être libre » on nous annonce le bonheur de vivre à plein une métropole, je cite : « irrésistible, active, moderne, effervescente, surprenante !» sauf que… à bien regarder les portraits que l’on nous impose, parce qu’il ne suffit pas d’afficher une belle fille venue d’Afrique noire pour se dédouaner d’un vrai engagement pour la diversité, nous sommes bien vite coupés dans notre élan vers la modernité.

Faisons attention… qu’est-ce qu’on nous montre vraiment? Un papa sympa qui rentre du boulot, une jolie mamie qui prend sa petite fille modèle sous son aile, un jeune rappeur très propre sur lui et une femme que le fait de dépenser sans compter semble mettre en transe… ?! Certes on veut nous vendre du bonheur mais il y a comme un truc qui fleure bon la fatuité, comme un petit goût de périmé dans ces fausses belles idées…

A ne voir les petites filles qu’en sucre, les ados en bêtas, les hommes en benêts, les femmes en écervelées et réduire les séniors à leur odeur de sainteté, ceux qui doivent affronter l’adversité du quotidien pour trouver un emploi, remplir leur frigo, se faire soigner, tenter d’avoir des enfants qui réussissent… risquent d’être nombreux à ne pas s’y retrouver et à rester longtemps sur le quai avant d’espérer raccrocher les wagons avec la société !

Dans une France qui cède petit à petit à la tentation du rétrograde ne nous étonnons alors pas que les journalistes comparent les travaux d’une gare à « une vieille dame qui se fait relifter » et que des maires machos n’aient toujours pas compris « qu’il n’y a pas que l’auto dans la vie ». A ce train là les fascistes en gilets jaunes autoproclamés « agents de sécurité » n’attendront pas le printemps pour renouveler leurs descentes et nous réveiller…

Oui, chaque fois que je prends le métro je rencontre des gens qui parlent fort, jettent des papiers et sentent mauvais. Mais plutôt que de me laisser conter des histoires à la sauce « petit Nicolas », permettez-moi de vous dire que je vois aussi de nombreux gestes simples, discrets et attentionnés de Nordistes qui renouvellent modestement une promesse de plus de 200 ans : celle d’agir en faveur de l’Egalité. Et si au final, bien loin des communicants qui en font toujours des tonnes, en dégageant le passage, en laissant sa place, en ayant un mot aimable ou en partageant un encas, les transports en commun, au-delà de nous déplacer d’un point A à un point B réussissaient l’exploit de faire avancer ne serait-ce qu’un tout petit peu les mentalités ?

Un Titanic de sottise?!

 

Aveuglement par le soleil? Abrutissement par la canicule de ce week-end? Molle autosatisfaction de l’auto-déclarée ville-monde de Roubaix? Quoi qu’il en soit, à lire les réactions des uns et des autres suite au déploiement d’une banderole associant la politique d’Israël à celle d’Hitler sur la Grand place de Roubaix, il y a de quoi avoir froid dans le dos…

Disons le une bonne fois pour toute : les Israéliens ne sont pas tous des sionistes et les Palestiniens des fondamentalistes, et dans les actes d’agression et de répression totalement asymétriques et disproportionnés qu’ils se livrent, avec la distance, il devrait quand même nous être un peu plus facile de dire que les deux gouvernements qui les dirigent font fausse route. Aller vers la paix, c’est agir avec raison et défendre coûte que coûte l’idée qu’un jour soit possible un pardon.

A des milliers de kilomètres, sur la planète Roubaix on se demande bien ce jour qui est capable de demander pardon…

Pardon à Jaurès pour ceux des partis de gauche qui cherchent à se dédouaner en se confondant en excuses sur l’air du « on ne savait pas ». Voilà ce qui arrive quand on est plus pressé de battre le pavé sur des prétextes les plus confus que de réfléchir à deux fois pour agir avec droiture. Il y a tout juste cent ans, le 31 juillet, le premier des socialistes était assassiné pour avoir soutenu la seule cause qui vaille : la Paix. Avons-nous oublié ce qui dès le 2 août advint ?

Pardon à Jean Lebas, faut-il sans cesse le rappeler, notre Maire mort en déportation, pour que le Premier des Roubaisiens ne laisse pas son adjointe à la sécurité se débattre seule comme un agent de police au milieu de la circulation. Monsieur le Maire, il y a des principes républicains que vous avez le devoir de mettre en actes : je vous demande de déposer immédiatement plainte contre ceux qui ont déployé une banderole aux motifs de croix gammées !

Pardon peut-être aussi aux fondateurs de la Voix du Nord quand on voit la presse d’aujourd’hui obligée de publier ces insignes, comme si l’écrit ne suffisait pas pour dénoncer, comme si les images simplistes montrant des agités avec des croix gammées devant l’église Saint Martin n’allaient pas se propager comme la poudre sur les réseaux sociaux, alors même que le Front National exclut scrupuleusement le premier qui touchera à ces symboles… Le vertige est quand même saisissant quand on voit la légende de la photo qui nous indique, l’air de rien : « la manifestation de soutien s’est déroulée dans le calme à Roubaix » ?!

Bon Dieu ! Le vingtième siècle ne nous a-t-il donc rien appris ? Avant de contribuer à déclencher des tempêtes à l’autre bout de la planète, quand, nous autres papillons Roubaisiens, cesserons-nous enfin de brasser du vent ?

Contre ce qui se passe à Gaza il faut sans aucun doute manifester notre indignation, encore faut-il le faire avec raison ! Puissent les erreurs d’appréciation de Jaurès nous rafraîchir les idées quand à la veille du conflit il déclarait encore : « Ils auront beau prolonger les éclats de leur musique nationaliste…/… ce Titanic de sottise et d’arbitraire descendra lentement mais sûrement sous les flonflons de l’orchestre réactionnaire, dans une mer glacée. »…